Seydou Keita, un bon joueur et un joueur bon

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Seydou Keita

Le milieu de terrain défensif malien est revenu sur son exceptionnel parcours, depuis ses débuts dans la pauvreté de son pays aux sommets avec le FC Barcelone.

S’il n’est pas la star la plus connue et reconnue du FC Barcelone, Seydou Keita n’en reste pas moins un des joueurs les plus appréciés par Pep Guardiola. Pas toujours titulaire, il rentre régulièrement en jeu pour apporter son calme et son expérience au milieu de terrain Blaugrana. Pas étonnant d’ailleurs que le Malien ait participé au deux victoires du Barça en Ligue des Champions, en 2009 et 2011. Invité de RMC, il est ainsi revenu sur son parcours assez exceptionnel.

Pourtant, ses débuts n’ont pas été des plus faciles, comme le prouve cette confession assez étonnante pour un footballeur. “Quand on est un jeune Africain, qu’on voit la misère qu’il y a en Afrique, on ne peut pas dire qu’on joue pour le plaisir. On joue pour gagner de l’argent, pour aider sa famille. Quand on quitte l’Afrique à 16 ans, on sait que c’est la meilleure opportunité pour aider ses frères et sœurs, ses parents. On a beaucoup de pression parce qu’il y a je ne sais pas combien de personnes derrière. Maintenant, on peut dire que je joue pour le plaisir. Mais quand j’ai quitté mon pays, ce n’était pas pour le plaisir. Quand c’est difficile déjà pour manger…”, lâche-t-il ainsi. La preuve d’un homme au grand cœur pour qui rien n’a jamais été acquis d’avance.

Ce caractère, il a en bien eu besoin pour percer dans ce monde du football professionnel, notamment lors de sa formation à l’OM, où malgré son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde U20 en 1999, il n’a jamais vraiment eu sa chance.“Pour quelqu’un qui sortait du centre de formation, qui venait d’Afrique en plus, ce n’était pas facile de s’imposer. J’avais envie de jouer. J’ai tout fait pour être prêté, pour démontrer mes qualités. C’est ce que j’ai fait à Lorient. Après, Tapie est revenu au club. Il a tout fait pour que les jeunes retournent à Marseille. Mais j’étais bien à Lorient”, détaille-t-il lorsqu’on évoque avec lui ses débuts en Europe.

Le déclic lensois

La vraie explosion de sa carrière, Seydou Keita l’a vécu à Lens. Transféré en 2002 en Artois, il mettra quelques saisons à s’imposer. D’abord positionné en ailier gauche par Joël Muller, c’est Francis Gillot qui le fait apparaître en pleine lumière en le repositionnant dans l’axe du milieu de terrain, une position qui ne l’a pas empêché de marquer 11 buts en 2006-2007. Ce club, il ne l’a pas oublié et il semble toujours occuper une grande place dans son cœur, surtout dans la tourmente que traverse actuellement le RCL : “Mon passage à Lens (2002-2007) m’a beaucoup marqué. J’ai grandi à Lens, j’ai tout connu. La difficulté comme le bonheur avec les supporters, le staff, le club. Après mon départ, ça a été compliqué. Mais il ne faut pas le lier au départ de Seydou Keita. Il y a pas mal de paramètres qui entrent en compte. Un seul joueur ne fait pas un club. C’est difficile actuellement pour Lens. Mais j’espère pour Gervais (Martel), pour tous les supporters, que l’équipe va remonter”.

Après une saison très réussie à Séville (2007-2008), il s’envole donc pour la Catalogne où il est devenu un des joueurs les plus appréciés de Pep Guardiola. A propos du magicien catalan, il livre d’ailleurs un sentiment là encore étonnant. “Je crois que ça a commencé quand on a joué la finale de la Ligue des champions, la première année (2008-2009). Tout le monde avait envie de la jouer. Le coach m’avait proposé de jouer latéral. Un poste où je n’avais jamais joué avant. J’ai dit OK. Je ne suis pas égoïste, mais personne ne peut refuser de jouer une finale de Ligue des champions. Je pense qu’il a beaucoup de respect pour moi par rapport à ça. Mais je ne ressens pas ça avec le coach. On ne se parle pratiquement pas. Je suis quelqu’un qui n’aime pas parler et encore moins avec les entraîneurs. Le coach parle toujours bien des joueurs. Ce n’est pas qu’avec Seydou. Le coach ne me fait pas de cadeau ! Si tu n’es pas bon, il te met sur le banc !”, lance celui qui va désormais essayer de porter le Mali aussi haut qu’il a porté le Barça. Et c’est tout ce qu’on lui souhaite…

 

Source: http://www.chronofoot.com

21 janvier 2012

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