Le sort du Mali se joue en partie à Ouagadougou

07 Juil 2012 - 10:23
Mis à jour: 14 ans
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Les négociations en vue d’un gouvernement d’union condamnent la classe politique malienne à s’entendre avec elle-même pour commencer de régler les vrais problèmes du pays.

[caption id="attachment_78347" align="aligncenter" width="600" caption="Bamakois réclamant le retour complet du pouvoir au civil après le putsch du 22 mars, 26 mars 2012, Reuters"][/caption] D’abord annoncé, le président Dioncounda Traoré du Mali ne viendra plus à Ouagadougou, pour «raisons médicales», affirment ses proches. Un signe avant-coureur? La rencontre de Ouagadougou est en fait un mini-sommet ouest-africain devant permettre de trouver une issue à la crise du Nord Mali. Cette crise voit d’ailleurs se multiplier les manifestations de colère face aux abus des groupes islamistes. Reste donc à savoir quels acteurs politiques viendront effectivement deBamako pour prendre part aux travaux devant déboucher sur la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Ouaga, «nouvelle capitale» du Mali

Au sommet de samedi 7 juillet à Ouagadougou, le présidentBlaise Compaoré du Burkina Faso et différents chefs d’Etat de la région doivent échanger avec des représentants de la classe politique et de la société civile du Mali. Ceci, en vue de constituer un gouvernement d’union nationale devant être, selon la Cédéao, «plus inclusif» que le cabinet actuel dirigé par le Premier ministre Cheick Modibo Diarra. On espère que la nouvelle équipe gouvernementale de transition pourra davantage répondre à la crise dans le nord du Mali. En tout cas, pour l’heure, la ville de Ouagadougou semble être devenue provisoirement la nouvelle capitale du Mali. Depuis trois mois, le Mali se trouve coupé en deux. Après un épisode marqué par les revendications indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), les choses se sont compliquées avec l’occupation du terrain par des groupuscules terroristes encadrés par Aqmi. Ces derniers, presque sans adversaires en face, ont pris plaisir ces derniers temps à commettre des sacrilèges et à réprimer publiquement les personnes ne se conformant pas aux exigences de la charia, selon la compréhension qu’ont les nouveaux occupants illégaux et illégitimes du Nord Mali. C’est donc visiblement à Ouagadougou que va se jouer le destin du Mali ce week-end et dans les prochains jours. Il faut de toute urgence, à ce pays, un gouvernement d’union nationale ayant les faveurs de tous. Reconnu au plan international, celui-ci détiendra alors toutes les cartes entre les mains. Lui reviendra, entre autres, la tâche de gérer la mobilisation contre l’occupant illégal, notamment en donnant une âme à l’armée malienne.

Trouver un consensus

Médiateur officiel, Blaise Compaoré, le chef de l’Etat burkinabè, sera entouré à l’occasion de certains de ses homologues. Les semaines passées à rencontrer les différents protagonistes et à chercher le bout du tunnel, n’auront certainement pas été faciles. Dans des litiges du genre, il faut parfois savoir serrer les dents, à la fois ouvrir et fermer les yeux comme la bouche, se boucher les oreilles et s’empêcher de sentir les odeurs autant que les émotions. Ne s’engage pas dans la médiation en Afrique, qui craint d’avoir à gérer des susceptibilités. Il faut avoir appris à ménager la chèvre et le chou, et surtout faire preuve de patience et d’écoute active. Car, il y va aussi de la préservation de la paix dans l’ensemble de la sous-région qui comprend plus d’une quinzaine de pays et plus d’une centaine de millions d’habitants. La responsabilité est lourde et toute erreur de jugement ou de stratégie pourrait être fatale. C’est aussi pourquoi les acteurs politiques maliens attendus à Ouagadougou devront s’efforcer de surmonter leur ego, pour trouver des solutions consensuelles à leurs problèmes. Ils doivent comprendre que les Africains se désolent de plus en plus de les voir s’entredéchirer, alors que l’ennemi se trouve ailleurs, dérange la quiétude des populations et nargue un peu tout le monde par leur propre faute. Il y a urgence à taire les divergences, pour sortir le peuple malien de la détresse dans laquelle l’ont justement plongé les acteurs politiques eux-mêmes. Plutôt que de sommeiller, il faut chercher à se réhabiliter à ses yeux, en passant outre les sempiternelles querelles de chiffonniers. Celles-ci auront conduit à exposer inutilement la République et ses populations aux diktats d’aventuriers en tous genres.

La classe politique devant ses responsabilités

Dans la capitale burkinabè, les représentants maliens ne devront pas dormir, à l’image des nombreux réfugiés qui souffrent aujourd’hui des conséquences de leur manque de clairvoyance. Car, la situation que vit ce pays voisin et frère, résulte bien de la mal-gouvernance. De cela, toute la classe politique doit se sentir responsable. Il faut arrêter de trouver des boucs émissaires un peu partout, et se dépêcher de regarder dans la même direction. Ceux qui accourent au chevet du Mali, n’ont pas la même part de responsabilité dans la gestion de la crise que ceux qui ont déjà eu à gérer le pays ou en sont présentement les principaux acteurs, au pouvoir ou non. Chacun doit se convaincre que de sa bonne foi et de son ardent désir de paix et d’entente, dépendra véritablement la préservation de l’héritage de Soundiata Keïta et des légendaires régnants de ce grand pays. Il ne sert à rien de ruer dans les brancards, encore moins de fourbir les armes, quand on n’est pas prêt pour le combat. Par contre, il convient de s’ouvrir au dialogue, s’accepter mutuellement au nom des souffrances qu’il faut éviter à tout prix à ses propres concitoyens et aux autres populations. Dans la situation actuelle, s’abstenir de tout aventurisme constitue un impératif. A la classe politique malienne d’arrêter de tourner en rond et de s’assumer. La réunion de Ouagadougou ne doit pas être une réunion de plus; mais une réunion qui consacre le début de la fin d’une crise qui n’a que trop duré, avec son cortège de morts, de désolations et de souffrances inadmissibles.   slateafrique.com / 06/07/2012

