Issa Hayatou, président de la CAF : «Mention spéciale à l’Afrique du Sud»

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La 29e Coupe d’Afrique des Nations de football appartient désormais à l’histoire. Le Comité d’organisation local a réussi le pari. Rien n’a été négligé. Le président de la CAF, Issa Hayatou revient sur l’aspect organisationnel de la compétition, plante le décor de la prochaine Assemblée générale élective à Marrakech au Maroc et fait un clin d’œil à la population de Koulikoro dont il est Citoyen d’honneur.

 Issa Hayatou, président de la CafBonjour président ! Les rideaux sont tirés sur 29e édition de la CAN Afrique du Sud 2013. Quel bilan faites-vous de cette compétition ?

C’est une question un peu gênante pour moi dans la mesure où il faut dire la vérité. Et si on dit la vérité, c’est comme si on s’était jeté des fleurs. Au niveau de la Confédération, c’est une compétition qui a réussi sur toute la ligne. Il y a eu de très bons matches auxquels on a assisté, la bonne organisation de la part du gouvernement Sud-africain, la mobilisation générale de la CAF auprès du Comité d’Organisation local. Dans l’ensemble, je suis satisfait de  ce que j’ai vu dans cette 29e édition de la CAN. Le Maroc, le prochain organisateur de l’évènement, fera tout pour atteindre les objectifs assignés.  Il ya déjà une maturité, une expérience autour de cette Confédération, de la CAN surtout qui drainent toutes les forces vives : les médias, les sponsors sans oublier la pléiade de Chefs d’Etat venus nous encourager. Tout cela augure de lendemains meilleurs pour la CAN.

Président, on a beaucoup parlé de l’arbitrage lors de cette CAN. Quel est votre point de vue ?

Ce n’est pas à la CAN qu’il y a de problème d’arbitrage. On ne peut pas avoir 32 matches   sans qu’il n’y ait de problème d’arbitrage. Mais le cas du match Ghana-Burkina a été celui qui a marqué les esprits. L’arbitre tunisien a simplement reconnu son erreur. La CAF contrairement à ses habitudes a pris la décision d’annuler le carton rouge infligé au joueur Pitroipa pour  permettre au Burkina Faso de jouer avec la plénitude de son effectif. En dehors de ce match, d’autres matches ont connu de petites erreurs.

La pelouse aussi était à décrier surtout celle de Nelspruit, base du groupe C ?

Contrairement à ce que vous dites, toutes les pelouses sont bonnes. Même celle de Nelspruit décriée par des tierces personnes est bonne. Seulement au vu du gazon, on a l’impression qu’il est brulé. Est-ce c’est l’état du gazon qui compte ou c’est sa couleur qui compte ? L’état du terrain est parfait. Il n’y ni bosse encore moins des crevasses. Le ballon roule bien là-dessus. Les organisateurs se sont tout simplement précipités à mettre de produits 10 jours avant le coup d’envoi pour que le gazon pousse. Malheureusement  au lieu que le gazon pousse, il a desséché. Ce n’est pas le gazon qui fait la bonne pelouse.    Une bonne pelouse est celle qui ne contient pas de bosse et de crevasse. Quelqu’un qui est loin de la pelouse de Nelspruit peut dire qu’elle n’est pas bonne. Mais je pense que ce sont les journalistes qui ont aggravé la situation en la critiquant tout le temps sinon les joueurs ne se sont jamais plaints.

Un mot sur la participation des Aigles du Mali à cette CAN ?

Le Mali a réussi à sauvegarder son classement de la 28e édition de la CAN en étant 3e d’Afrique. Coup de chapeau aux Aigles ! Il n’a pas eu de la chance au niveau des demi-finales. Vous savez, à ce niveau il suffit d’une petite erreur. De toutes les façons, le score ne reflétait pas la physionomie de la rencontre. Personnellement j’ai été impressionné par l’équipe du Mali qui a vraiment été l’un des acteurs principaux de cette CAN. Le Mali a présenté une équipe cohérente sur le plan physique. C’est une équipe qui a joué un grand rôle lors de cette Can tout comme la dernière Can. La situation du pays nous préoccupe tous. Nous souhaitons que le Mali retrouve très vite la paix et l’intégrité de son territoire.  Je pense que vous êtes sur la bonne voie pour retrouver l’unité. Ça c’est l’aspect politique dont je n’ai pas le droit d’évoquer en tant que footballeur.

Après la Can ce sont l’Assemblée Générale et l’élection du président de la CAF. Quelles sont vos attentes par rapport à l’Assemblée Générale ?

La perfection. C’est tout ce que j’attends. Je suis candidat à ma propre succession. En plus de ma candidature, il y en aura d’autres. Comme vous le savez à tous les congrès, la CAF renouvelle à 50% tous ses effectifs. Il y a le président qui se trouve aujourd’hui au centre des affaires puisque son mandat est arrivé à son terme. Il y a d’autres candidatures qui vont venir. Donc, l’objectif recherché est qu’il ait la perfection à l’image de ce que nous avons eu ici en Coupe d’Afrique des Nations. Que le congrès se déroule dans de très bonnes conditions ! Que les perdants reconnaissent qu’ils ont perdu, que le gagnant ne se moque pas d’eux ! Que le fair-play règne ! C’est ce que nous souhaitons pour pouvoir maintenir l’unité  de la Confédération africaine de football.

