Lutte traditionnelle, Drapeau ANASER : « Le piment » étouffe wara

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Andalla Konaté a créé la surprise en battant le grand favori du gala, Madou Touré. « Le Piment », comme l’appellent familièrement les supporters, devient ainsi le deuxième lutteur à inscrire son nom au palmarès de la compétition après Hamidou Traoré, vainqueur de l’édition inaugurale.

La deuxième édition du Drapeau de l’ANASER restera comme l’un des meilleurs galas jamais organisés par la Fédération malienne de lutte amateur (FMLA). Le mérite en revient surtout aux deux finalistes du tournoi, Madou Touré dit Wara et son challenger Andalla Konaté « Le Piment » qui ont fait honneur à leur rang en gratifiant les 10.000 spectateurs du stade Ouezzin Coulibaly de l’un des plus beaux combats de l’histoire de la lutte malienne. Madou Touré dit Wara faisait figure de grandissime favori de la finale et le patron de l’écurie du Grand marché n’a pas lésiné sur les moyens dans la bataille psychologique que se livrent toujours les lutteurs avant leur entrée dans l’arène. Ainsi, Wara fera son entrée au stade Ouezzin Coulibaly à bord d’une grosse 4X4 américaine escortée par une demi-dizaine de gardes du corps.
Après avoir fait le tour d’honneur des gradins en compagnie de plusieurs batteurs de tam-tams et sous les ovations nourries des supporters déchaînés, le très populaire lutteur de l’écurie du Grand marché et ses accompagnateurs s’installeront au milieu de la pelouse pour les traditionnelles préparations mystiques qui constituent toujours des moments importants pour les combattants, surtout sur le plan psychologique. Et pour cause, assure-t-on dans l’entourage des lutteurs, les préparations mystiques permettent de chasser à la fois les mauvais esprits et en même temps faire peur au camp adverse. Mais pour ce face à face avec « Le Piment », Wara ne s’attardera pas longtemps sur la préparation mystique, contrairement à son adversaire qui débarquera au stade Ouezzin Coulibaly avec une gamme très variée de produits mystiques.
Entre autres on peut citer le lait frais (il y en avait plusieurs bidons), le sel, une corne de boeuf, des bidons de « nasi », des barres de glaces. Sans compter un petit pigeon blanc lâché quelques minutes avant le combat et les nombreux gris-gris qu’il portait au cou, sur la tête, à la hanche et aux bras. Un véritable « arsenal » de guerre. Ce n’est pas tout. Pendant la présentation des deux lutteurs, « Le Piment » exige que sa ceinture soit attachée par son entraîneur et non par le juge de ligne comme le prévoit le règlement. Dans un premier temps, la table technique refuse cette proposition du lutteur, avant de faire machine arrière après que Andalla Konaté eut menacé de quitter l’arène. Non content d’avoir gagné ce bras de fer avec la table technique, le lutteur de l’écurie Tanga sport provoque un nouvel incident en tentant d’empêcher Wara de monter dans l’arène. Il faudra alors l’intervention des services de sécurité pour séparer les deux lutteurs et dissuader « Le Piment » à rejoindre son camp. Ces intimidations et provocations ont-elles eu raison de Wara et contribué au sacre d’Andalla Konaté ? A priori, il est difficile de répondre par l’affirmative, mais une chose est sûre, « Le Piment » a bien réussi ses coups et cette guerre psychologique a semé le doute dans le camp adverse.
On s’en apercevra d’ailleurs dès le début du combat avec un Wara plus prudent qui plus est, évitera de croiser le regard de son adversaire. Le premier round (trois minutes de combat) ne donne rien et les deux lutteurs se séparent dos à dos pour une minute de repos. Wara reste dans l’arène pour suivre les consignes de son entraîneur, mais « Le Piment » profite de la pause pour rejoindre ses préparateurs mystiques et s’asperger de « nasi ». A la reprise, Wara hausse subitement le ton et lance la première attaque. Surpris par l’attaque, « Le Piment » se retrouve avec le pied gauche totalement neutralisé par Wara.
