Ousmane Berthé, président de l’association des travailleurs compresses du Mali : « On a voulu faire de nous des parias sociaux ! »

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Le Président de l’Association des Travailleurs Compressés du Mali (ATCM), Ousmane Berthé, est plus que jamais présent au créneau, pour dénoncer la situation peu enviable faite aux travailleurs compressés du Mali, éternellement accablés par la précarité, du fait  des gouvernants. Ainsi, ils ne cessent depuis plus de 25 ans de revendiquer leurs droits, d’interpeller les autorités à les payer, afin qu’ils retrouvent leur honneur et leur dignité vendus aux chiens. Pourtant ce peuple laborieux, qu’on a mis à la rue, pour respecter les injonctions des institutions de Bretton Woods, par son travail, dans les conditions les plus dures, les plus exécrables et même au péril de leurs vies dans les profondeurs des mines, comme à la Sogemork, a mérité de ce pays. Pourtant, ces travailleurs déflatés ont vu leur existence, leurs familles, leur avenir et ceux de leurs enfants sacrifiés depuis 1991. Devenus des victimes expiatoires du PAS, les compressés ne sont plus que des oubliés de la République démocratique, des parias sociaux, à force d’être marginalisés de manière systématique par les pouvoirs publics, alors qu’ils vivent un enfer quotidien, souffrant la faim, les maladies et minés par le désespoir.

 

« Ce statu quo étonnant dans la situation précaire des compressés demeure parce que les régimes, d’hier à aujourd’hui,  n’ont pas agi en vrais démocrates »

 

Selon Ousmane Berthé, président de l’ATCM (Association des Travailleurs Compressés du Mali), le calvaire des compressés du Mali dure à peu près une trentaine d’année, avec l’ajustement structurel du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale.

En ce qui concerne le montant des droits spoliés des travailleurs depuis 1991 et la Transition Démocratique, il précise qu’à l’ origine, il s’agissait d’à peut près 100 milliards de FCFA pour les 33 sociétés liquidée. Mais que l’Etat, au fil du temps, n’a pas pu payer les montants dus. « On ne sait plus aujourd’hui combien ils ont payé et ce qui reste à payer. Ils concernent à peu près 50.000 travailleurs compressés  de ces 33 sociétés », regrette-t-il.

Mais ce que l’on constate avec lui, c’est que D’ATT à IBK, en passant par Alpha Oumar pourquoi il y a un statu quo étonnant. La raison ? Il panse que « ce statu quo demeure parce que ceux-ci  n’ont pas été de vrais démocrates. Ils sont pris leurs sous et payé de façon séparée, tantôt 10%, tantôt 20%. C’est ce que nous a amenés jusqu’à l’an 2000 et début 2016. Ils ont fait deux protocoles en 2003 et 2007. Malheureusement, ces protocoles n’ont pas absorbé les revendications. C’est le reste de nos droits que nous réclamons aujourd’hui ».

Actuellement, c’est Dr Boubou Cissé, le nouveau ministre de l’Economie et des finances qui tient en quelque sorte leur sort entre ses mains. Connaissant cet homme, un haut cadre financier venu de la Banque Mondiale, on peut craidre qu’il soit peu motivé à résoudre ce dossier sensible. Ce que corrobore Ousmane Berthé : « Nous constatons un grand silence de Boubou que nous ne comprenons pas. On a un peu de respect pour ce ministre. Malheureusement, son silence n’arrive pas à résoudre les problèmes. Bien qu’ayant gagné notre procès à la Cour d’Appel en février 2016 contre l’Etat, on  lui a signifié officiellement notre volonté d’arriver à une conclusion satisfaisante. Mais il reste encore dans le grand silence. Nous ne voulons pas renouveler la marche du 19 novembre 2015 dernier, qui a été une catastrophe pour eux et qui restera toujours un cauchemar pour Mamadou Igor Diarra, ancien ministre de l’économie et des finances. On veut une solution à l’amiable, avec une transaction pour finir cette histoire et voir le paiement des 41 milliards 900 millions de FCFA, qui sera la fin de cauchemar pour les travailleurs compressés du Mali ».

C’est la raison pour laquelle il appelle les autorités à respecter  les droits des citoyens et singulièrement de compressés. Car, ces derniers sont victimes d’année en année depuis 1991, d’un acharnement inqualifiable, qui confine à la cruauté. Ce respect, à son sens, est très important. Il faut, dit-il, que le Président de la république Ibrahim Boubacar Kéïta, le Premier ministre Modibo Kéïta et le ministre de l’économie et des finances Boubou Cissé se concertent, afin de trouver une solution définitive à ce problème.

Recueilis par Oumar Coulibaly.

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