Culture de la paix au Mali : Les axes prioritaires définis

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Bamako, 22 janvier 2016 : le bureau de l’UNESCO à Bamako et le ministère de la Réconciliation nationale ont organisé, les 18 et 19 janvier 2016, un atelier de réflexion sur l’élaboration d’un programme national sur la culture de la paix au Mali. La cérémonie d’ouverture était présidée par M. Zahabi Ould Sidi Mohamed, Ministre de la Réconciliation nationale, en présence de Mme Mbaranga Gasarabwe, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour la MINUSMA et Coordinatrice du système des Nations Unies au Mali, de M. Edouard Matoko, Directeur du Département Afrique et Représentant de la Directrice générale de l’UNESCO, de M. Oumar Kéïta, Ambassadeur et Délégué permanent de la République du Mali auprès de l’UNESCO, et de M. Lazare Eloundou, Représentant de l’UNESCO au Mali.

Des experts internationaux en provenance de la France, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Niger et du Burkina Faso ont participé à cet atelier. Etaient également présents une soixantaine de représentants de la société civile de toutes les régions du pays, des structures gouvernementales dont la Commission nationale pour l’UNESCO, du système des Nations Unies et de la MINUSMA, du corps diplomatique et des organisations nationales et sous-régionales. Cet atelier était organisé dans le cadre de la mise en œuvre la Résolution 38C/11 adoptée au cours de la 38e Conférence générale de l’UNESCO et visant à appuyer l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali.

A l’ouverture des travaux, M. Zahabi Ould Sidi Mohamed a adressé ses vifs remerciements au système des Nations Unies qui, depuis l’éclatement de la crise, est resté aux côtés du Mali pour soutenir le retour à la paix et promouvoir le développement en général. Il a ajouté que cette activité entre dans le cadre du programme triennal (2015-2018) élaboré par son département ministériel pour une culture de la paix. Se référant aux évènements récents de l’Hôtel Radisson, il a notamment affirmé que « la paix est une affaire de tous les maliens ». Pour sa part, Mme Mbaranga Gasarabwe a présenté l’atelier comme un signe complémentaire de l’engagement de la communauté internationale aux côtés du Mali, dans sa quête de paix et de cohésion sociale. Elle a réaffirmé la nécessité de faire de la paix non pas une priorité, mais une passion. Elle a ensuite considéré le retour à la paix comme la base indispensable à l’effectivité de la démocratie, de la justice sociale et du développement humain. M. Edouard Matoko s’est quant à lui félicité des efforts du gouvernement malien pour la consolidation de la paix. Il a rappelé que l’appui à l’accord de paix est un premier pas vers l’accompagnement indéfectible de l’UNESCO en faveur du Mali, et a insisté sur le fait que le pays ne sera pas seul dans ce processus. Abondant dans le même sens, M. Oumar Kéïta a salué le soutien constant apporté par l’UNESCO à son pays. Il a indiqué que l’atelier de Bamako marquait la première étape du processus d’élaboration du Programme national sur la culture de la paix au Mali, tout en saluant à nouveau la signature de l’accord de paix qui l’a rendu possible et qu’il considère comme un acte majeur de la vie de la nation.

A l’issue de l’atelier, l’approche participative et inclusive qui a animé les travaux a permis de dégager des axes prioritaires, de même que des initiatives concrètes à prendre en compte dans l’élaboration de ce programme national. De l’avis des participants, le programme devra intégrer des initiatives innovantes s’inspirant des pratiques endogènes de résolution des conflits, de protection des droits humains, et vectrices de paix et de cohésion sociale.

Le programme devra dans sa première phase, permettre de cartographier les acteurs clés présents sur le terrain, sur toute l’étendue du territoire national, ce qui permettra de créer un système d’alerte et de mobilisation. Ces acteurs de la société civile devront bénéficier d’activités de renforcement des capacités pour leur permettre de mener les actions de médiation et de dialogue intercommunautaires, ainsi que de sensibilisation, aussi bien aux niveaux formels que non formels.

Les femmes et les jeunes seront les principaux bénéficiaires de ce programme qui soutiendra également leurs initiatives socioéconomiques, en vue de favoriser leur autonomisation. Enfin, la créativité, de même que qu’une approche prospective pour la promotion d’une culture de la paix seront favorisées. L’utilisation de nouveaux outils et canaux de communication et de sensibilisation pour lutter contre la radicalisation et l’extrémisme violent figure également en bonne place des recommandations de l’atelier, de même qu’une meilleure promotion du rôle moteur de la société civile pour accompagner un tel programme pour une transformation effective dans les communautés.

Enfin, une feuille de route a été adoptée, définissant le cadre de l’élaboration d’un document de base du programme national issu des recommandations de l’atelier, intégrant une stratégie de mobilisation des ressources et des partenaires de mise en œuvre, ainsi qu’un échéancier de validation technique et de présentation officielle du document final au gouvernement du Mali.

Pour plus d’information, bien vouloir consulter le site du bureau de l’Unesco à Bamako :http://www.unesco.org/bamako

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