Jean-Baptiste TRAORE, un Surdoué de la Mécanique : rn«Si toutes les conditions sont réunies, je suis capable de fabriquer une dizaine de motoculteurs par mois»

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Jean-Baptiste Traoré, communément connu sous l”appellation de "Vieux" est-il né avec une clé à crémaillère dans la main droite ? On ne le sait pas. En revanche, ce qui est incontestable c”est qu”il est un génie de la mécanique. Jugez-en par vous-même : à 43 ans ce menuisier métallique, qui a abandonné l”école en classe de 5ème année de l”école fondamentale et qui n”a fréquenté aucune école professionnelle, a déjà mis au point un motoculteur à partir notamment d”un moteur "Honda CG 125" et divers matériels qu”il s”est procuré localement.

Cette trouvaille, pour la petite histoire, n”a rien à envier aux motoculteurs sortis des usines de l”Occident mais coûte trois à quatre fois moins cher. Elle pourrait, selon son concepteur, être acquise sur le marché à moins d”un million de F CFA. Grâce à sa créativité et à son sens de l”innovation, M. Traoré a pu équiper sa machine, à partir de matériels de récupération, d”accessoires tels que socs et semoirs. Des socs opérationnels sur tous les terrains au Mali, des sols les plus durs aux plus tendres.

Le soc du motoculteur fabriqué par Jean-Baptiste Traoré est capable de s”enfoncer jusqu”à 40 cm de profondeur. L”intéressé nous a confié que grâce à sa machine fabriquée depuis 2004, qu”il lui est arrivé de récolter 60 sacs de 70 kg de maïs. Last but not least, deux litres d”essence suffisent pour labourer un hectare.

De par son génie créateur, Jean-Baptiste Traoré produit depuis déjà des années, des pompes hydrauliques "Galva", conçues à la fois pour puits modernes et traditionnels. Il en a déjà installé une demi-douzaine. D”un coût total de 200 000 F CFA (y compris la main d”œuvre), ces pompes sont très recherchées par les maraîchers et les propriétaires de vergers.

Sa créativité a, par ailleurs, permis à notre génie de la mécanique de fabriquer des machines-outils à l”image de la presse de plis pour les portes et fenêtres métalliques. Grâce à cette machine-outil, il arrive à produire dans son atelier de menuiserie métallique sis à Kati Mission 1000 lames par jour contre une centaine avec le procédé classique qui exige plus de temps et d”énergie. C”est le cas aussi de la plieuse de tôles qu”il a inventée et qui facilite la fabrication des armoires, des portes etc.

Cette trouvaille lui vaut d”être constamment sollicité par ses pairs du coin. Faut-il encore parler de sa décortiqueuse de maïs? Notre génie n”entend pas s”arrêter en si bon chemin. Il est présentement en train de mettre au point un tracteur à partir d”un moteur de "R12". "Ce qui me bloque dans la réalisation de ce projet, c”est surtout le manque de fonds. Je ne doute aucunement de ma capacité à inventer un tracteur bon marché (2 millions de F CFA) adapté aux réalités de notre pays" nous a-t-il confié avec assurance.

En fait, le rêve de "Vieux" est de produire en série ses prototypes de motoculteur et de tracteur et contribuer ainsi au développement économique de son pays et à la lutte contre la pauvreté. "Si toutes les conditions sont réunies, je suis capable de fabriquer une dizaine de motoculteurs par mois. Pour le tracteur, les choses étant plus compliquées, une unité par mois serait dans mes cordes" a-t-il ajouté. Pour réaliser ce projet, Jean-Baptiste Traoré assure qu”il n”a besoin que de 10 petits millions de F CFA. Les autorités compétentes seraient bien inspirées de lui venir en aide si tant est qu”elles veulent asseoir le développement économique du Mali sur la promotion du secteur agricole.

Yaya SIDIBE

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