Lundi 22 Octobre 02:12 GMT 
à Bamako [La Météo]
maliweb.net
 Accueil  Politique Sports Économie Faits divers Musique Régions Monde Contributions Gastronomie Annonces   Nord-Mali Immigration 
Rechercher un article sur maliweb.net: 
Echos de nos régions
Kayes : Le pont fluvial réparé à près de 2 milliards de F Cfa
 Le Républicain, 07/09/2009 Commentaires [ 6 ] E-mail Imprimer

Après trois mois d’intenses travaux de réhabilitation avec de nombreux désagréments causés aux riverains, aux transporteurs et à tous ses usagers, le pont de Kayes a été de nouveau ouvert au trafic le vendredi dernier, 4 septembre 2009.

La réception provisoire du pont de Kayes faite ce jour-là par le ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga à la tête d’une forte délégation composée entre autres de chargeurs, de transporteurs, de l’AGEROUTE qui a assuré la maîtrise d’ouvrage déléguée et enfin des techniciens de l’Entreprise SOMAFREC qui a réalisé les travaux de réparation s’est vite transformée en une véritable liesse populaire. Les populations de Kayes ont en effet pris d’assaut le pont dont l’accès leur était interdit depuis le 29 mars 2009 pour raison de travaux. En ce jour béni du mois de ramadan qui a coïncidé avec le vendredi saint, les Kayésiens ont tenu à magnifier toute leur gratitude à Ahmed Diane Séméga, l’homme qui a mis fin à leur calvaire et surtout au gouvernement de la République du Mali qui a accepté de consentir un sacrifice financier de près de deux milliards de F Cfa pour rendre leur pont à nouveau fonctionnel.

Ce pont de Kayes qui a été construit, il y a une dizaine d’années pour promouvoir les échanges entre la ville de Kayes et les cercles du Nord de la région s’est très vite transformé grâce aux actions de désenclavement de la région réalisées par le gouvernement à savoir le bitumage des routes Kayes-Diboly, Kayes-Bamako, Diéma-Nara-Frontière mauritanienne, en un véritable cordon ombilical entre le Mali et ses voisins Ouest africains. Un cordon qui relie l’hinterland aux côtes maritimes du Sénégal et de la Mauritanie.

La crise ivoirienne déclenchée en septembre 2002 a contribué pour sa part à entraîner le basculement d’une bonne partie du trafic vers l’axe Dakar-Bamako. Et depuis lors, l’unique pont de Kayes a été fortement sollicité par les gros porteurs Sénégalais, Gambiens sans compter tous les transports particuliers, publics et commerciaux qui l’empruntent indubitablement à longueur de journée. Ainsi, la fréquence et l’intensité du trafic à partir du port de Dakar ont causé la dégradation rapide et profonde de l’infrastructure. Huit ans donc après la construction du pont, la dalle a présenté des poinçonnements récurrents qui se sont accentués au courant du deuxième semestre 2008.

Face à ces importantes dégradations sur le pont qui menaçaient considérablement la sécurité des usagers et la régularité des traversées du fleuve, le ministère de l’Equipement et des Transports, en charge de la gestion du réseau routier au Mali a alors décidé d’entreprendre, sous la maîtrise d’ouvrage déléguée confiée à l’AGEROUTE, des travaux de réparation du pont de Kayes.

Ces travaux ont démarré le 10 mars 2009 ont porté sur : la réparation de la chaussée submersible qui, malgré les lâchées d’eau de Manantali, a pu être réhabilitée et utilisée comme déviation pendant une bonne partie des travaux ; la reprise du tablier par la mise en œuvre d’un béton ayant des caractéristiques meilleures à l’existant ; le remplacement des appareils d’appuis et des joints de chaussée pour assurer une meilleure transmission des surcharges aux appuis ; l’exécution d’une couche de roulement en enduit superficiel bicouche ; la reprise de l’éclairage et de la peinture.

Ces travaux réalisés par l’entreprise SOMAFREC ont coûté 1 853 985 993 F Cfa et un délai d’exécution de 5,5 mois. Le contrôle a été assuré par le bureau d’ingénieurs SETCO pour un montant de 33 505 752 F Cfa.

Pour le ministre Ahmed Diane Séméga «la réhabilitation de ce pont était un mal nécessaire». Ce pont, dira-t-il, a subi de sérieuses dégradations qui menaçaient dangereusement son écroulement. Tout en rappelant que le pont de Kayes construit en 1998, est un ouvrage métallique de treize travées de 32,30 mètres par travée, soit une longueur totale de 420 ml, le ministre de l’Equipement et des Transports fera savoir que «le pont a été conçu avec les normes AASTHOS 25 pour un convoi de trois essieux dont la surcharge est 13 tonnes à l’essieu».

