Fédération malienne de Karaté : Maître Abdoul Wahab Traoré mise en cause

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Rien ne va désormais à la Fédération malienne de Karaté et disciplines associées (FEMAKADA), victime, aujourd’hui, d’une gestion clanique et familiale. C’est le père Abdoul Wahab qui donne des directives à son fils chouchou Ahmed Traoré dit Ba sans l’avis des autres membres de la Fédération. Conséquence : la FEMAKADA est aux abois, les cadres démobilisés et les résultats se font toujours attendre. Cela est d’autant plus vrai que les meilleurs cadres sont écartés du groupe. Le fils Ba fait des sélections strictement au sein de son club et parmi ses connaissances. Et c’est la bouteille à l’ancre.

Lors des tournois où l’équipe nationale a participé sous leur houlette, l’échec est cuisant. Le ministère des sports est interpellé
Les compétitions internationales auxquelles notre pays a participé, ne sont, guerre, reluisantes. D’échec en échec, le Mali, est devenu ridicule sur l’arène internationale. Autrefois, les sélections étaient opérées sur la base du mérite et de la compétence de l’athlète. Mais actuellement, c’est la gestion familiale qui prévaut et prédomine au sein de la fédération malienne de Karaté. A telle enseigne que le couple de Papa et fils ne s’en tient qu’à leur foyer ou club pour sélectionner les cadres de l’équipe au plan national chargé de représenter le Mali dans les tournois majeurs. Souvent, le couple fait appel à quelques éléments de l’Extérieur et principalement de la France et qui n’ont pas le niveau requis pour représenter dignement notre pays. Résultat : ceux – ci sont laissés pour compte une fois la compétition finie et généralement ne sont plus appelés en équipe nationale. Le constat est général, les meilleurs joueurs de Karaté sont connus de tous. Mais personne ne veut s’immiscer dans cette gestion chaotique pour éviter les foudres de la famille Traoré. Peut-on continuer dans cette lancée au risque de voir le karaté malien s’effondrer ? Non ! Soyons sérieux dans notre pays. Wahab et Ba ne sont pas au – dessus des lois maliennes. La Fédération de Karaté ne doit pas s’assimiler à leur centre. Si le club de Ba dispose de bon joueur, personne ne s’opposera à leur sélection. Mais tel n’est pas le cas aujourd’hui.


Selon nos enquêtes, les meilleurs ne sont pas recrutés dans l’équipe nationale de Karaté. Pour preuve, Fousseini Sacko fut médaillé aux Jeux d’Alger mais tout de suite écarté par Ba pour des raisons inconnues. Des Maliens comme Bourama Togola (plusieurs fois champion du Mali), Tiécoro Diakité (champion en 2006 et des titres de gloire), Moussa Kaba Diakité, Aly Coulibaly, tous des champions Shorinjiryu sont injustement écartés de l’équipe sans raison valable. D’autres comme Nouhoum Coulibaly, Mama Konaté, Lassine Sissoko, sont exclus. Faut-il conclure que Wahab fait la promotion du centre que dirige son fils ? En sport, c’est le sentiment national et le patriotisme, cumulés à la compétence et au savoir faire du joueur qui priment. Doit-on laisser le karaté malien entre les mains de deux personnes seulement qui en font ceux qu’ils veulent ?


Aujourd’hui, Ba, le fils du président de la FEMAKADA est à la fois directeur technique adjoint, sélectionneur, coach, sous l’œil coupable du ministère. Ensemble, père et fils gèrent selon leur bon vouloir. A en croire des joueurs que nous avons rencontrés, les primes prennent d’autres destinations et l’argent des médailles invisible.


Aux récents jeux africains, des cadres qui leur sont proches ont été sélectionnés. A titre d’exemple, Cheik Oumar Keita fut enrôlé bien que blessé ayant été sévèrement blessé à la mâchoire au tournoi Open Bob. Le résultat était connu à l’avance : il fut battu à la correctionnelle de même que Cheick Oumar Oumar Sidibé qui, malgré son absence, fut appelé en équipe nationale, tous deux des anciens élèves du Club. Faut-il continuer à sélectionner des joueurs qui ne sont pas à la hauteur ? Le récent tournoi de la Zone II au Mali n’est-il pas l’exemple concret ? Ceux qui ont représenté le Mali à ce tournoi ont moins de talent et de qualité que ceux qui ont été mis à la touche. Pour s’en convaincre du bien – fondé de nos enquêtes, le ministère peut mener sa propre investigation. Au mieux, il peut organiser une compétition nationale regroupant ceux pratiquant la discipline au Mali sans oublier les régionaux surtout les Kayésiens. Ce jour -là, le pot – aux roses sera découvert.


Il urge pour le ministère des sports d’avoir un droit de regard sur la FEMAKADA afin que la gestion puisse être transparente et que les meilleurs karatekas maliens puissent être sélectionnés. Il faut surtout éviter qu’un club appartenant au président ou à son fils soit le tremplin pour l’équipe nationale. Car Bob et Ba sont en train de faire la promotion de leur centre au détriment de l’intérêt national. Cela est inadmissible. Nous y reviendrons.
Oumar Ouattara

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