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Education
Problématique des écoles privées au Mali : La responsabilité de l’Etat malien
 Aurore, 29/03/2010   E-mail Imprimer

Il y a de cela quelques années, notre école publique était  abandonnée à son propre sort et la priorité était plutôt accordée  aux écoles privées. Nombreux parmi ces établissements qui ne répondent pas aux normes académiques et sont détenues par des promoteurs sans scrupule et assoiffés d’argent. Ce sont généralement des enseignants en âge avancé et surtout préoccupés non par la qualité de l’enseignement, mais par le gain facile et rapide. La situation n’est hélas, en passe de s’améliorer.  Si créer une école privée dans notre pays s’avère ainsi facile, les conséquences sont pour le moins désastreuses pour élèves et parents, du moins pour le commun d’entre eux. Moins nantis, ces citoyens ordinaires ne peuvent faire octroyer des bourses d’études à leurs progénitures pendant qu’ils éprouvent du mal à assurer le pain quotidien. Quoi que ces écoles privées  jouent un rôle important dans la scolarisation de nos enfants, délaisser l’enseignement public au profit du privé est périlleux.

Les raisons d’une crise ?

Beaucoup de raisons sont avancées pour justifier ce phénomène : pauvreté,  manque d’éducation familiale, fuite de responsabilité des parents, bas niveau des élèves ainsi que des enseignants....  Une des raisons fondamentales que chacun fait semblant d’ignorer, n’est autre que ces nombreuses écoles privées dans notre pays particulièrement à Bamako.  Afin de réussir leur coup, les initiateurs des écoles privées avec des complicités haut placées, sont parvenus à berner leurs compatriotes sur les tares DES écoles publiques. Paradoxe ! La majorité  des cadres maliens ont pourtant été formés dans ces structures d’Etat. Il fallait en effet, faire admettre que l’Ecole publique n’avait plus d’avenir ; qu’il s’agissait de structures en pleine déperdition. La vérité est toute autre : ce sont bien ces écoles privées qui sont limitées.  Quand bien même, certaines d’entre elles jouent un grand rôle, il est faux de croire aujourd’hui que ces écoles privées sont meilleures.

Mais l’Etat malien aujourd’hui dépassé, ne fait qu’encourager le phénomène. Nos autorités estiment qu’en accordant la part belle à l’enseignement privé, surtout en terme d’infrastructures, l’école malienne s’en sortira. Naturellement, elles se trompent, car nos écoles privées, dépourvues  d’infrastructures adéquates et de personnel qualifié, sont loin de répondre aux attentes non seulement de nos autorités, mais aussi des usagers.

Une école sans local ou à cheval entre deux villas, sans matériels didactiques, sans personnel qualifié, tel est le constat amer de nombreuses  écoles privées dans notre pays.  Dans ce cas peut-on s’attendre à une éducation performante dans notre pays? Certainement pas avec ces écoles privées qui abritent nos enfants sous des hangars de paille ou de tôles ondulées et dans le pire des cas sans enseignants.

Un autre phénomène accélère la déperdition de l’enseignement. C’est le gonflage des notes, l’achat des surveillants des examens de fin d’années par les promoteurs afin d’obtenir les meilleurs taux de passage. Véritable outil de berne, non seulement des parents d’élèves, mais aussi de nos citoyens majoritairement analphabètes. Pire, dans ces deniers temps l’Etat utilise ces écoles pour contrecarrer  les syndicats d’enseignants des écoles publiques qui, d’année en année ne cessent de menacer l’école d’une année blanche par la rétention des notes. Par ailleurs, la plus part de ces écoles ont une autorisation de création  et non une autorisation d’ouverture. Mais peu importe, l’essentiel étant l’autorisation de création. Le reste fera objet de négociation avec les contrôleurs des CAP ou Académies moyennant, bien entendu des dessous de table. La majorité de ces promoteurs ne peut, en effet avoir une autorisation d’ouverture, car ne possédant ni local adéquat ni personnel qualifié.

Le pis-aller

En cette période de vacances, beaucoup prétendant se préparent à ouvrir des écoles. Afin d’avoir l’approbation des autorités de tutelle, ils n’hésitent pas à montrer des chantiers en finition de tierces personnes comme le  local sensé abriter la nouvelles école. Evidemment, le contrôleur du CAP n’insiste pas pour des raisons évidentes.   L’école ouvre ainsi ses portes mais pas sur le site initialement indiqué mais certainement dans une maison de 30 mètres carrés et morcelée en couloirs.

La fin de cette anarchie n’est pas pour demain. De nombreuses écoles  privées ont, dans les mêmes conditions, ouvert leurs portes et d’autres sont attendus l’année prochaine.               F.M

Aurore, est seul responsable du contenu de cet article  
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