Zakiyatou Oualett Halatine accuse ATT: «Je ne m’attendais pas à une telle connivence de votre part»

09 Fév 2012 - 16:13
Mis à jour: 15 ans
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A Son Excellence Monsieur le Président de la République du Mali, Permettez-moi, Son Excellence Monsieur le Président, de vous faire part de ma colère et de mon indignation par rapport aux incidents graves dont ma famille et moi-même avons fait l'objet. [caption id="attachment_46720" align="alignleft" width="150" caption="L’ex-Ministre  Ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Zakiyatou Wallett Halatine"][/caption] Mon étonnement est que les services de sécurité et militaires et peut-être vous-même, car je ne peux pas penser un seul instant que vous n'étiez pas au courant de ce qui allait se passer, n'ayez pris aucune disposition pour l’anticiper. Je suis en droit de me poser la question de savoir si, pour faire taire vos sœurs et épouses militaires, vous avez préféré nous livrer à la vindicte populaire, alors que vous m'avez toujours appelé ma sœur et appelé mon mari votre maître. Vous avez choisi la même voie que mes voisins et amis de la ville de Kati, à qui j''ai témoigné respect et amitié pendant dix ans de bon voisinage. Au moins, cela a le mérite d'être clair et concis. Entre amis, parents, on se regarde en face et on se dit la vérité. Ceci n'a pas été le cas du côté de mes voisins et de vous, l'autorité suprême, de qui je ne pouvais pas attendre une telle connivence. Je pense que j'ai eu, donc, tort de croire à une fraternité et à une amitié. J'ai eu tort de vous faire supporter ma présence, car il n'est pas poli de s'inviter soi-même à une table à laquelle vous n'êtes pas convié. Ce n'est pas la première fois que ce qui s'est passé arrive, contrairement à ce que beaucoup pensent et font croire: que nous sommes des gâtés de la République. En 1991, au vu et au su de toute la garnison de Diabaly et des autorités de cette ville, c'est toute ma famille qui s'est retrouvée refugiée en Mauritanie, après l'assassinat sauvage de mon oncle à Sokolo et le pillage de toutes nos maisons et de nos biens, qui ne nous ont été jamais restitués. Ce fut aussi le décès de ma sœur et de ses trois (3) enfants, tentant de fuir les atrocités. Voyez-vous, Son Excellence Monsieur le Président, nous avons souffert et continuons à souffrir autant, sinon plus, car nous, Monsieur le Président, on ne nous reçoit pas à Koulouba pour nos doléances et on ne daigne même pas demander ce qui advient de nous. Quand on pille, vole, viole les Touaregs, c'est une vengeance, et c'est normal. Dites-nous, Monsieur le Président, que c'est malgré vous que nous sommes vos citoyens, et nous comprendrons. C'est plus simple et cela évitera des milliers de morts et de souffrances inutiles. Dans cette affaire, nous souffrons. Et cela n'a pas commencé aujourd'hui. Oui, en effet, Son Excellence Monsieur le Président, j'ai été sidérée de voir qu'aucune autorité habilitée ne s'est inquiétée de savoir ce que nous devenions après le pillage de notre maison et les tentatives de porter atteinte à notre intégrité physique. Contrairement à ce que l'on apprend aux Maliens, nos pères et mères se sont battus et ont donné de leur sang pour que le Mali soit. Nous-mêmes, les nouvelles générations, avons fait de notre mieux pour avoir l'estime de nos amis et concitoyens et de la République. Je ne peux m'empêcher, en ces moments difficiles pour mes enfants et moi-même, de penser à mon grand frère, qui a subi le même sort que moi et qui a quitté le Mali dans les conditions similaires, en 1991, après que sa maison ait été pillée, vandalisée et qu’il ait été menacé de mort, avec toute sa famille et ma grand-mère (morte en exil), qui a vécu en exil près de 20 ans. Je pense aussi à mon cousin, le défunt Mohemedoun Ag Hamani, le grand frère de «votre ami», qui fut sauvagement assassiné à Tombouctou. A ma sœur Zeinabo, dont le domicile, la clinique et la pharmacie ont été vandalisés et pillés le même jour. Zeinabo, c'est la perfection. Pourquoi a-t-on laissé les gens lui faire vivre ce cauchemar? Personne, à Kati, ne peut dire qu'elle lui a porté tort. Elle en est simplement incapable. Sa récompense a été cet acte sauvage et inhumain, quatre heures passées avec son fils dans ce cauchemar. Ces moments me font penser, aussi, aux proches de mon mari, les Kel Essouk de Gao, pour lesquels la République ne rend jamais justice. Alors que lui se battait pour la paix. Pourquoi, cela, vous ne l'avez pas dit et expliqué à mes sœurs de Kati, quand elles sont venues vous voir? Cela aurait peut-être atténué leur douleur, car le malheur n'est l'apanage de personne, malheureusement. Entre citoyens républicains, on se regarde en face et on se dit ce qui ne va pas. J'ai pensé que la République était une et indivisible, mais je découvre, avec beaucoup de regret, que cela dépend de votre origine et couleur. Malheureusement, Monsieur le Président, c'est le faciès qui détermine les égards auxquels on a droit. C'est «eux» et «nous», ce qui dure depuis 50 ans maintenant. Monsieur, le Président, entre Républicains, on doit se dire la vérité. On ne peut pas mentir à son pays, à ses amis, sinon, quel est donc le sens que l'on peut donner à ces deux grands mots? Je suis sûre, Son Excellence Monsieur le Président, qu'un jour, des Maliens dignes fils, respectueux des valeurs africaines, feront rejaillir cette vérité, n'en déplaise. Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux de mes amis qui ont bien voulu nous apporter leur soutien et leur amitié, sous de multiples formes. Je vous prie de bien vouloir accepter, Son Excellence Monsieur le Président de la République, mes très hautes et distinguées salutations. Zakiyatou Oualett Halatine. Ancienne Ministre

