FISAM : Une nouvelle centrale syndicale bientĂ´t sur les fonts baptismaux

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Après l’Untm, la Cstm, une nouvelle centrale syndicale dénommée la Fédération interprofessionnelle des syndicats autonomes du Mali (Fisam) est en gestation. Dans une déclaration intitulée ‘’Appel patriotique et responsable pour la création d’une troisième centrale syndicale’’, les initiateurs qui ont à leur tête, Dr Harouna Sissoko du Synaress veulent, au nom du pluralisme et des motivations on ne peut plus nobles, fédérer les membres de divers syndicats de travailleurs, notamment ceux jaloux des vertus morales et prêts à combattre la déperdition des repères.

Les initiateurs de cette 3è voie expliquent leur démarche par la perte vertigineuse des vertus morales qui sous-tendent le syndicalisme dans un système démocratique multipartite. Selon eux, le monde syndical malien est aujourd’hui à la croisée des chemins, sinon dans une impasse. Le paysage syndical malien connaît des crises récurrentes à l’interne : le manque de démocratie, bicéphalisme dans les démembrements (sections, comités…) de la plupart des syndicats nationaux est la parfaite illustration de cette crise. Cette situation est malheureusement orchestrée, manipulée et exploitée par des leaders syndicaux véreux et tapis dans l’ombre de la division de la haine et du mépris, poursuivent-ils dans leur diagnostic implacable. Pas étonnant, affirment-ils, que ces leaders travaillent toujours à étouffer toute tentative de création d’une nouvelle centrale syndicale à même de prendre en charge les préoccupations des travailleurs.

C’est pourquoi :

-Au nom de la constitution de la République du Mali, qui réglemente et garantit les libertés individuelles et corporatistes, dont le pluralisme syndical ;
-Au nom des lois n° 92-020 et 02- 053 relatives à la création de corporations syndicales et autres pour la défense ou catégoriels communs d’intérêts professionnels ;
-Motivés par les nombreux défis qui restent à relever dans les secteurs socio-sanitaire, pharmaceutique, économiques, sécuritaire et environnementaux, le manque de lisibilité à y trouver des solutions conséquentes, notamment pour le plan de carrière, le statut des conventionnaires et contractuels, la situation pendante des catégories B1 et B2, l’avancement et la bonification des travailleurs, la formation continue et qualifiante, l’emploi des jeunes diplômés, l’encadrement des pèlerins, les ristournes et primes de garde, les actes personnalisés, la syndicalisation des travailleurs, la sécurité et la protection des travailleurs sur les lieux de travail entre autres, etc.

Les initiateurs de la Fisam se disent révoltés par la balkanisation, l’effritement voire l’émiettement des différents syndicats nationaux survenus ou occasionnés à la faveur de la division clanique opérée ou orchestrée au sein de leurs institutions dirigeantes par des forces occultes. Face à ces dérives, il y a beaucoup de frustrés et de laissés pour compte. La Fisam adresse en conséquence un appel à tous ceux-ci pour leur adhésion. Car pour les membres du bureau provisoire, c’est seulement à travers un syndicalisme par conviction qu’on peut défendre les intérêts des travailleurs.

Alhassane Maïga

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