Football – Ligue des champions : Paris naufragĂ©

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C’est assurĂ©ment l’une des soirĂ©es les plus pĂ©nibles que le PSG a vĂ©cues dans son histoire. Plus qu’une dĂ©sillusion, c’est un sĂ©isme qui a frappĂ© le club de la capitale ce mercredi. Certes, l’enfer lui Ă©tait promis au Camp Nou face Ă  un Barça qui avait fini par se persuader que l’impossible remontĂ©e Ă©tait Ă  sa portĂ©e. Mais, jusqu’Ă  la 87e minute de ce huitiĂšme de finale retour insaisissable dans son scĂ©nario, Paris tenait sa qualification. Avant de tout perdre en une poignĂ©e de secondes. Trois buts, dont le dernier de Sergi Roberto Ă  la 96e, ont transformĂ© le rĂȘve en cauchemar. La consĂ©quence d’une rencontre que Paris a abordĂ©e Ă  l’envers, payant au prix maximum chacune de ses insuffisances, prĂ©sentes Ă  tous les niveaux : technique, tactique, psychologique.

Plus qu’un coup d’arrĂȘt, cette dĂ©bĂącle illustre la fragilitĂ© mentale et le complexe d’infĂ©rioritĂ© que nourrit un club en devenir comme Paris face Ă  une institution comme le Barça. Quelle que soit l’issue de la saison parisienne sur le plan national, cette dĂ©faite laissera des traces. Peut-ĂȘtre mĂȘme au-delĂ . Elle pose question sur la capacitĂ© de certains joueurs Ă  gĂ©rer la pression, et sur leurs aptitudes Ă  franchir un cap psychologique dont les grandes Ă©quipes doivent s’affranchir pour mener Ă  bien une campagne de Ligue des champions. Ce soir, c’est avant tout dans la tĂȘte que les Parisiens ont failli.

Alors oui, la performance du match aller n’est pas Ă  jeter et aurait pu constituer une base de travail plus que consistante pour la suite. Mais, avec ce retour de bĂąton spectaculaire, sa valeur a chutĂ© en flĂšche. Mettre en relief l’Ă©chec parisien n’a de sens que si l’on met en avant la performance rĂ©ussie par le Barça. Le club catalan a rĂ©ussi ce qu’aucun club n’a jamais rĂ©ussi en plusieurs dĂ©cennies de Coupe d’Europe, remonter un 0-4. Le tout, au terme d’une rencontre oĂč tout ou presque a tournĂ© en sa faveur. Parce qu’il s’en est donnĂ© les moyens. Parce qu’il n’a (presque) jamais cessĂ© d’y croire. Parce qu’il possĂšde dans ses rangs les meilleurs joueurs du monde.

Paris, la peur au ventre

Son approche du match a Ă©tĂ© idĂ©ale. Le choix du 3-4-3, expĂ©rimentĂ© depuis quelques semaines par Luis Enrique avec Messi dans une position reculĂ©e et le retour de Rakitic comme titulaire, a Ă©tĂ© payant. AprĂšs 50 minutes de jeu, les Catalans avaient plus qu’ouvert la voie Ă  l’exploit en marquant trois fois. SuĂĄrez avait rapidement mis Ă  jour le manque de sĂ©rĂ©nitĂ© de Trapp et de sa dĂ©fense (1-0, 3e), une fragilitĂ© encore plus flagrante sur le but contre son camp de Kurzawa (2-0, 40e) tandis que le penalty de Messi (3-0, 50e) laissait penser qu’il serait alors trĂšs difficile Ă  Paris de rĂ©sister.

Mais Cavani, qui venait de trouver le poteau (52e), a repris son costume d’homme fort pour remettre son Ă©quipe en position de force (3-1, 61e). C’est un Barça abasourdi qui s’est alors remis Ă  la tĂąche sans trop y croire. Jusqu’Ă  ce coup franc de Neymar Ă  l’entrĂ©e du temps additionnel (4-1, 89e). La furia s’est alors emparĂ©e du Camp Nou de la mĂȘme façon que la peur a transpirĂ© des pieds parisiens. Un nouveau penalty de Neymar pour une faute de Marquinhos sur SuĂĄrez (5-1, 90e) a laissĂ© augurer le pire. C’est finalement Sergi Roberto, entrĂ© quelques instants auparavant, qui a fait basculer l’enceinte catalane dans la liesse (6-1, 90e) et Paris dans les tĂ©nĂšbres. Plus qu’une claque, plus qu’un camouflet, c’est un revers historique pour le PSG. Et nul ne sait Ă  cette heure-ci quelles en seront les rĂ©elles consĂ©quences, Ă  court, moyen ou long terme.

Publié: le 09-03-2017 par lepoint.fr

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