MALI : La petite catégorie, une sur-priorité

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S’il  y a un pays qui est en train de faire des pas de géant dans le basket féminin africain, c’est bien le Mali. Ce pays qui était à la traine au niveau du palmarès récolte ainsi les fruits de sa politique de formation mise en place depuis une décennie.


Au tableau du palmarès africain des U 18 filles, le Mali trône avec 4 trophées de champion (1996, 2000, 2006 et 2008). Des performances qui ne se relèvent pas du hasard. En effet, depuis une décennie, les Maliens ont fait de la petite catégorie, l’épine dorsale de leur politique sportive en basket. Hamat Niang, ancien président de la Fédération malienne de basket, est le concepteur de cette politique, selon le directeur technique du Mali, Baïdy Diarra. Hamat Niang avait d’ailleurs été fait ministre des Sports à son retour de l’expédition victorieuse à Dakar, à l’Afrobasket féminin 2007. Cette politique de formation de la petite catégorie ne porte pas la seule empreinte de l’ancien président de la Fédération malienne de basket. En place depuis 10 ans, le directeur technique national, Baïdy Diarra en est le maître d’œuvre. « Nous  organisons, chaque année, depuis plus de 10 ans, ce que nous  appelons, chez nous, des “conférences” dans tout le Mali qui est un pays très vaste.  Nous faisons le tour du pays pour sélectionner les jeunes de chaque région qui ont entre 9-10 ans, et nous organisons des tournois d’une semaine. Après, nous prenons les meilleurs et nous les amenons à Bamako où il  y a 26 centres de formation et aussi 10 autres des clubs de première division. Ces centres de formation  sont chapeautés par la fédération qui surveille l’encadrement pour voir s’ils ont des diplômes ou suivi le cursus normal d’entraîneur  ». Le choix de son pays en matière de formation est dicté par le souci de bâtir, dans le long terme, des équipes nationales compétitives. « Nous avons constaté, avec les grands ou grandes,  que c’est juste pour un moment, et c’est éphémère. Le plus souvent, nous allons prendre des expatriés par-ci, par-là. Ce qui fait que nous avions une sélection mais pas une équipe. C’est pourquoi nous formons depuis le bas âge. Si nous travaillons avec la petite catégorie, cela permet de poser les fondements qui sont la base du basket. Les systèmes et autres viennent après », ajoute Mohamed Maïga, actuel entraîneur de l’équipe des U 18 filles du Mali qui est aussi partie prenante de cette politique.  Coach Maïga a, en effet, remporté avec le Mali le titre de champion d’Afrique des U 18 féminin de 1996 et de 2000.
Mais ce n’est pas seulement chez les petites catégories que le Mali s’impose en Afrique. Cette stratégie semble donner des résultats chez l’équipe féminine sénior. Depuis 5 ans, le Mali est en train de se faire une place de choix dans le basket féminin africain, menaçant même, des fois, l’hégémonie sénégalaise. La preuve, les Maliennes sont montées sur le podium lors des trois derniers Afrobasket.

Les garçons, le ventre mou
Vainqueur de l’édition 2007 à Dakar, finaliste contre le Sénégal en 2009, à Madagascar, et 3ème en 2011, à Bamako. Dans toutes ses performances, les produits de la formation en petite catégorie malienne y ont été d’un grand apport. « L’équipe qui a gagné l’Afrobasket 2007 de Dakar est la somme des générations des U 18 de 1996, 2000 et 2006 », renseigne coach Maïga. L’objectif des Maliens, aujourd’hui, c’est, à terme, de régner dans tous les âges du basket féminin africain : senior, junior et cadet. « Nos cadettes qui ont remporté l’Afrobasket U 16 de 2011, viennent de représenter l’Afrique à la Coupe du monde de basket en France. Nos filles U 18 si elles ne sont pas les meilleures font  parties des 4 meilleures équipes de  ce 12ème Afrobasket. Cette politique nous a permis d’avoir l’équipe sénior féminine qui est actuellement une des meilleures en Afrique. Notre objectif, c’est de régner en Afrique et pourquoi pas gagner la Coupe du monde », ajoute le Dtn malien. Dans l’équipe junior qui a disputé l’Afrobasket de Dakar, 4  joueuses dont l’ailière, Hawa Traoré, ont participé au Mondial féminin des U 17. Pensionnaire de l’Asc Commune, Hawa a fait toutes ses classes de petite catégorie dans ce club de l’élite malienne. Elle souligne que sa participation à la Coupe du monde des cadettes lui a permis de beaucoup gagner en expérience même si « elles avaient perdu tous les matches ».
Mais les fruits de cette politique de formation ne donnent, pour l’instant, des fruits qu’au niveau du basket féminin. Chez les garçons, le Mali est toujours à la traine et est, à chaque fois, obligé de jouer les qualifications à l’Afrobasket sénior par les tournois de la Zone 2. Une situation à laquelle la direction technique malienne compte remédier et bâtir, dans les années à venir, une grande équipe à l’image de celle des filles. « Notre problème, c’est au niveau des garçons où nous avons monté une équipe qui a eu quelques problèmes. Mais nous sommees en train de travailler avec de jeunes garçons qui vont bientôt monter dans l’équipe sénior », révèle Diarra. Pour lui, la réussite de cette politique de formation tient à un consensus au sein de ceux qui ont les destinées du basket malien. « Cette vision est venue avec l’arrivée de Hamat Niang à la tête de la Fédération malienne de basket. Nous sommes venus tous ensemble avec un consensus sur cette politique. Au niveau de notre fédération, nous sommes tous du monde du basket. Soit nous avons été joueur soit arbitre international », note t-il.

Oumar NDIAYE / lesoleil.sn/ 04 OCTOBER 2012 09:36

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