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L’histoire de Bafoulabé : Une ville abandonnée
 Soir de Bamako, 18/06/2008 Commentaires [ 1 ] E-mail Imprimer

La ville de Bafoulabé ou ville de la rencontre de deux affluents -le Bakoye et le Bafing- est l’une des premières villes maliennes les plus célèbres, à l’époque du colonialisme. Mais aujourd’hui, le temps semble avoir fait son oeuvre d’usure sur cette ville, la réduisant en une cité-fantôme presqu’entièrement en ruines ou en dérive.                           

Pourtant, rien ne présageait cette déconfiture totale de la ville très réputée, tant par son histoire que (et surtout) par le fait que Bafoulabé a donné naissance à plein de hauts cadres administratifs de ce pays.

 

Le temps de la grandeur et de la célébrité

          Le nom Bafoulabé signifie littéralement “deux fleuves qui se rencontrent” : ba foula (fila) bèn. C’est le premier cercle créé au Mali, en 1887, sous le commandement du colon français, Cauchon, qui dirigeait un peloton militaire cantonné au bord de l’affluent du Bafing situé sur la rive gauche. Aussi, la ville abrite la plus ancienne école française construite par les colons français et dont le directeur, Alexander Capillaire, est décédé en 1944.

         

Cette école a été la source de formation de hauts cadres maliens, avant même l’indépendance du Mali. Des cadres comme Fily Dabo Sissoko, Mamadou Konaté... qui sont devenus célèbres grâce à leur lutte pour l’émancipation et la dignité des maliens. Plusieurs générations de cadres se sont succédées par la suite, tous natifs de Bafoulabé.

         

Tels que le célèbre défunt Me Alioune Blondin Bèye, qui fut ministre des Affaires Etrangères du Mali et représentant de l’OUA en Angola, avant de décéder dans un crash d’avion en Côte d’Ivoire. Tels que l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, les ancien et actuel Premier ministres, les frères Sibibé : Mandé et Modibo. Sans oublier des députés comme l’honorable Sékou Idrissa Diakité, et d’autres hauts cadres et commerçants import-export issus de la localité...

         

Notons, par ailleurs, que celui qui fut l’un des plus grands footballeurs maliens est natif de la ville. En effet, Cheick Sala Sacko a assis sa popularité lors de la finale de la Coupe du Mali en 1979, entre son équipe (le Djoliba) et le Stade malien de Bamako. Depuis, on l’a surnommé “l’homme aux trois buts marqués... en trois minutes”, une prouesse qui n’a plus jamais été égalée.

 

Légende de Mali Cajo et origine de Bafoulabé 

          La ville s’est également rendue célèbre par la présence du légendaire l’hippopotame, Mali Cajo , qui fut un symbole emblématique de la ville. En fait, le mot Cajo est un terme soninké qui se prononce Mali Tiatio, et non Mali-Sadio, comme on a coutume de l’entendre. Selon nos informations, la ville de Bafoulabé fut occupée par des peulhs en transit, venant de la Libye.

          Mais très tôt, ils seront rejoints par les Bambarakè, et plus tard, par les Kassonkè. Administrativement, la ville est composée de trois quartiers : Wassolou, Allahina et Kergninianè où se trouve la chefferie. Avant de prendre le nom de Bafoulabé, la ville était constituée de trois cantons : Makadougou, Barenta et Niambia qui ont fusionné pour donner le nom de Bafoulabé. Car à l’époque, pour éviter toute polémique ou guerre entre les trois clans, un accord fut trouvé pour donner le nom actuel de Bafoulabé, en se référence à la rencontre de ces deux affluents : le Bafing (fleuve noir) venant de Mahina, et le Bakoye (ou Bagoué, fleuve blanc) venant de Toukoto.

 

          Ces ceux affluents se rencontrent pour se jeter dans le fleuve Sénégal. Mais aussi mystérieux que cela puisse paraître, ils sont encore séparés... par un trait blanc toujours visible.

 

Un spectacle désolant

          De nos jours, le cercle de Bafoulabé semble laissé pour compte, sinon à son propre sort, et cela après... 121 ans d’existence. Aussi a-t-on du mal à reconnaître cette ville qui faisait la fierté de la première région, voire du pays tout court. L’école construite par Alexander Capillaire est aujourd’hui complètement délabrée : les salles de classe, les tables-bancs, l’intérieur de l’enceinte..., tout est poussiéreux et en piteux état.

          Des établissements administratifs, sportifs, sanitaires et autres édifices, tout est en état de déconfiture très avancée. Malgré la rénovation du monument Mali Cajo, aucun entretien digne de ce nom n’y est apporté. D’ailleurs, la plaque d’immatriculation du monument a disparu depuis belle lurette, ravagée par l’érosion du  temps et ses intempéries.

          Pis, la route dite “Maloya Sirani” (route de la honte) qui, depuis des temps immémoriaux, relie Bafoulabé et Mahina, n’est toujours passa réfectionnée: elle n’est pourtant longue que... de 6 km. C’est dire que pour voyager entre les deux villes, c’est un véritable calvaire, sinon la croix et la bannière. Ce qui agace plus, c’est le fait que certaines structures vitales -dont l’hôpital nouvellement construit- ne sont pas encore dotées d’électricité, et ne fonctionnent que par groupe électrogène.

         

La principale difficulté qui, jusqu’à présent, n’a pu avoir de solution, c’est l’enclavement total de la ville, faute de routes dignes de ce nom. Ce qui oblige Bafoulabé à dépendre complètement de Mahina, en électricité et en produits de première nécessité, et pour cause : le chemin de fer traverse cette sous-préfecture de Mahina.

 

          Aujourd’hui, le néophyte ou l’étranger qui arrive pour la première fois à Bafoulabé et à Mahina a l’impression que... Bafoulabé est un hameau et que c’est Mahina la préfecture. Cela est du au retard de la ville par rapport à Mahina, sur le plan de l’infrastructure et de l’urbanisation. Pourtant, Bafoulabé est bel et bien la préfecture, et Mahina, la sous-préfecture.

 

Les hauts cadres natifs de la ville sont interpellés

         

Ce retard et ce délaissement de Bafoulabé incombent aux fils de la localité. Cette ville n’a-t-elle pas fourni deux Premiers ministres, deux ministres, beaucoup d’aures hauts cadres, des députés, des hauts conseillers des collectivités, des élus municipaux ? Ont-ils un seul instant songé à sortir la célèbre ville de la déchéance vers laquelle elle s’achemine inexorablement?

 

          Autant alors constater que quelque part, le manque d’initiatives et de volonté risque d’être fatal pour le développement de la ville. Ne serait-ce que pour honorer ses sites coloniaux et historiques, l’organisation d’un festival à Bafoulabé pourrait promouvoir ledit développement.

 

          Aujourd’hui, tout le monde est unanime à reconnaître que Bafoulabé ne mérite pas un tel sort, au regard de son passé, et surtout, de sa célébrité légendaire.

Sadou BOCOUM

Soir de Bamako, est seul responsable du contenu de cet article  
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Post par laissezmali  57,  le 18 Jun 2008 15:27:42 GMT
 
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