Housseini Amion Guindo, ministre des sports : Une vision claire face à d’énormes défis

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Housseini Amion Guindo, ministre des sports
Housseini Amion Guindo, ministre des sports

Dans le gouvernement formé ce 11 avril 2014 par Moussa Mara, la Jeunesse et les Sports sont scindés en deux départements distincts. Si Me Mamadou Gaoussou Diarra garde la Jeunesse renforcée par la Construction citoyenne, Housseini Amion Guindo dit «Poulô» (Le Peulh) s’occupera désormais du développement des Sports. Un défi qui n’est pas au-dessus de l’abnégation et de la compétence de ce brillant cadre réputé pour sa rigueur et sa volonté de contribuer au développement de son pays.

Ce jeune leader politique a vu le jour le 21 avril 1970 à Bandiagara (Mopti). Il a obtenu son baccalauréat (Sciences humaines) en 1991 au Lycée régional de Sikasso devenu plus tard le «Lycée Monseigneur Didier de Montclos». Le jeune bachelier est orienté par la suite à l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP) où il obtiendra une maîtrise en histoire-géographie en 1997. Armé de ce parchemin, Poulô devient professeur d’histoire et géographie au lycée Mgr Montclos de Sikasso, puis consultant au compte d’une ONG dénommée «Fonds d’investissement local». Accordant une importance capitale à l’éducation, le nouveau ministre des Sports a investi et mis deux établissements scolaires à la disposition des enfants du Kénédougou voire de toute la région de Sikasso et du pays. Il s’agit du lycée Amion Guindo de Sikasso, ouvert en 2001, et de l’Ecole professionnelle Aminata Diallo.

Très engagé depuis les bancs du lycée, Poulô se prend vite de passion pour la politique. Et c’est fort naturellement que le scrutin présidentiel du 28 juillet 2013 le confirme comme le leader de la nouvelle vague de dirigeants politiques du pays. En effet, Housseini Amion Guindo est arrivé 5e sur 27 candidats après notamment Ibrahim Boubacar Kéita  (Rpm), Soumaïla Cissé (Urd), Dramane Dembélé (Adéma-Pasj) et Modibo Sidibé (Fare). Un résultat qui a confirmé l’irrésistible ascension de ce jeune (bientôt 44 ans) leader politique. C’est à Sikasso, sa ville et sa région adoptives, que Housseini a débuté sa carrière politique. D’abord comme candidat indépendant aux élections législatives partielles de 2005.  Ce coup d’essai a été une réussite car il est brillamment élu député. Il rejoint alors le Rassemblement pour le Mali (Rpm) la même année. En 2007, il quitte la chapelle des «Tisserands» (Rpm) et se présente à nouveau aux élections législatives en candidat indépendant et se fait réélire député pour un mandat de 5 ans. En 2008, Poulô fonde la Convergence pour le développement du Mali (Codem) dont il devient le président. Cette formation se veut une organisation politique à vocation africaine, qui vise la construction au Mali d’un Etat républicain et démocratique doté d’une économie de marché à visage humain.

De la clairvoyance politique au service des sports

Très tôt, ce parti devient vite le plus populaire auprès des populations de la région de Sikasso. Une popularité liée à la clairvoyance de son fondateur, très soucieux des vraies préoccupations des citoyens de la région, aussi bien en ville que dans les zones rurales. Ainsi, au scrutin communal de 2009, la Codem fait élire plus de 400 conseillers à travers le pays. Après deux mandats successifs de député au Parlement national (2005-2007 et 2007-2012), Housseini A. Guindo dit Poulô a vu se dessiner tout naturellement sa candidature pour l’élection du président de la République. Un scrutin annoncé pour le 29 avril 2012, mais avorté par le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012. Au cours de cette grave crise de l’histoire contemporaine du Mali, il s’engage aux côtés des forces républicaines qui prônent la stabilité du pays et le retour à la démocratie. Un engagement qui ne l’empêche pas de travailler à peaufiner sa candidature à la hauteur de ses ambitions pour le Mali. Cela lui permet de mieux se positionner en candidat du changement au profit de la jeune génération de leaders politiques. Il va ainsi vite incarner le «tournant générationnel». Après la présidentielle de 2013, les analystes politiques ont vu en lui l’un des acteurs appelés à jouer un rôle déterminant dans la nouvelle configuration de la scène politique, qui se dessine avec l’élection d’un nouveau président de la République. Grâce surtout à sa vision politique axée sur le pragmatisme dans la prise en charge des préoccupations de l’électorat.

Son entrée au gouvernement n’est que la juste confirmation de cette analyse. Au ministère des Sports, Housseini Amion Guindo est en terrain connu. D’ailleurs, le sport figure parmi ses loisirs avec le cinéma. Ce passionné de sport a donc acquis et dirigé le Stade malien de Sikasso en 2004. La même année, grâce à l’immense investissement et à la perspicacité de son jeune président, ce club mythique fondé depuis 1963 accède pour la première fois à la Ligue 1. De 2007 à 2009, Poulô a également occupé le poste de vice-président de la Fédération malienne de football (Femafoot).

Des défis balisés par une vision claire

Polyglotte (dogon, peul, bambara et français avec des notions de sénoufo, sonrhaï et anglais), ce cadre très ouvert et de commerce agréable est marié avec Aminata Guindo et père de quatre enfants que sont Boubacar, Ali, Awa et Maya. «C’est le sport qui m’a amené à la politique et aujourd’hui, si la politique me permet de revenir au sport, je pense que c’est une très bonne chose. Je suis en terrain connu», a déclaré le ministre des Sports au lendemain de sa nomination. En effet, Housseini Amion Guindo renoue avec une famille sportive qu’il connaît bien. Mais, les défis sont énormes et le nouveau coach du sport malien en est conscient. C’est pourquoi il compte d’abord gagner le pari de la mobilisation des compétences et des ressources pour booster les performances sportives.

Ce qui nécessite l’élaboration et l’adoption d’une politique sportive à la hauteur des ambitions nationales dans ce secteur. Le président Ibrahim Boubacar Kéita, en recevant les Cadettes (Triple championnes d’Afrique) de basket-ball, avait émis le vœu de voir le Mali remporter enfin un titre continental majeur en football. Personne n’ignore que ce souhait a valeur d’instruction pour le gouvernement. C’est un pari que Poulô voudrait sans doute gagner pour rehausser son bilan.

Le ministre des Sports aura aussi à cœur l’animation des nombreuses infrastructures sportives dont le pays s’est doté ces dernières années. Il s’agit alors d’initier des activités non seulement aux niveaux local, régional et national, mais aussi et surtout se battre pour abriter de grandes compétitions, notamment en football, en basket, dans les arts martiaux… Le chantier du développement des sports est énorme, mais la pertinence de la vision est déjà un atout énorme pour relever le défi !

Moussa BOLLY

Chargé de Mission

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