Sortie de crise du football malien : «J’entrevois une embellie dans le ciel assombri…» dixit Seiba Coulibaly, ancien international

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Nous avons rencontré Seiba Coulibaly, ancien international malien de football, président de l’Assomaf (Association des anciens sportifs maliens en France), au lendemain du 1er match du championnat national de football du Mali, qui a eu lieu à Bamako, le jeudi 17 mars 2016,  entre le Djoliba AC et le Centre Salif Keïta.

 

Le Reporter : Pourquoi acceptez-vous une interview après cette rencontre ?

Seiba Coulibaly : Pour la simple raison que ce 1er match peut être considéré comme une renaissance du football malien. Tous les amateurs du ballon rond vous le diront : notre football a traversé une crise grave. Ces derniers temps, les joueurs maliens participaient à des rencontres internationales, sans qu’aucun championnat national entre clubs n’ait pu être organisé. Leurs dirigeants ne parvenaient pas à s’entendre. Début décembre 2015, je suis venu à Bamako pour finaliser l’organisation de la 2ème phase du Jubilé de Fantamady Keïta, meilleur joueur et meilleur buteur lors de la Coupe africaine des Nations, à Yaoundé (Cameroun), en 1972. J’ai été invité sur le plateau de l’émission sportive de l’Ortm du lundi soir, pour en parler. Le journaliste, Khalifa Traoré, m’a demandé ce que je pensais de la crise que traversait le football malien. Je n’ai pas voulu m’exprimer sur les tensions internes, je n’étais pas là pour ça. Je me suis contenté d’inviter tout le monde footballistique, toutes les Maliennes et tous les Maliens à venir le 26 décembre au Stade Mamadou Konaté de Bamako pour honorer Fantamady et faire de son Jubilé une grande fête.

Organiser un événement n’est jamais facile. Avec le recul, que pouvez-vous dire de ce qui a permis la tenue de ce Jubilé ?

Initié par l’Assomaf, le projet n’a pu être mené à terme que grâce à la détermination et à l’énergie de beaucoup de monde. Très vite après l’idée du Jubilé, une Commission d’organisation a été créée. La première phase a eu lieu le 29 août 2015, dans la ville de Romainville, en région parisienne. Ce fut un succès grâce au soutien de la municipalité, et de notre sponsor Wati B. Mangal Traoré, Consul du Mali en France ; Oumar Keïta, ambassadeur du Mali auprès de l’Unesco ; les artistes Amadou et Mariam et bien d’autres personnes ont honoré Fantamady de leur présence. La 2ème phase a pu avoir lieu à Bamako grâce à la Première Dame, Mme Keïta Aminata Maïga. Elle avait accepté d’en être la marraine et nous a vraiment beaucoup aidés. Nous l’en remercions très respectueusement. Nous remercions également le ministère malien des Sports, la Fédération malienne de football et toutes les personnes en France et au Mali qui ont permis la réussite du Jubilé, elles se reconnaîtront. Seul, on ne mène pas à terme un tel projet. Il a fallu une véritable synergie de volontés et d’efforts. Que chacun en soit à nouveau remercié.

Quel accueil l’organisation du Jubilé a-t-elle reçu du monde du football malien ?

Toutes les instances nationales dont relève le football, toutes les ligues, tous les clubs, toutes les associations de supporters, tous leurs dirigeants avaient reçu en octobre un courrier de l’Assomaf qui les informait de la préparation du Jubilé et les invitait à y participer. Nous n’avions fait aucune différence entre eux. Le concours de tous était nécessaire et souhaitable pour rendre hommage à Fantamady. Début décembre, l’ancien footballeur, Alou Wane ; l’ancienne basketteuse, Fatim Sangaré et moi-même sommes arrivés à Bamako. Nous avons rencontré les instances, en respectant l’organigramme national du sport malien : d’abord le ministère, puis la Fédération. Nous sommes ensuite allés vers les autres. Tous ont été conviés à notre première réunion. C’est là que nous avons constaté que même le Jubilé n’allait pas échapper à la crise de notre football. Refusant de s’asseoir à la même table que d’autres, certains ont préféré se retirer. Ça n’a pas été facile. Nous sommes restés dans l’incertitude jusqu’au dernier moment. Les dirigeants de l’Association des anciens footballeurs maliens sont venus remercier Fantamady à son hôtel, mais ils n’étaient pas sur le terrain le jour J. Je n’ai pas cherché à savoir pourquoi. Ce sont mes grands-frères ; nous avons joué ensemble, ils doivent savoir s’ils ont bien fait ou pas de ne pas avoir été présents ce jour-là.

Peut-on vraiment parler aujourd’hui d’une renaissance du football malien ?

Je n’ai jamais voulu entrer dans aucune polémique. Ce qui m’importe, c’est que notre football ne soit plus victime de cette crise de gouvernance. Le 1er match du championnat national de football du Mali a eu lieu hier (jeudi 17 mars 201). Il s’est bien déroulé. Donc, j’entrevois une embellie dans le ciel assombri du football malien. L’erreur est humaine. L’entêtement ne mène à rien. Ce qui importe dans la vie, c’est que les gens réfléchissent et fassent les pas nécessaires pour débloquer une situation qui nuit à tous. En tant qu’ancien international de football, je suis heureux de pouvoir espérer que la crise qui prenait en otage les chances de réussite de nos joueurs, soit enfin derrière nous. Le football est un jeu dont la valeur éducative et l’exemplarité ne doivent jamais être oubliées. Inutile que la gestion du football malien vienne s’ajouter à la crise dont notre pays peine à sortir depuis des années.

Propos recueillis à Paris par Françoise WASSERVOGEL

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2 COMMENTAIRES

  1. Si le dernier de la classe de Ibk affiche des résultats aussi élogieux à tous les niveaux de son département,on pourra alors dire Qu’il a le meilleur gouvernement au monde…Au lieu de râler AUTRE MALI, tu pourras porter plainte contre le ministre pour recel…Si le mot TRANSPARENCE te dérange, c’est ton problème.

  2. Mr le Ministre des Sports lorsqu’on a été pris la main dans le sac pour recel de vol de véhicule on est plus fondé à donner une leçon de morale ou de transparence. N’eut été le Mali, votre avenir serait conjugué au passé. Ce qui est sûr l’histoire vous rattrapera dans peu de temps. Soyez en sûr .Le mieux pour vous est de se taire surtout si vous saviez le dédain que le peuple malien à pour vous. Ce n’est pas pour rien qu’on vous traite de dernier de la classe.

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