La prise semble imparable et tout le monde voit déjà le patron de l’écurie du Grand marché terrasser son adversaire. Erreur car après avoir résisté sur un pied pendant près de dix secondes, « Le Piment » parvient à se défaire de la prise de Wara pour ensuite projeter son adversaire à terre dans un stade Ouezzin Coulibaly ébahi. La victoire du lutteur de Tanga sport est claire, nette et sans bavures. Celui qui avait promis de réduire Wara (surnom de Madou Touré qui signifie lion) en chat devient ainsi le deuxième lutteur du pays à inscrire son nom au palmarès du Drapeau ANASER après Hamidou Traoré dit « Tout Le Temps » sacré en 2011 face à ce même Madou Touré. « Le Piment » a reçu une enveloppe et une moto offertes par l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER).
Visiblement content du bon déroulement du gala et de la prestation des deux finalistes, le directeur général de l’ANASER, Mamadou Koné indiquera que la présence de l’ANASER aux côtés de la Fédération malienne de lutte traditionnelle dénote de l’engagement de l’agence à profiter de toutes les occasions pour faire véhiculer des messages de sensibilisation à l’endroit de l’ensemble des couches sociales du Mali sur la sécurité routière. « La sécurité routière est un domaine transversal. Quel que soit notre statut social, nous sommes tous, à un moment donné, usagers de la route. Chacun de nous peut témoigner des drames, d’épreuves personnelles, familiales ou d’amis, de proches ou de connaissances à la suite d’un accident de la route. Chacun de nous peut témoigner de la préoccupation nationale que représente l’insécurité routière pour les plus hautes autorités du pays », dira le directeur général de l’ANASER.
« Face aux nombreux accidents de la circulation routière, entraînant la mort de beaucoup de soutiens de famille, tout doit être mis en œuvre pour que l’ensemble des Maliens prennent conscience du rôle qui est le leur dans cette lutte. Nous devons continuer à progresser ensemble en vue de la réduction du taux des accidents de la route. L’enjeu pour l’ANASER est simple : chaque vie sauvée sur la route est une victoire, une avancée, un refus de la résignation et de la fatalité », ajoutera Mamadou Koné.
Outre le premier responsable de l’ANASER et le président de la Fédération malienne de lutte traditionnelle, Bréhima Sacko, on notait la présence dans la loge officielle des ministres Ahmed Diane Séméga (Equipement et Transports) et Djiguiba Keïta (Jeunesse et Sports), du maire de la Commune II Youssouf Coulibaly, du président du Conseil malien des chargeurs, Babalaye Ndaou et du président du Rassemblement pour le Développement du Mali (RPDM), Docteur Cheick Modibo Diarra.

S. B. TOUNKARA
TOUS LES RéSULTATS DU GALA
COMBATS PAR éQUIPE
66kg : Fousseïny Ongoïba (Maybe) bat Daby Haïdara (Lion sport).
76kg : Saïbou Sanga (Maybe) bat Moussa Diarra (Lion sport).
86kg : Mamadou Ongoïba (Maybe) bat Seydou Diarra (Lion sport).
100kg : Abdramane Ongoïba (Maybe) bat Cheick Coulibaly (Lion sport).
120kg : Kallou Konaté (Lion sport) bat Samba Arou (Maybe).

EN individuel
Hama Togo (Dung Yara) bat Yaya Arama (USFAS).
Drissa Guindo (Dung Yara) bat Oumar Minta (USFAS).
Aboubacar Traoré (Grand marché) bat Youssouf Guindo (Dung Yara).
Bakary Traoré (Grand marché) bat Alaye Guindo (Tanga sport).
Tidiane Zoromé (Dung Yara) bat Karounga Soumano (USFAS).
Chabou Traoré (Grand marché) bat Ousmane Koné (Tanga sport).
Samba Samakan (USFAS) bat Cheick Diop (Tanga sport).

Souleymane Bobo Tounkara

mercredi 7 mars 2012

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