Est-ce votre dernier mandat ?

Mon dernier mandat, vous voulez dire ? De toutes les façons, même si j’ai des velléités, je n’ai pas la possibilité de le faire car  le statut de la CAF me l’interdit. Si je me présente aujourd’hui c’est parce que tout simplement je n’ai violé aucun texte. Tous les textes me donnent le droit de me présenter. Selon le statut de la Caf, on peut briguer un mandat jusqu’à 70 ans. Au contraire, c’est une qualité qu’on doit reconnaitre aux africains d’avoir maintenu pendant longtemps une direction paisible  avec des résultats. Comme On a créé beaucoup de compétitions à l’avantage du football africain. Les joueurs africains d’abord alimentent le football au niveau de l’Europe, au niveau des autres continents. Et je pense que les équipes africaines méritent d’être considérées comme telles. On a vu cette fameuse finale entre le Nigeria et le Burkina Faso. Et au niveau de cette phase finale il y a des pays qui sont venus alimenter les conversations, alimenter vraiment la compétition c’est-à-dire le Cap-Vert et l’Ethiopie. Ne brisant pas les statuts et règlements, j’ai décidé de me représenter avec le soutien de mes frères africains qui m’ont demandé de rester. Je ne sais pas pourquoi, je ne vais pas vous dire pourquoi,  je ne peux pas sonder leur cœur. Ils m’ont demandé de rester, j’ai accepté parce que les statuts me le permettent. Je serai là, je ferai tout pour que le congrès soit à l’image de la CAN.

Bientôt ce sera le CHAN ici en Afrique du Sud. On constate que ça ne concerne que les joueurs évoluant dans les championnats locaux. Pourquoi ne pas ouvrir aux joueurs évoluant sur le continent africain ?

Pourquoi vous le voulez ? Dans ce cas, ce sera la CAN. C’est pourquoi nous ne voulons pas ça. L’objectif  que nous recherchons à travers le CHAN, c’est de faire en sorte que les joueurs nationaux reviennent jouer dans leur pays parce que nos championnats ont été appauvris à cause de multiples transferts de joueurs vers le pays voisins ou vers l’extérieur. On a créé le CHAN pour plusieurs raisons, mais la plus importante est celle que je viens d’évoquer. La seconde raison est de permettre aux joueurs africains de pouvoir vivre de leur football surtout que maintenant que l’économie africaine est en train de revenir. La Can permet déjà à tout un chacun de faire une sélection de joueurs qui sont sur le continent et sur d’autres continents. En plus, le CHAN est une formule spéciale contrairement à la CAN. La Can c’est le meilleur. Au CHAN, toutes les 6 zones sont représentées. Chaque zone à son petit quotta. Elle organise les éliminatoires au niveau de leur zone et dégagent le quotta demandé. On a fait exprès pour pouvoir redynamiser le football à la base.  Mais si demain on se rend compte que la formule qu’on a mise sur pied est dépassée, on n’hésitera pas à changer. Mais pour le moment l’objectif, c’est de stabiliser les championnats nationaux, de faire en sorte que les joueurs nationaux s viennent jouer dans leurs championnats afin de redonner une certaine vigueur au football africain.

Un dernier message pour cette jeunesse africaine qui aime tant le football.

Un grand merci à cette jeunesse pour son soutien lors des Coupes d’Afrique des Nations, des compétitions Interclubs, des Jeux Olympiques ou de la Coupe du Monde. Toutes ces ferveurs populaires font que nous ne pouvons que nous en réjouir et remercier la jeunesse africaine. Tout comme nous demandons à nos Etats, à nos gouvernants est de continuer à injecter de l’argent  en attendant que nous puissions voler de nos propres ailes un jour à l’image de ce qui se passe en Europe.

Vous êtes Citoyen d’honneur de Koulikoro. Un mot pour la population de Koulikoro.

Je suis fier d’être Citoyen d’honneur de Koulikoro. Je remercie toute la population. Mais je sais que j’ai quelque peu failli car jusqu’à présent je n’ai pas payé mon impôt en tant que Citoyen de Koulikoro (rires). Mais je verrai inchallah comment régulariser cette situation.

Par Baba Cissouma, avec Kalifa Naman Traoré (ORTM) 

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2 COMMENTAIRES

  1. Mr Hayatou personne ne vous a demande de rester. Il est temps de ceder la place a d’autres. Vous avez manipule les textes de la CAF pour ecarter tout candidat serieux tel l’ancien president de la Federation Ivorienne. Le bilan de la CAF est negatif.sachez que seul le reigne de Dieu est eternel, en vous accrochant vous vous hissez a la hauteur des dictateurs africains tels que votre concitoyen Paul Biya. Degagez Mr Hayatou c’est tous ce que la jeunesse africaine te demande.

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