Avant la coupure du ruban qui consacre la réouverture du pont de Kayes au trafic, Ahmed Diane Séméga invite les usagers et particulièrement les transporteurs «au respect strict des surcharges routières qui constituent le gage pour une durabilité de nos infrastructures routières».

Quant au représentant du maire de Kayes, il fera savoir que «cette mise en service met fin à 3 mois de calvaire». Selon lui, le pont, véritable cordon ombilical entre les deux rives «donne le signal de la reprise du trafic national et international».

Le président du Conseil Malien des Chargeurs, Ousmane Babalaye N’Daou, quant à lui plaidera pour la réalisation d’un second pont à Kayes. Un appel qui sera d’ailleurs entendu car le ministre de l’Equipement et des Transports fera savoir que «le président de la République a donné instruction de réaliser un deuxième pont à Kayes».

Ce projet suscite un grand intérêt pour les populations de Kayes. En effet, malgré les travaux de réparation qui viennent d’être effectués, le pont de Kayes construit en 1998 ne répond plus aux exigences du moment. Avec la route Dakar-Bamako et l’intensité du trafic sur ce corridor, la construction d’un deuxième pont est devenue aujourd’hui une impérieuse nécessité.

Le président du Conseil Malien des Transporteurs Routiers du Mali, Youssouf Traoré donnera l’assurance que «la délégation régionale du Conseil Malien des Transports de Kayes restera à l’écoute des Autorités Compétentes pour une analyse objective de toutes les dispositions allant dans le sens de la préservation des investissements ainsi réalisés».

Les populations de Kayes qui sont les grands bénéficiaires de cette réouverture ont depuis le vendredi dernier, 4 septembre 2009 abandonné le bac de Gao, le pont flottant du Génie militaire et les pirogues de fortune au profit du pont de Kayes qui est de nouveau ouvert au trafic.

Birama Fall

Envoyé Spécial

********

Brèves


Le Génie militaire à l’honneur

Lors des travaux de réparation du Pont de Kayes qui ont nécessité sa fermeture pendant trois mois, le ministère de l’Equipement et des Transports avait pris des dispositions pour soulager les peines des usagers et des riverains. C’est ainsi que le bac de Gao a été transféré à Kayes et l’entreprise INACOM a été mise à contribution pour assurer la réparation et l’entretien de ce bac.

Le Génie militaire qui a aussi été sollicité en renfort avec un pont flottant a été d’un apport inestimable.

Son bac a une capacité de 80 tonnes. Il traversait par jour 150 à 180 petits véhicules ; 15 gros porteurs c’est-à-dire les remorques ; 20 à 30 véhicules 10 tonnes et 50 voitures. En moins d’un mois, le bac du Génie militaire a fait traverser plus de 2000 véhicules. Les tarifs variaient suivant les types de véhicules : voitures : 2000 F Cfa par traversée ; mini car 3000 F Cfa ; les 10 tonnes : 5000 F Cfa et 7500 F Cfa pour les gros porteurs.

C’est dire que le Génie militaire a contribué durant ces trois mois de calvaire au développement socio-économique du pays. Un travail aujourd’hui très apprécié par les populations de Kayes.


Les grands oubliés dans l’histoire du Pont de Kayes

Si le Pont de Kayes existe aujourd’hui c’est parce qu’à un moment donné de l’histoire certains ressortissants de Kayes se sont pleinement investis. Mais force est de reconnaître que les gens ont tendance à les oublier. Qui sont-ils ?

Il s’agit entre autres de Feu Mamadou Habib Diop, le père de Moustaph Diop de DFA-Communication. Jusqu’à sa mort, ce dernier s’est toujours consacré à la cause de la région de Kayes. Toutes les rencontres autour du projet du Pont de Kayes se tenaient d’ailleurs chez lui.

Du Notaire Me Gaoussou Haïdara, de l’actuel Maire de la Commune V, Boubacar Bah Bill et aussi de Feu Boubacar Diallo.

Ce sont ces gens-là qui sont les principaux initiateurs du pont de Kayes. Ce sont eux aussi qui ont sensibilisé les Kayésiens autour de ce projet mobilisateur et qui sont à la base du montage financier à travers la SRIK. C’est dans ce cadre que Amadou Djigué s’est fait remarquer en donnant la plus grande contribution.


Amadou Djigué honoré

Lors de la réception provisoire des travaux de réparation du Pont de Kayes, l’ancien président du Conseil Malien des Chargeurs et non moins Opérateur économique de renom était à l’honneur.