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Commentaires (21)

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Amiridje
Amiridje 14 ans
Les vampires du FDR n'ont pas fini de succer le sang de ce pays moribond. Leurs égoïsmes et leurs orgueils les aveuglent sur la souffrance du peuple et l'humiliation de la nation. Est ce qu'on a besoin d'être dans un gouvernement pour aider son pays? En 2Oans de pouvoir, ils ont enfoncé ce pays par la demagogie, l'hypocrisie, la corruption, l'inconscience et l'absence de patriotisme. Mes respects au peuple malien.
phare
phare 14 ans
Est foutu qui accepte d’avoir à domicile dans ses casernes et ses villages des casques bleus de l’ONU ennemi de la paix et des relations internationales stables et fondées sur le respect des principes de souveraineté, d’égalité et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Depuis sa création, pendant la période de la guerre froide, l’institution au service du camp occidental impérialiste a été freinée dans sa servilité à servir les intérêts exclusifs de celui-ci. Mais depuis le démantèlement du mur de Berlin et la chute du camp soviétique, l’ONU reste caporalisée par les prédateurs impérialistes, contre la paix et la sécurité mondiale. Elle accompagne désormais, la déstabilisation des relations internationales, soutient les politiques d’ingérence coloniale impérialiste, d’exportation et d’assassinat de la démocratie au bazouka et à coup de missiles. A ce titre, il ne faudrait pas se tromper et s’illusionner sur ce que sont devenus aujourd’hui l’ONU et ses appendices locaux que sont l’UA et la CEDEAO: des institutions au service de l’OTAN et de l’hégémonie des USA et sous-fifres européens contre la paix mondiale et la souveraineté des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Les Maliens sont prévenus contre la classe politique corrompue qui s’amuse à Bamako avec le destin de la Nation. Ils sont prévenus contre l’ONU-assassin de la paix, l’Otan-criminel, les barbouzes occidentales et les mercenaires que les fantoches de la CEDEAO et de l’UA s’apprêtent à déverser à domicile, non pas pour les libérer mais pour les asservir aux intérêts de l’impérialisme et de la fameuse gouvernance mondiale. A méditer: l’indépendance et l’unité du Mali ne dépendent que des Maliens seuls.
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
LA CEDEAO NE VEUT PAS ARRACHER AUX MALIENS LEUR SOUVERAINETÉ, ELLE LES ÉPAULE POUR L’ASSUMER. NE PAS SE TROMPER DE COMBAT (QUI NE DOIT PAS ÊTRE CONTRE LA CEDEAO), C’EST AUX MALIENS DE PRENDRE LEURS RESPONSABILITÉS ET D’ASSUMER LEUR CITOYENNETÉ A TRAVERS LA GOUVERNANCE PARTICIPATIVE (PARTICIPER AUX DÉCISIONS A TOUS LES NIVEAUX) ET LA DÉMOCRATIE Bonjour, Après ce mini sommet de la CEDEAO consacré au Mali, plusieurs Maliens se posent des questions sur sa pertinence et ont l’impression que la CEDEAO leur arrache une partie voire toute leur souveraineté. Certainement pas, ce sommet a été très utile car il a permis à certaines parties prenantes Maliennes de s’exprimer et a montré que la CEDEAO ne veut pas arracher aux Maliens leur souveraineté. Le Mali appartient aux Maliens, la CEDEAO en est consciente, c’est pourquoi la constitution finale du gouvernement d’union nationale est restée sans réponse car c’est aux Maliens de choisir leurs dirigeants. La CEDEAO a proposé aux Maliens de faire des propositions et des consultations entre Maliens, les semaines à venir. De ces dernières, naîtra un nouveau gouvernement. J’espère qu’il sera juste une extension du gouvernement actuel, pour les raisons invoquées dans ma proposition d’équipe gouvernementale, dont, plus de stabilité et pour une rapidité de prise de décisions pour répondre aux besoins des Maliens car l’équipe actuelle connait déjà les dossiers. Que les Maliens contribuent (citoyenneté) à ces consultations et que le Premier Ministre et le Président prennent leurs responsabilités, ainsi sera proposé un gouvernement, qui, de toute façon, ne conviendra pas à tous les Maliens (il y en aura toujours qui trouveront à dire). L’ESSENTIEL, C’EST D’ACCEPTER UN CONSENSUS PERTURBANT LE MOINS POSSIBLE LES INSTITUTIONS ET QUI RÉPONDE AUX BESOINS DES MALIENS, QUI SE RÉSUMENT A PROPOSER UNE SOLUTION DURABLE A LA CRISE ET A PRÉPARER DES ÉLECTIONS PROPRES ET DÉMOCRATIQUES. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE E-mail: [email protected]
Chiwara
Chiwara 14 ans
Le multipartisme est l epine du pied di Mali aujordhui. En trahissant CMD et son gouvernement,les partis politiques Maliens trahissent le peuple tout entier, l honneur et l integrite. Un peuple,Un but et une foi,pour qui???? Qu en faites vous?????
sanogo
sanogo 14 ans
REFUS2 CONVENTION CAPITAINE ? Refusé transition at courir après des postes ministériel. quel honte?
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