Mohamed Sissoko : « J’ai tellement faim de titres »

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Mohamed Sissoko

Il ne s’était pas exprimé depuis le début de saison. Mohamed Sissoko, le milieu franco-malien du PSG, attendait de recouvrer la forme après une longue blessure au genou. Mais quand il parle, Sissoko (27 ans) a des choses à dire. Et pas seulement sur le football.

Quel souvenir gardez-vous du match aller à Zagreb remporté 2-0 dans un stade presque vide ?

Mohamed Sissoko. C’était une rencontre vraiment bizarre. 

Je n’avais jamais connu ça en Ligue des champions (NDLR : les supporteurs locaux boudent cette compétition). C’était comme un match amical sans bruit. Maintenant, je m’attends à voir une équipe différente au Parc. Fatalement, Zagreb va vouloir arrêter de perdre tous ses matchs. Cette rencontre est un piège car tout le monde s’attend à ce qu’on gagne. On n’a pas le droit de lâcher le moindre point chez nous. Si on l’emporte, ce sera juste normal. Il faudra donc être sérieux et ne pas refaire les erreurs commises contre Saint-Etienne.

En avez-vous assez qu’on dise que vous êtes un joueur trop souvent blessé ?

Je me sens très bien. Ma blessure au genou a traîné mais elle est guérie. Je veux être très clair : depuis que vous voyez mon nom sur les feuilles de match, cela veut dire que je ne suis plus blessé. Donc si je ne suis pas toujours titulaire, ce sont des choix d’entraîneur. Je joue moins souvent que l’année dernière, alors que j’ai besoin de retrouver le rythme. Il me faut de la compétition.

Pendant votre convalescence, Matuidi et Chantôme vous sont passés devant dans la hiérarchie des milieux défensifs. Est-ce dur à vivre ?

Je suis un compétiteur, j’ai 27 ans et je suis un joueur frustré. C’est normal, non? J’ai encore des choses à démontrer et mon expérience dans mes clubs précédents parle pour moi. J’espère que j’aurai l’opportunité de montrer ce que je sais faire à l’entraîneur. Ensuite, je suis certain que tout se remettra en place. Le bilan, je le ferai en fin de saison, mais je ne suis pas un joueur de banc.

Depuis 2006, vous n’avez gagné aucun trophée. C’est une éternité pour un joueur de haut niveau…

Oh, oui. J’ai un beau palmarès mais il est bloqué depuis six ans. Mon armoire à trophées n’a pas pris de poids depuis trop longtemps! Cette année, il faut que ça s’arrête. Gagner, c’est une sensation énorme. C’est beau. Tu fais vibrer toute une ville et tu rends des gens heureux. Et j’ai envie de faire vibrer Paris. C’est ma ville. A 17 ans, avec Valence, j’ai gagné le Championnat d’Espagne, la Coupe du roi et la Coupe de l’UEFA. Je ne réalisais pas forcément que c’était énorme. Aujourd’hui, j’ai tellement faim de titres.

Disputerez-vous la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en janvier avec le Mali ?

Ça fait un moment que je n’ai pas mis les pieds en équipe nationale. Comme pour le reste, il me faut du rythme. Je ne ferme pas la porte au Mali. Si je dois y aller, c’est pour être à fond. Je n’ai aucun deal avec Patrice Carteron, le sélectionneur. Cette CAN me tient à cœur car je ne connais pas l’Afrique du Sud. Le Mali a une vraie chance.

Que représente le Mali pour vous ?

Je l’ai découvert à 18 ans, ce sont mes racines. Et avec les problèmes politiques en ce moment là-bas, c’est important de faire plaisir aux Maliens. Je ne suis pas un homme politique mais j’aimerais que le pays retrouve sa stabilité.

Vous intéressez-vous à d’autres sujets comme l’élection présidentielle aux Etats-Unis ?

Je suis obligé, même inconsciemment, de la suivre. Un Afro-Américain à la Maison-Blanche, c’est important. Et je serais content de voir repasser Obama.

Vous êtes musulman. On parle d’une montée de l’islamophobie en France. La sentez-vous ?

Moi, non, mais certains de mes proches ont eu des problèmes. Il ne faut pas tout mélanger et faire des différences selon les religions. Que tu sois juif, musulman ou catholique, tu dois pouvoir vivre ta foi comme tu l’entends.

Que faites-vous en dehors du foot ?

Je vais voir ma famille dans le XIXe arrondissement de Paris. Je vais au ciné. Là, j’ai vu « les Seigneurs » avec Ramzy et JoeyStarr. C’est marrant mais le vrai foot, ce n’est pas ça (Il éclate de rire.)! Je ne me suis pas reconnu.

Lisez-vous? 

J’ai fini récemment le livre de la chanteuse Diam’s. Cela m’a touché car c’est l’histoire d’une fille super célèbre mais malheureuse dans son succès. Elle s’en est sortie en retrouvant des valeurs moins bling-bling.

Et vous, que ferez-vous après le foot ?

J’aimerais devenir entraîneur. J’ai cette envie depuis cette année. J’ai connu Rafael Benitez, Claudio Ranieri et Carlo Ancelotti. Avec des calibres pareils, je suis obligé de picorer le meilleur de chacun (Rires.)!

Le Parisien  / Publié le 06.11.2012, 07h00

4 Réactions à Mohamed Sissoko : « J’ai tellement faim de titres »

  1. W

    Bon courage momo.

  2. Momo de Valence

    Pour moi vous êtes l’un des meilleurs joueurs au monde et je vous souhaite les meilleurs chances au monde………..