Communiqué conjoint : La garde nationale utilisée dans la répression contre les manifestants

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L’attentat de Gao
Les responsables des deux regroupements

Le samedi 8 décembre 2018, les forces de l’ordre ont, sur ordre du gouvernement, réprimé avec une brutalité inouïe la marche pacifique organisée par la COFOP, le FSD et l’Association ADEMA. Plusieurs manifestants ont été interpellés et placés en détention. D’autres ont été grièvement blessés. Parmi les victimes: Mme Dolo Nana Amidou Diabaté, 29 ans, mère de deux enfants. Elle a été la cible d’une agression barbare aux environs de la Gare Ferroviaire de Bamako en milieu de journée. Une quinzaine de militaires de la Garde Nationale et de la Gendarmerie se sont rués sur cette jeune femme, l’ont rouée de coups de crosses de fusils et de gourdins. Ils l’ont giflée et frappée avec leurs chaussures. Mme Dolo présente, plusieurs jours après cette bastonnade, une bosse sur la tête, de multiples ecchymoses visibles sur tout le corps et a le visage tuméfié. Nos organisations condamnent avec la dernière énergie cette agression inqualifiable. Elles rendent le régime responsable des tortures et des actes cruels, inhumains ou dégradants infligés à Mme Dolo. Quatre jours après cette honteuse bastonnade, malgré les vidéos qui circulent abondamment sur les réseaux sociaux, il n’y a eu aucune réaction des autorités de fait, aucune plainte ordonnée par le ministère de la Justice, aucune enquête interne de la Garde Nationale et de la Gendarmerie. Par leur silence et leur inaction, tous ces responsables couvrent de leur autorité les agissements des tortionnaires de Mme Dolo. Nos organisations dénoncent le détournement des missions de l’armée, par son utilisation illégale et scandaleuse dans la répression des manifestations. Par ailleurs, la CoFoP, le FSD et l’Association ADEMA saluent le courage et la détermination de leurs militants et sympathisants. Ils les exhortent à serrer les rangs et à rester mobilisés et déterminés. Nous souhaitons prompt rétablissement aux blessés et exigeons la libération inconditionnelle des détenus.

Bamako le 12 décembre 2018

Pour la CoFoP, Housseini Amion Guindo

Pour le FSD, Hon. Soumaïla Cissé

Pour l’Association ADEMA, Mme Sy Kadiatou Sow

Communiqué de la CNDH relatif à l’interdiction des manifestations publiques sur certains lieux et itinéraires

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 COMMUNIQUE N°034-2018-/CNDH

Malick Coulibaly
Malick Coulibaly

Suite à l’arrêté n°57/GDB.CAB du 04 décembre 2018 de monsieur Gouverneur du District de Bamako interdisant les manifestations publiques sur certains lieux et itinéraires, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) rappelle que la liberté de manifester pacifiquement sans troubler l’ordre public participe de l’exercice démocratique et constitue un droit fondamental des Droits de l’Homme. Il en résulte que même en période d’état d’urgence, toute restriction à ce droit doit satisfaire les conditions de nécessité et de proportionnalité. Or, la CNDH observe que jusqu’ici les interdictions de manifestations publiques ont davantage généré de troubles qu’elles n’ont contribué à les prévenir.

En conséquence, la CNDH :

– condamne toute violation du droit à la liberté de manifester ;

– appelle le Gouvernement à l’observance de ce droit constitutionnel ;

– invite les forces politiques et les organisations de la société civile désireuses d’entreprendre des manifestations publiques dans les zones et itinéraires concernés à inscrire leurs actes dans la légalité, en usant plutôt des voies de recours prévues par la réglementation en vigueur ;
– exhorte l’ensemble des forces vives à créer et maintenir un climat politique apaisé dans l’intérêt supérieur de la nation malienne.

Pour la CNDH, la prévention des troubles, porteurs de violations des droits humains, est une responsabilité partagée.

Bamako, le 07 décembre 2018

Le Président

Maître Malick COULIBALY 

Chevalier de l’Ordre National

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