Coup d'État au Mali : scènes de pillages à Bamako, le pays plonge dans l'inconnu

23 Mars 2012 - 08:30
Mis à jour: 15 ans
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[caption id="attachment_56375" align="alignleft" width="310" caption="Le capitaine Amadou Sanogo entouré de ses hommes, le 22 mars 2012 à Bamako. © AFP"][/caption] Prise du pouvoir par une junte isolée et menée par des jeunes, scènes de cambriolages et de pillages à Bamako commis par des soldats, arrestations de ministres et d'hommes politiques... Le coup d'État qui a eu lieu au Mali ressemble à un saut dans l'inconnu aux conséquences incalculables pour les droits de l'homme et la fragile démocratie malienne. Comme le disait jeudi à Jeune Afrique Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale du Mali : « Ces jeunes [putshistes, NDLR] ont énormément à prouver avant d’être applaudis par les honnêtes gens. » Et leur entrée en scène commence plutôt mal, à en juger par le manque de leadership dont font preuve ceux qui ont renversé dans la nuit de mercredi à jeudi le président malien Amadou Toumani Touré (ATT) - qui reste introuvable -, faisant au moins quatre morts et une quarantaine de blessés. Si une partie des Maliens, excédée par la corruption et le manque de succès militaires contre la rébellion touarègue et les djihadistes, peut comprendre les motivations de la junte, qui prétend vouloir rendre rapidement le pouvoir aux civils, les pillages en cours à Bamako risquent d'aliéner rapidement l'ensemble de la population malienne aux putshistes. Dans la journée de jeudi et dans la nuit qui a suivi, des particuliers ont été rackettés ou cambriolés; notamment dans les quartiers de Magnambougou et de Kalaban Koura, des voitures ont été volées même devant l'ambassade de France, les locaux de la présidence, de la radio-télévision nationale (ORTM) et des douanes ont été pillés et saccagés... Les jeunes militaires menés par le capitaine Amadou Hawa Sanogo sont dans un dilemme : aucun officier supérieur ne se serait pour l'instant rallié au coup de force, qui n'a réussi que grâce à l'appui des soldats de rang, ceux-là même qui commettent aujourd'hui pillages et cambriolages, en nuisant à l'image d'un mouvement qui reste très isolé, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Mali. Seul le Sadi est d'emblée favorable à la junte Parmi les hommes politiques, seul Oumar Mariko, lui-même un ancien protégé de Mouammar Kaddafi, et son parti de la Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), s'est prononcé en faveur des mutins. Par ailleurs, la junte a été unanimement condamnée par la communauté internationale. Ne lui resterait pour mener son programme à bien, sans employer une force démesurée, que de s'appuyer sur un soutien populaire fort, ce qui est encore loin d'être acquis... Dans ces conditions, la junte ne risque-t-elle pas de se radicaliser ? Quel est l'avenir immédiat pour le Mali ? L'extrême accélération des événements ne permet pas encore de répondre à ces questions. Mais une chose est sûre : la junte ne prend pas le chemin de l'apaisement avec l'entourage de ATT, dont elle retient prisonnier au moins trois membres du gouvernement. Il s'agit du Premier ministre Mariam Kaidama Sidibé, du ministre des Affaires étrangères Soumeylou Boubèye Maïga et celui de l'Administration du territoire Kafougouna Koné, qui seraient détenus « au camp militaire de Kati », ville-garnison à 15 km au nord-ouest de Bamako d'où est partie la mutinerie qui a mis fin au pouvoir d'ATT.   Mais bien d'autres responsables et hommes politiques seraient aussi retenus, probablement au camp de la police nationale, dont l'ex-Premier ministre Modibo Sidibé, candidat à la présidentielle qui était prévue le 29 avril prochain. Difficile de savoir dans ces conditions sur quoi débouchera la crise politique en cours. D'autant que les rebelles touaregs pourraient être amenés à pousser leur avantage au Nord du pays, ce qui risquerait de créer les conditions d'une véritable guerre civile. 23/03/2012 à 08h:42 Par Jeune Afrique

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Commentaires (19)

