Mali-Pays-Bas : Le football rapproche

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Mali-Pays-Bas : Le football rapprocheDes supporters maliens de l’équipe nationale néerlandaise de football réunis sous le nom #MSMPB sur le réseau social Twitter, ont été conviés à une réception à la résidence de l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas. En organisant cette petite fête, la représentation diplomatique néerlandaise voulait les remercier de leur soutien et discuter avec eux de la situation politico-sécuritaire du Mali.

#MSMPB (Mission de Soutien du Mali aux Pays-Bas) est un hashtag (ou mot-dièse), un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur l’Internet, créé spontanément  sur Twitter par Aliou Hasseye, un blogueur malien, en référence à la MINUSMA, en vue de supporter les Pays-Bas à la Coupe du monde Brésil 2014. Par la suite, plusieurs autres supporters maliens des « Oranges » se sont appropriés le hashtag pour marquer leur soutien à l’équipe nationale des Pays-Bas.

Aliou Hasseye a reçu un maillot (N° 11) de l’équipe nationale des Pays-Bas. Tous les autres invités ont également  eu droit à un maillot.

Au cours de la réception, l’ambassadeur Maarten Brouwer a passé en revue les axes d’intervention des Pays-Bas au Mali avant de donner la parole aux hôtes du jour pour leurs opinions sur les relations maliano-néerlandaises. À l’unisson, les jeunes blogueurs ont salué l’appui primordial du royaume dans le rétablissement de la sécurité et pour le développement de notre pays.  Les jeunes  ont saisi l’opportunité pour exprimer leur point de vue sur la gouvernance au Mali et le processus de dialogue enclenché à Alger. Certains ont marqué leur pessimisme quant à l’issue de ces pourparlers, tandis que d’autres se sont dits optimistes.

Le blogueur Aliou Hassèye n’a pas manqué de relever l’originalité de l’initiative de l’ambassade des Pays-Bas en soulignant qu’il est peu courant qu’une  représentation diplomatique discute directement avec de simples citoyens sur le devenir du pays. D’habitude, ce sont les dirigeants qui sont consultés. C’est une preuve de plus que les Pays-Bas veulent se démarquer de la coopération classique menée par certains partenaires  qui viennent avec des idées arrêtées pour les mettre en œuvre.

Le diplomate néerlandais a souligné combien « le sport en général, mais spécifiquement le foot, est un rassembleur ». Pendant la Coupe du monde, beaucoup de Maliens, ont supporté sur Twitter l’équipe néerlandaise.  Le hashtag de Aliou Hasseye a pris de l’ampleur au fur et à mesure des succès de l’équipe hollandaise qui est parvenue à se classer à la troisième place de la compétition. Cette plateforme a été encore utilisée pour des tweets et messages de condoléances à l’endroit du peuple néerlandais après le crash du vol MH 17 de la compagnie Malaysia Airlines qui a été abattu en Ukraine avec 298 passagers, dont 196 Néerlandais.

L’ambassadeur Maarten Brouwer a assuré que le point de vue de nos compatriotes sur les réseaux sociaux intéresse la représentation  diplomatique. «Il  faut forcément que nous écoutions tous les Maliens. Voilà une deuxième raison pour cette invitation », a-t-il dit.

Il a profité de la cérémonie pour présenter l’approche intégrée  de la coopération néerlandaise dans notre pays : défense/sécurité, diplomatie et développement, Etat de droit. Le volet défense et sécurité se fait à travers la participation à la MINUSMA. Quant à la diplomatie et au développement, les Pays-Bas sont présents au Mali depuis une quarantaine d’années. « Dans le troisième volet Etat de droit, nous visons surtout une réforme de la Justice, et des processus politiques inclusifs. Sans intervenir bilatéralement, nous suivons de très près la question de la réforme du secteur de la sécurité. Le volet diplomatie accorde une place importante au dialogue politique franc et ouvert avec l’Etat en vue de parvenir à une solution durable de la crise », a commenté le diplomate.

Le Royaume des Pays-Bas, a annoncé l’ambassadeur, vient de lancer un fonds flexible à Gao qui vise atténuer les effets de la crise. La moitié de ces fonds est réservée à des propositions collectives des jeunes (25%) et des femmes (25%).

A. DIARRA

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