Ismaël Coulibaly, Taekwondoïne : Prendre ses distances avec des prédateurs qui l’amènent sur un terrain glissant

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Nous sommes de ceux qui ont été surpris par la naïve sortie médiatique d’Ismaël Coulibaly (taekwondo) sur une radio par rapport à sa préparation pour les Jeux Olympiques «Rio 2016». Il est le seul sportif malien qui a acquis sa qualification par ses performances.

 

Nous avons été d’autant surpris que ce jeune, pétri de talent, est d’une humilité et d’une politesse remarquables. Dans sa déclaration, Ismaël Coulibaly en veut au gouvernement de ne s’être pas engagé à payer ses frais de préparation estimés à 10 millions de Fcfa. Mais, après recoupements, nous avons des raisons de craindre qu’Ismaël ne soit considéré comme la poule aux œufs d’or par certains proches au Mali et en France.

 

En effet, après sa qualification obtenue au Maroc en février dernier, un technicien lui aurait proposé ses services en dehors du canevas traditionnel de la préparation olympique. Et c’est ce dernier qui aurait conçu un programme de préparation facturé à 50 000 Euros réclamés à l’Etat. Comment un ministère responsable peut-il verser une telle somme à quelqu’un qu’il ne connaît pas et avec qui il n’a signé aucun contrat pour pouvoir justifier cette dépense ? Face à des réticences au niveau national, le «technicien» en question a changé de stratégie en demandant d’être remboursé pour des frais qu’il aurait déjà engagés dans la préparation du jeune taekwondoïne. Des frais dépensés sans engagement de l’Etat. Et tout laisse croire que c’est ce dernier ainsi que quelques proches à Bamako qui influencent Ismaël Coulibaly et l’ont poussé à cette maladroite sortie médiatique.

 

Selon nos investigations, nous savons que le président du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) a notifié au jeune combattant qu’il ne peut pas prélever 50 000 Euros sur un quelconque fonds et pouvoir le justifier. Toutefois, il a demandé à ce qu’un programme de préparation lui soit soumis, en bonne et due forme, et qu’il est personnellement prêt à payer les frais, étape par étape. Une proposition qui ne convient pas naturellement à son nouvel encadrement qui rêve d’un vrai pactole.

 

Le talent d’Ismaël est indéniable et mérite toutes les attentions parce que non seulement il est le seul sportif malien qualifié pour «Rio 2016» (d’autres sportifs sont invités en judo, en athlétisme… par leur Fédération internationale), mais surtout il ne manque pas d’atouts pour entrer dans l’histoire comme le premier médaillé olympique du Mali. Ce n’est pas par hasard que le récent (mai dernier) champion d’Afrique (-74 Kg) en Egypte est parvenu à se hisser à ce niveau. Son ascension est liée au respect des valeurs comme le patriotisme, le courage, le fighting spirit, la persévérance, la pugnacité et aussi, l’humilité.

 

À la porte de l’ultime consécration, il doit éviter de se laisser distraire et influencer par des gens qui ne cherchent qu’à profiter de son talent. Nous n’allons pas nous étaler sur les efforts consentis par le Cnosm pour lui assurer une participation sereine aux Jeux de Rio de Janeiro. Mais, déjà, la bourse olympique lui permet d’être sociétaire d’un Centre de haut niveau à Montpellier (France) et de se préparer dans la quiétude. De sa part, toute revendication sera sans doute légitime. Mais il faut qu’il évite aussi de tomber dans des pièges qui l’amènent à ternir l’image d’un pays dont les couleurs lui sont pourtant si chères !

Dan FODIO

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