Messi devant les juges pour s’expliquer sur une fraude fiscale

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L’attaquant star du Barça Lionel Messi est arrivĂ© jeudi au tribunal de Barcelone pour s’expliquer sur l’affaire de fraude fiscale qui empoisonne sa brillante carrière depuis trois ans, Ă  quelques jours du premier match de sa sĂ©lection argentine Ă  la Copa America.

Lionel Messi, 28 ans, est arrivĂ© au tribunal vers 10h15 (8h15 GMT) en compagnie de son père Jorge Horacio et de son frère Rodrigo. Barbu, le joueur vĂŞtu d’un costume sombre et d’une cravate noire sur chemise blanche Ă©tait attendu par des dizaines de journalistes et de curieux massĂ©s derrière des barrières. La majoritĂ© a applaudi et ovationnĂ© le quintuple Ballon d’or. Mais Ă  son passage ont aussi fusĂ© les cris “petit voleur”, “va jouer Ă  Panama!”.

La star du FC Barcelone et son père doivent s’expliquer sur une fraude fiscale de 4,16 millions d’euros sur ses droits Ă  l’image.

“S’il a fraudĂ© il faudra qu’ils le condamnent. Peu importe que ce soit une idole ou un ballon d’or”, disait Ă  l’AFP un jeune homme de 25 ans, Jose Seco de Herrero, restĂ© pour faire une photo de Lionel Messi. “Ce sont quatre millions d’euros en moins pour financer les hĂ´pitaux, les Ă©coles, les pompiers, les routes”, a-t-il ajoutĂ©.

“Bien sĂ»r, je ne trouve pas bien ce qu’il a fait mais les supporteurs continueront Ă  le soutenir”, estimait un retraitĂ© de 70 ans, AndrĂ©s Lopez, lançant “avec le petiot, nous gagnons tout!”

Le procès, entamĂ© mardi, a repris avec l’audition d’experts du fisc.

– “Maximiser la valeur” de Messi –

Messi prendra la parole moins d’une semaine avant le match contre le Chili de sa sĂ©lection argentine pour la Copa America prĂ©vu le 6 juin Ă  Santa Clara, en Californie (Etats-Unis).

Messi devant les juges pour s'expliquer sur une fraude fiscaleLes faits ne sont pas contestĂ©s. A partir de 2005, alors qu’il Ă©tait encore adolescent, sa famille a fondĂ© une première sociĂ©tĂ© offshore au Belize, petit Etat d’AmĂ©rique centrale considĂ©rĂ© Ă  l’Ă©poque comme un paradis fiscal.

Une structure destinĂ©e Ă  encaisser les bĂ©nĂ©fices tirĂ©s de l’utilisation de l’image de l’Argentin. Puis en 2007, cette sociĂ©tĂ© est remplacĂ©e par une autre compagnie fondĂ©e, cette fois, en Uruguay.

L’objectif: “maximiser la valeur” des gains du footballeur, a expliquĂ© mercredi devant le tribunal un avocat fiscaliste, Angel Juarez, chargĂ© de mettre en place cette structure. Ce conseiller avait choisi l’Uruguay car les rendements des droits Ă  l’image “n’y Ă©taient pas fiscalisĂ©s”.

Car le jeune prodige, qui avait traversĂ© l’Atlantique Ă  13 ans pour rejoindre le Barça, avait dĂ©jĂ  un avenir.

Le 1er mai 2005, il Ă©tait mĂŞme devenu le plus jeune joueur de l’histoire du club Ă  inscrire un but en Liga, face Ă  Albacete. Il avait alors 17 ans, 10 mois et 7 jours…

Le montage imaginĂ© par les fiscalistes aurait permis au footballeur d’Ă©viter de verser 4,16 millions d’euros d’impĂ´ts au fisc espagnol, correspondant Ă  ses gains avec des compagnies comme Danone, Adidas ou Pepsi-Cola entre 2007 et 2009.

– Messi, pas le gestionnaire –

Une Ă©vasion fiscale prĂ©sumĂ©e qui a valu Ă  Messi – aujourd’hui l’un des quatre sportifs les plus riches du monde selon Forbes – 21 contrĂ´les fiscaux Ă  partir de 2013.

Sans contester les faits, ses avocats tentent depuis le dĂ©but du procès de dĂ©montrer qu’il ne gĂ©rait pas ses affaires, dĂ©lĂ©guant tout Ă  son père, comme il l’affirme depuis le dĂ©but.

Les conseils n’ont cependant pas Ă©tĂ© en mesure d’expliquer quel rĂ´le exactement avaient jouĂ© deux autres sociĂ©tĂ©s Ă©voquĂ©es dans le dossier, l’une britannique et l’autre suisse. Selon le parquet, il s’agissait uniquement de sociĂ©tĂ©s Ă©crans visant Ă  masquer la fraude.

Ils n’ont pas non plus dit pourquoi Lionel Messi n’avait pas dĂ©clarĂ© au fisc qu’il possĂ©dait 100% d’une sociĂ©tĂ© en Uruguay.

Le joueur et son père ont dĂ©jĂ  versĂ© la somme qu’ils devaient au fisc plus les intĂ©rĂŞts de retard, soit quelque 5 millions d’euros. Ils risquent une peine de prison de 22 mois et une amende Ă©quivalente au montant de la fraude.

Cependant, s’ils Ă©taient condamnĂ©s, ils ne devraient pas ĂŞtre incarcĂ©rĂ©s car en Espagne, les peines infĂ©rieures Ă  deux ans ne sont en gĂ©nĂ©ral pas exĂ©cutĂ©es en l’absence d’antĂ©cĂ©dents judiciaires.

02/06/2016 11:12:40 –  Barcelone (AFP) –  © 2016 AFP

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