Paix et sécurité : L’arène sportive, un indicateur précieux

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omnisports
stade omnisports de Bamako
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stade omnisports de Bamako

Certaines réactions pendant et après la première édition du Tournoi de la Paix, de l’Amitié et de la Solidarité (TPAS) nous ont amené à comprendre que leurs auteurs n’avaient pas bien saisi les vrais enjeux de cette manifestation sportive que notre pays vient d’abriter du 20 au 28 février 2014. Comme le disait un intervenant dans un débat sur ce tournoi sur le web, «la paix ne se décrète pas sur un stade. Mais, à n’en pas douter, il s’agit d’une construction de longue haleine. Et le sport a aujourd’hui une part contributive non négligeable pour toutes les Nations».

 

Certes, cette initiative du ministre Mamadou Gaoussou Diarra n’a pas par exemple évoqué le chapitre de l’occupation de Kidal et la mise à terme aux attaques isolées.

 

 

Mais, pendant une semaine, elle aura permis quand même à 500 personnes de communier ici à Bamako, une ville dépeinte dans le monde comme étant «infréquentable» au même titre que Bagdad, Kaboul, Damas, Gaza City….

 

 

 

Aujourd’hui, il n’y a plus de risque zéro en termes de sécurité après l’attaque des Tours Jumelles de World Trade Center de Manhattan à New York le 11 septembre 2001. Mais, on est aujourd’hui autant en sécurité à Bamako que dans n’importe quelle capitale  africaine, voire du monde. Et pourtant, à la veille encore du Tournoi de la Paix, de l’Amitié et de la Solidarité (TPAS), certains médias tentaient toujours de prolonger la psychose d’une alerte sécuritaire sur fond de risque d’attentat terroriste à Bamako. À cause d’un travail de sape de certains médias occidentaux, beaucoup de gens pensent à l’extérieur que notre pays s’est transformé en véritable no man’s land. Et cela du Nord au Sud. «Comment vivez-vous dans cette grande insécurité à Bamako» ? C’est la question à laquelle nous devons répondre avec le calme requis sur les réseaux sociaux ou lors de nos missions à l’étranger.  «J’ai failli renoncer à venir, parce que je craignais pour ma sécurité», a reconnu une experte de la Fifa, membre d’une mission reçue en audience le 20 février par le ministre de la Jeunesse et des Sports. C’est à peine si elle ne confondait pas notre capitale à Mogadiscio. Mais, tout comme cette Dame, les participants au TASP sont retournés convaincus que notre capitale n’est pas plus dangereuses que Paris, New-York, Londres, Zurich ou n’importe quelle autre capitale ou mégalopole de ce monde. Ils sont aujourd’hui de meilleurs ambassadeurs pour défendre l’image de notre pays, sans qu’on ne crie au chauvinisme ou à une quelconque vanité. D’ailleurs le Malien est réputé trop timoré pour parler de lui-même, des atouts de son pays, etc.

 

 

 

Un vide comblé, des défis relevés

 

En réunissant tant de monde, «ce tournoi aura eu le mérite de démontrer» que le Mali n’est pas par exemple l’Irak et Bamako n’a rien de Bagdad ou d’un no man’s land sur le plan sécuritaire. Surtout qu’en une semaine, aucun incident d’ordre sécuritaire n’a été signalé dans notre capitale, pourtant en effervescence avec le séjour de Sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc. Ne serait-ce que pour cet acquis, nous pensons qu’il n’est pas raisonnable de dire que cette manifestation est une erreur de vision.

 

 

 

Par ailleurs, même si certains ne l’ont pas apprécié, prenant prétexte du «peu d’engouement» du public, «le monde du sport a eu à vibrer pendant la semaine. Et les Fédérations qui étaient concernées ont sans nul doute tiré profit de la confrontation et du contact d’avec les athlètes des huit pays participants». Nous ne pensons pas que l’encadrement technique des Aiglons (football) et des Aiglonnes (basket) démentiront ce citoyen qui intervenait ainsi sur la toile mondiale. Même si certains confrères semblent s’offusquer pour le budget (370 millions pour les frais d’organisation, les équipements, l’hébergement et la restauration, le transport interne, les trophées…), le tournoi aura permis de laisser un fonds d’équipements  (la jeune Fédération de tennis de table ne dira pas sans doute le contraire) pour que l’activité puisse se poursuivre.  Les pays invités ont par contre salué la prouesse financière de la Commission d’organisation pour non seulement avoir réussi à organiser un tel événement à un tel coût, mais aussi réussi à mobiliser tant d’annonceurs pour que le Trésor public n’ait pas à prendre tout le poids de la concrétisation d’une vision politique visant à redresser le Mali dans le concert des «Grandes Nations».

