La CAF : Où s’arrêtera Hayatou ?

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Le nouvel amendement concernant les modalités pour être candidat à la présidence de la confédération africaine de football (CAF), proposé par le président de la fédération algérienne de football Mohamed Raouraou, est passé comme la lettre à la poste lors de la 8ème assemblée générale organisée à Seychelles le 03 septembre dernier. Les présidents de fédérations ont donc fait chorus, puis que l’amendement d’après lequel « tout candidat aux élections à la présidence de confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité Exécutif de la CAF », a réuni 44 voix pour, 6 voix contre et une abstention. Lesquels présidents de fédérations nationales sont à cet effet exclus de la présidence de la CAF.

Issa-Hayatou, président CAF

Même après son adoption, les débats que l’amendement avait suscités, sont loin de désenfler. Au contraire de toute attente, il continue à faire un os sur lequel se faire les dents, au point que l’on est d’ores et déjà amené à établir un constat selon lequel il y a baleine sous le gravier. En effet, l’amendement en soi, de l’avis général, pose problème du fait de sa tentation à restreindre les libertés de choix des dirigeants, et outre cela, à installer la CAF dans une espèce de vase clos. Par-delà cette manière de voir, d’autres, personnalisant le débat, se sont avancés jusqu’à dire que cette loi ne serait que l’arbre qui cache la forêt d’une volonté  du lion indomptable Issa Hayatou, d’empêcher la candidature de Jacques Anouma, l’ancien président de la fédération ivoirienne de football, qui s’est déclaré candidat pour les élections de mars 2013 au Maroc. Notons qu’à la question de savoir si Anouma rentre dans le box des concernés, les analyses vont dans une divergence vertigineuse et parfois frôlent le ridicule. Néanmoins, il est intéressant de relever qu’avec l’ambigüité qui marque cette loi « être ou avoir été membre du comité exécutif de la CAF », l’on doit savoir garder raison, sachant bien qu’au comité exécutif de la CAF, il y a trois types de membres à savoir les élus au titre de la CAF lui-même, ceux qui ont été cooptés par Hayatou et les membres exécutif de la FIFA( dont fait partie Anouma ) qui sont membres du comité exécutif de la CAF d’office mais ne disposent du droit de vote.

Cela dit, ce serait faire fausse route que de se prononcer sur le cas Anouma, surtout que l’homme a décidé de faire appel au Tribunal arbitral du sport TAS avant l’entrée en vigueur dans 90 jours de la loi. En clair, le camerounais Issa Hayatou à la tête de la CAF depuis 1988, après Mohamed Abdelhalim, se retrouve dans une situation qu’il doit lui-même avoir du mal à décrypter. Alors que c’est très facile. Le fait est que son attitude échappe à toutes les définitions qu’en donnent sans discontinuer les spécialistes et autres mordus du ballon rond. Si aujourd’hui ça sent le roussi au sein du monde du football africain, c’est parce que tous ceux qui crient au scandale n’ont pas tardé à se rendre compte d’une évidence qui dit que la démocratie, la transparence, la liberté et j’en passe_ des valeurs sûres sur lesquelles on ne peut se payer le luxe d’uriner_ ne font pas partie des hit-parades de la CAF. Mais de cela, Hayatou s’en fout comme de sa dernière chemise ! A dire vrai, le procès dont il est le centre ne se fait pas sur la base du bilan du temps qu’il a passé à la tête de la CAF auquel personne, je dis bien personne, ne peut trouver à redire. De plus, Hayatou est un homme dont l’intelligence est reconnue. Mais par ailleurs, là où il est indéfendable, c’est qu’il est marqué par cette absence de la culture de savoir passer la main. C’est pourquoi il pourrait mériter les noms dictateur, faiseur de coup d’Etat et que sais je encore, que certains médias lui attribuent sans se lasser. C’est uniquement sous cet angle qu’il faut voir les choses. Malheureusement, le lion indomptable n’entend pas les choses de cette oreille et est porté par cette propension à vouloir maintenir l’institution dans la fixité, l’immobilité, l’uniformité. Où s’arrêtera t-il ? Nul ne le sait. Peut-être est-il digne de remarquer cette action «  En tout cas Monsieur, si tu refuses de laisser la place aux autres, c’est la place qui finira par te laisser, sois-en sûr ». Le cas Hamadoun Kolado ? Hammadoun Kolado Cissé, le président de la FEMAFOOT, aurait voté contre avec le Liberia, la Côte d’ivoire, le Sénégal, le Niger et le Burundi. Avec en toile de fond la « subornation », à en croire certains confrères de la presse locale. C’est-à-dire que Kolado, pour être plus exact, aurait vendu sa voix à Anouma qui est tenacement opposé à cette loi. On le sait, il n’est pas un saint, Kolado ! N’empêche qu’il faut reconnaître à la FEMAFOOT ce mérite d’avoir pu regarder « le roi » dans les yeux pour dire non là où sur 51 pays, 44 ont approuvé par une lâcheté intéressée. Pourtant, ce n’est pas sur eux mais sur Kolado que la presse locale concentre ses coups. La question de la corruption aurait pu se poser pour eux dont l’attitude, qu’on me pardonne cet écart de langage, s’applique à celle de « ce bœuf qui suit le boucher jusqu’à l’abattoir ».

Boubacar SANGARE     

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