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Commentaires (59)

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Dongo 15 ans
C'est très triste. L'état a failli. C'est la conséquence de ce chienlit que tous s'accordent à dénoncer sous le régime d'ATT. Vous avez vous la chance d'avoir été ministre dans ce pays, donc votre voix compte. Mais moi, mes deux frères ont été tué, un à Léré, il était professeur d'anglais. L'autre juste un cultivateur sauvagement assassiné à Fafa. Ils ne sont même pas comptabilisés dans longue liste des victimes de l'incapacité du pouvoir d'ATT à assurer la sécurité de personne humaine du Mali. ATT ne le sait même. Et son ministre qui n'a rien vu venir, au lieu de le démettre, il obtient une promotion. Tout comme l'ensemble des ses camarades de la hiérarchie qui après avoir étalé leur incompétence dans la prévision et la gestion des évènements d'après le match Mali-Togo, ont tous été promu. Comme pour faire un pied de nez, à ceux qui ont perdu la vie ou leur bien. Ce qui devait servir à indemniser les victimes, c'est les bourreaux qui l'ont empoché. C'est la constance du régime ATT. Vivement qu'il s'en aille. Même quand il viendra à vous compatissant, ne le croyez pas, il vous rit sous cape. Vous avez notre sympathie n'en doutez pas. Nous comprenons votre colère et savons que les mots en cette circonstance ne sont que des mots. On n'a jamais perdu autant le sens de "l’État" que sous ce régime. A l'ouverture des casernes après le 26 Mars 91, nous l'avons tous vu à la télé, s'alarmer dans son français proche de celui du "Combattu de 14-18" du dénouement total de ses congénères. Vingt ans après tout le commandement s'est mue en homme d'affaires qui avec des villas, qui avec des champs ultra modernes, qui avec des belles nymphettes de Bamako et d'ailleurs laissant la troupe sans même ce qui fait d'elle une arme. Le jugement de l'histoire sera implacable pour celui que les louangeurs affublent de toutes les épithètes de grand bâtisseur de la nation. En réalité, les grands chantiers ne sont ouverts que pour l'énorme détournement auquel ils donnent lieu. Si ailleurs le temps de garantie d'une route asphaltée était de dix ans, sous nos cieux cette garantie est dix jours (voir la route Bamako-Bougouni). Une réussite cependant, nous réduire tous à l'état de pantin, incapable de la moindre révolte. L'état de décomposition de nation est telle, qu'il ne peut qu'y pousser dessus de nouveaux citoyens justes, capables d'union dans la diversité ou d'intelligente séparation.
Prince94 15 ans
On Sens foue de ton discours de merde vous été tous parfait au nord le Mali reste unis on partage pas le Mali jamais fermé ta gueule et va travaillé ce tous ce qu'on vous demande vous été la bas on vous donne tous au retour ce la merde dégage
Blocus2 15 ans
Mme n'a vraiment pas honte. Elle parle de maison saccagée. Demandez là si elle est venue avec du Nord. C'est de l'argent volé de l'Etat et l'argent de la drogue trafiquée par ses frères du MNLA.
Blocus2 15 ans
Bravo mon général Sadio, continuez votre mission. Vous au moins vous être entrain de justifiez votre grade de général. Les autres continuez à faire les commissions de Lobbo. Avant avril il faudrait nous arrivons à anéantir ces imbéciles qui retardent notre développement. Ils sont inutiles et nuisibles.
Blocus2 15 ans
Madame, je rejoint mes prédécesseurs, qui sème le vent récolte la tempête. Vous êtes tous les mêmes. Cette situation vous pouviez jurer au nom de dieu que vous n'étiez pas au courant de toutes ces combines sur le dos du peuple Malien. Ces discussions nocturnes dans vos salons feutrés, des armes qui sont envoyées au Nord dans vos véhicules avec des laisser passer souvent de la présidence. Ce n'est que le début du commencement. Nous allons extirper les maivaises graines sous nos pieds partout où il sont sur le Territoire Malien. Si ATT appelle ton mari son Maitre c'est son problème. Par ce qu'il a oublier ses origines. Aucun responsable Touareg n'a condamné ce carnage qui a eu lieu à Aguelhoc, alors que vous pilluler dans toutes les sphères de l'état. C'est dommage, mais nous connaissons les vrais Touaregs maliens qui ne sont pas les hypocrites qui attendent à être dédomagés à coup de milliard sur le dos u contribuable maliens et souvent même au détriment des parents de nos braves soldats qui ont perdus la vie au Nord. Nous allons veiller à tout cela au moment venu. Courage et continuer à contempler les merveilles dans les autres pays tout en versant l'huile sur le feu. Quant est ce qu'une minorité, des minables peuvent se prévaloir aujourd'hui la division de notre pays pour des motifs qu'ils sont délaissés. Tombouctou, GAO pouvez vous diriger les sonrhai, les peulh, les arabes?Si jamais ça devait se passer ce qui parle aujourd'hui d'indépendance seront exterminés par nous autres. C'est l'Etat à sa tête un Général en carton qui vous a donné tout ce temps.C'est un conseil pour vous. Rester tranquile sinon même là où vous êtes nous allons vous trouver là bas et vous montrer que les descendants d' Askia, de Sonni Ali ber sont toujours aux agaies.
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