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Je viens de creer un compte twitter en vue de communiquer directement avec mes compatriotes maliens et africains.L'objectif est d'etre transparent et juste au jour le jour en vue de restaurer la confiance et le dialogue directe entre nous.La presse nationale sera une priorite concernant mes interviews et toute activite relative a la gestion des affaires publiques.je crois profondement a la liberte de la presse qui restera une realite absolue.Toute question ou sugestion serait la bienvenue sur mon compte twitter @AmadouHSanogo
maka52 15 ans
Bonjour, Si vraiment c’est le capitaine amadou h sanogo je suis vraiment content d’avoir communiqué avec vous et je vais vite aussi créer un compte twitte pour communiqué avec vous. Je vous soutiens à 100%
Lynx22 15 ans
Ah! Nous decouvrons l’hypocrisie a ciel ouvert!!!Les NECESSITEUX,BESOGNEUX maliens ont ete voles pendant 20 ans….. »400 MILLIARDS seulement pour la periode des 10 dernieres annees »,l’indignation n'a jamais ete ressentie….Quand les PRIVILEGIES de la REPUBLIQUE avec les comptes bacaires bien fournis sont victimes de pillage ,la c’est la fin du monde….Ca va faire mal, meme tres mal ,quand les CONTRATS de privatisation des entreprises etatiques seront mis a nu…ils seront tous demasques ,les detenteurs d’actions qui pensaient mettre leur progeniture en dehors du besoin… :arrow: :arrow: :arrow: :arrow: Hypocrisie quand tu nous tiens. :!: :!: :!: :!: :twisted:
zerrox 15 ans
our le MALI, J’en appelle aux combattants, ceux qui sont au front à défendre l’honneur du MALI. Je parle de GAMOU, OULD MEIDOU, de DIDIER DAKONO des Maliens venus de Libye, des soldats du Mali multiple et séculaire Votre sacrifice est noble et honore le pays. Vous vous êtes engager pour le MALI et votre serment vous lie au MALI et à aucune personne particulière. Ne vous laissez pas distraire par la petite victoire que des déserteurs viennent de donner à l’ennemi. Ne laisser personne remettre en cause le sacrifice déjà consenti. Battez vous , avec les mains nues s’il le faut pour l’honneur du pays. Et quand viendra la victoire finale, on ballera ensemble la maison du MALI. Parlez nous, dites au peuples Maliens ce dont vous avez besoins, servez vous des télés et des radios internationales pour se faire. Il faut juste amorcer le mouvement et vous verrez que le peuple est avec vous. Les anciens bambara disaient; « plutôt mourir que d’avoir HONTE » et je suis sur qu’il y a un équivalent en tamacheq, en arabe, en songoi, en peul, en bobo, en dogon… De par notre héritage, nous devons des comptes à l’histoire. Alors soyons au digne de nos ancêtres! pS’il vous plait, porter ce message jusqu’à ce qu’il arrive aux combatants du MALI.
<strong> Le CAPITAINE DU CHAOS a fait sa déclaration le jeudi 22 mars aux environs de 4h00 du matin, </strong> Nos BRAVES HOMMES POLITIQUES commencent leur déclaration le vendredi aux environs de 3h après midi, <strong>après avoir pris connaissance du sens du vent.</strong> Je demande à tout un chacun d'<STRONG>HORODATER chaque communiqué et de relever les COORDONNÉES GPS de nos BRAVES HOMMES POLITIQUES</STRONG> :twisted: :twisted:
DOUDOUBA 15 ans
DECLARATION D’IBK : Chers Compatriotes, C’est avec gravité et émotion que je m’exprime aujourd’hui, comme responsable politique, comme démocrate et républicain, mais avant tout comme Malien. Notre pays connaît une situation de crise d’une extrême gravité. La prise du pouvoir par des soldats mutins et l’annonce de la suspension des institutions de la République n’est rien d’autre qu’un coup d’État militaire. Je veux le dire aujourd’hui avec force et solennité : je condamne ce coup d’Etat avec la plus grande fermeté. À quelques jours de la commémoration de l’anniversaire de notre démocratie le 26 mars, ce coup de force ternit l’honneur du Mali, et entache gravement l’image de notre pays, jusqu’ici considéré comme un exemple en Afrique. À quelques semaines d’une élection où le peuple Malien s’apprête à choisir librement et démocratiquement son avenir, nul ne saurait légitimement se substituer par la force à la souveraineté populaire. Ce coup d’État est en réalité un coup d’arrêt à notre projet commun de changement pour un développement démocratique, auquel le peuple malien adhère dans son écrasante majorité. Seul un pouvoir démocratiquement élu, puisant sa force et son autorité dans la légitimité de la souveraineté populaire, sera à même de garantir l’unité nationale, de rétablir l’ordre sur l’ensemble du territoire, et de mener à bien l’indispensable redressement économique et social du pays. En concertation avec les principaux acteurs civils et politiques, l’ordre constitutionnel doit être immédiatement rétabli. Le calendrier électoral doit être maintenu, et les élections se tenir à la date prévue, le 29 avril, Pour rendre possible le vrai changement. Un changement que seul un pouvoir porté par les urnes et non usurpé par les armes peut porter et mettre en oeuvre. Chers compatriotes, depuis plusieurs années, je n’ai cessé de dénoncer la situation dans le Nord-Mali, et en particulier régulièrement appelé à un renforcement des moyens accordés à nos forces de sécurité pour lutter contre les rebelles et les bandits qui font régner la terreur dans notre pays. Je comprends donc le désarroi et la colère des soldats. Mais l’armée doit, en toute circonstance, garantir l’ordre constitutionnel. Soldats du Mali, c’est l’honneur de votre engagement et de votre mission. Par conséquent, je demande l’arrêt immédiat de toute violence, de tout tir, de toute arrestation, et de tout acte de vandalisme. Officiers, sous-officiers, militaires du rang, Forces armées et de sécurité, je vous demande de préserver à tout prix la vie de nos concitoyens, civils et militaires, sans exclusion. Je vous demande de libérer dans les meilleures conditions les personnalités arrêtées. Je vous demande de faire confiance au Peuple du Mali, pour que le changement que vous avez souhaité, que nous souhaitons tous, se fasse dans un cadre démocratique. Je vous demande d’aider le Mali à sauver son honneur ! Chers Compatriotes, Dans ces moments douloureux de la vie du Mali, il est très important que chacun d’entre nous garde son calme, que chacun d’entre nous reste digne. Il est indispensable que nous préservions l’essentiel: l’unité et la cohésion de notre Nation. C’est parce que nous serons unis que nous pourrons, tous ensemble, tenir des élections, mettre fin à la rébellion, améliorer les conditions de notre armée, et développer le Mali pour le bien–‐être de tous les maliens. Inch’Allah ! Vive la République ! Vive le Mali ! Je vous remercie. Ibrahim Boubacar Kéita Bamako, le 23 mars à 15h.
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