Le ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga et l’actuel président du Conseil Malien des Chargeurs, Ousmane Babalaye N’Daou lui ont rendu successivement un hommage mérité. Pour l’actuel président du CMC, c’est un agréable devoir pour lui de «saluer en la personne du président Amadou Djigué, le chargeur de qualité qu’il est et surtout le visionnaire qu’il fut en s’investissant dans la réalisation de ce pont». Nous lui assurons d’être à son écoute pour le plus grand bien du CMC. C’est là un geste élégant de Ousmane Babalaye N’Daou envers son prédécesseur. Quant au ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, il fera savoir aux populations de Kayes que «ce pont n’aurait sans doute jamais existé sans la détermination d’un homme, d’un chargeur, d’un opérateur économique, Amadou Djigué».

Ce dernier, foudroyé par l’émotion, n’a pu faire aucun commentaire. Faut-il rappeler que Amadou Djigué est le président de la Société du Pont de Kayes qui a assuré la maîtrise d’ouvrage de la construction de ce Pont en 1998 par l’entreprise espagnole Montages Nervion S.A.

C’est dire simplement qu’il était le grand bailleur de fonds.

 

Le Républicain, est seul responsable du contenu de cet article  
2837 hits
Remonter

Vos commentaires Modifier mon avatar 
Post par boudou45  24,  le 07 Sep 2009 19:16:04 GMT
 
combien coute un nouveau pont?
 
  Rpondre < boudou45 >
Post par à l'écoute  1618,  le 07 Sep 2009 12:39:09 GMT
 
Le Mali n'est pas si mauvais ,des ponts qui menacent il y en a ailleurs.Peut-être aurait-il
fallu un 2eme pont ,mais déja les moyens n'etaient pas suffisants pour le 1er
pont.Gouverner en Afrique est beaucoup plus difficile qu'ailleurs.Je suis sûr que les
autorités Maliennes connaissaient les faiblesses de ce pont.Il ne s'est pas écroulé et
donc pas de victimes à deplorer.
 
  Rpondre < à l'écoute >
Post par Yatelais  71,  le 07 Sep 2009 11:52:18 GMT
 
Un ingénieur, c'est un doué d'intelligence, d'ingéniosité, de prouesse. Mais au Mali on
a jamais vu d'ingénieur car aucune perspective : route Dabanani (Bko) ,centre ville, route
Bko-kkro... aucun esprit de prévision pour le futur. Donc l'Etat s'en fout du futur!!!! à
quoi sert la DNSI , le Plan ????
 
  Rpondre < Yatelais >
Post par Behanzin  828,  le 07 Sep 2009 11:03:42 GMT
 
Pourquoi l'état ne peut pas faire ''son pont'' à Kayes. Celui qu'il vient de rehabiliter
est une oeuvre des Kayesiens comme Habib Diop, Haïdara, Bill, Boubacar Diallo, etc qui ont
eu l'appui d'autres privés. En son temps, ce pont était destiné à rellier les deux
rives. L'état en a fait un outil de commerce international alors qu'il n'était pas
prédestiné à cela. Vivement un second pont à Kayes.
 
  Rpondre < Behanzin >
Post par bongo  184,  le 07 Sep 2009 09:43:43 GMT
 
Pourquoi la société en charge de la construction n'a elle pas prévu des surcharges pour
éviter des gaspillages pareilles. Je vois la un signe de corruption.
 
 
Rponse de < asd1975  4956 > < bongo >,  le 07 Sep 2009 09:50:54 GMT
 
tout projet au mali est l'occasion de voler mon frere. 2 MILLIARDS DE CFA pour reparer un pont ,ON SE FOUT VRAIMENT DES MALIENS
 
  Rpondre < asd1975 >

 Réagir cet Article !
Afin d'améliorer la qualité du débat sur maliweb.net, nous vous proposons de nouveaux  outils :
  • Devenez membre et votre commentaire apparaîtra immédiatement
  • Sinon, indiquez votre Pseudo (requis), et votre commentaire apparaîtra après modération
  • Pour pouvoir poster un commentaire, veuillez obtenir un compte.
    Poster un commentaire  
     
    NB. La rédaction de Maliweb vous demande d'éviter tout abus de langage en vue de maintenir le sérieux et de garantir la  crédibilité de vos interventions dans cette rubrique. Les commentaires des visiteurs ne refltent pas nécessairement le point de vue du Groupe Maliweb et de ses membres. Votre adresse IP est enregistrée. Vos commentaires n'engagent que vous, et non Maliweb ou ses membres.
     
     
    Autres Titres de l'Actualité
    Pour la dfense de la rpublique Codem en appelle l'union sacre
    Mali: ramnagement du gouvernement, ngociations Alger avec les rebelles touareg
    Dialogue Politique sur la recherche agricole pour le dveloppement en Afrique de lOuest : Donner la parole aux vrais acteurs
    Kati : Des jeunes en colre lancent une expdition punitive contre les familles touareg
    Attaques rebelles au Mali : Bamako at-il perdu le Nord ?
     
     
    Forums Rencontres Archives Horoscope Musique Petites Annonces Cuisine Portraits Etudiants Jeux
    © MALIWEB 2002-2011