 

 

 

 

Aujourd’hui, aucun sacrifice n’est de trop pour tourner progressivement la page de la crise que nous venons de vivre dans nos chairs et âmes. «La paix, ce n’est pas un mot, c’est un comportement», aimait répéter de façon pédagogique le père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët Boigny (paix à son âme). Le comportement est aussi dans la vision qui conduit aux initiatives propices à la consolidation de la paix. S’il y a des valeurs aujourd’hui menacées par l’insécurité, c’est sans doute celles du sport. Souvent, terrain privilégié de la manifestation d’une violence soudaine et déconcertante, l’arène sportive est aussi le meilleur tremplin pour inculquer la paix dans les cœurs. Une paix qui se «construit dans le temps et avec des actions qui ne sont pas toujours militaires». Faisons l’économie des balles, en jouant au ballon pour nous retrouver et résoudre nos différends.

 

 

 

La magie des arènes sportives

 

De nos jours, et partout dans le monde, on se fait vite des amis parce que tout simplement nous pratiquons la même discipline ou nous supportons le même club. Et cela sans distinction de la couleur de la peau, de religion ou d’opinions politiques. Quelle belle image que de voir Manuel Valls et Nicolas Sarkozy côte à côte au Parc des Princes lors du classico PSG-OM (2-0) le 2 mars dernier. Pendant la dernière Coupe du monde junior, le public de Gaziantep supportait les Aiglons parce qu’ils admiraient Seydou Kéita, Mahamadou Diarra dit Djilla, Momo Sissoko et aussi parce qu’il se souvenait aussi des prouesses d’un Fernand Coulibaly qui a fait les beaux jours de plusieurs clubs turcs, notamment dans cette même ville. Ce qui peut paraître un miracle dans la vie de tous les jours, relève facilement du naturel dans les arènes sportives du monde entier. C’est cela la magie du sport !

 

 

 

Depuis le 4 septembre 2013, le Mali a entrepris sa longue marche pour la réconciliation et la reconstruction. Pour que cette marche soit inexorable, chacun se doit de jouer sa partition. Au ministère de la Jeunesse et des Sports, nous pensons que nous n’aurions pas été mieux inspirés qu’en rassemblant les jeunes africains et asiatiques (les Européens ayant décliné l’invitation pour les raisons qui leur sont propres) pour magnifier et célébrer la paix sur cette terre d’hospitalité et de tolérance. Nous avons l’intime conviction que c’était la meilleure façon d’apporter notre pierre à l’édifice national qui se construit solidement dans la synergie patriotique.

 

 

 

Les critiques, nous les acceptons quand elles sont objectives, c’est-à-dire quand elles ne visent pas volontairement à dénigrer une personne ou à saboter une initiative dans laquelle on n’a pas trouvé son compte. Les critiques et les suggestions, nous les acceptons volontiers parce que nous n’avons pas la prétention de croire que tout fut rose. Il y a eu des ratés et nous assumons toute la responsabilité, nous membres de la Commission d’organisation. Mais, sans aucune volonté de se justifier, force est de reconnaître que c’était aussi une édition expérimentale. D’ailleurs, nos invités en étaient conscients et ils ont été très compréhensifs en nous facilitant la tâche, en tolérant les difficultés auxquelles elles étaient confrontées pendant les premiers jours. Ils étaient aussi conscients que cette organisation est une œuvre humaine ; donc, qu’elle pouvait comporter des failles. Ce qu’on ne comprendra pas sans doute, c’est que les mêmes défaillances se répétaient lors de prochaines éditions. Toute œuvre humaine est perfectible, si on tire les enseignements des expériences vécues !

 

GENERAS

 

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