“ATTCRATIE” : IBK y est-il pour quelque chose?

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Si des soupçons pesaient sur le Président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéïta, principal challenger d’ATT aux élections présidentielles à venir, d’avoir une main invisible derrière le pamphlet “ATTcratie : la promotion d’un homme et de son clan”, sa citation comme témoin dans le procès pour diffamation contre la maison d’édition française l’ ‘‘Harmattan” peut fortement entamer sa côte de popularité à moins de 4 mois du 1er tour du scrutin présidentiel. rn

         En effet, ils sont aujourd’hui quatre hauts responsables du Mali à être désignés par l’ “Harmattan” dans le procès en diffamation qui oppose celui-ci au PDG de la Société ivoirienne de concept et de gestion (SICG) comme étant de probables informateurs du sphinx, pseudonyme emprunté par l’auteur ou les auteurs de “ATTcratie”. Il s’agit de l’honorable Ibrahim Boubacar Kéïta, Président du RPM et de l’Assemblée Nationale du Mali, de Mousa Balla Coulibaly, Président du CESC et du Patronat malien, Président d’honneur de l’UDD, de Jeamille Bittar, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), et du Président de l’ordre des architectes du Mali : De ces quatre personnalités, IBK est celui qui va faire les frais de cette révélation de l’ “Harmattan”.

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          A noter que ces personnes sus-mentionnées ne sont nullement accusées dans le procès qui oppose le PDG de la SICG et l’ “Harmattan”. Seulement, dans cette affaire où Mohamed Saïdi, PDG de la SICG, réclame à l’ “Harmattan” 1 million d’euros et 100 euros par livre vendu comme dommages et intérêts pour l’avoir diffamé, cet éditeur a cru bon de désigner ces responsables comme étant des témoins qui pourraient l’aider à se tirer d’affaire. Le faisant ainsi, il les désigne du coup comme des personnes par lesquelles le Sphinx a pu accéder à certaines informations classées “secret d’Etat”.

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       Y sont-ils réellement pour quelque chose? Dans tous les cas, en ce qui concerne IBK, il dit net, dans l’interview qu’il a accordé à la RFI, n’être au courant de rien sur le livre tract “ATTcratie’’. Il a affirmé aussi de n’être point informé par l’ “Harmattan” qu’il est cité comme témoin dans le procès qui oppose celui-ci au PDG de la SICG.

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       Il y a un énigme dans cette affaire, et le conseil de Mohamed Saïdi, piloté par l’excellent avocat français de renommée internationale, Me Jacques Verges, promet de le démonter point par point d’ici la fin de l’année 2007. En attendant, la révélation faite par l’ “Harmattan” prête à confusion. IBK va-t-il réagir? Fera-t-il comme si rien ne se passe? Toujours est-il que cette simple citation faite par l’ “Harmattan” peut avoir des effets négatifs sur son image dans la perspective des élections présidentielles.

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       Accusé déjà par certains de ses détracteurs de se confondre dans une logique de victimisation à chaque fois que les évènements le dépassent, parviendra-t-il à convaincre les Maliens qu’il n’ en est rien dans la publication de “ATTcratie” après ces révélations de l’ “Harmattan? Voilà une autre paire de manches du seul combat qui reste à IBK, à savoir celui de sauver son honneur en cette veille des prochaines joutes électorales. Certainement que le prochain Congrès du RPM, prévu vers la fin de ce mois, sera mis à profit par IBK pour tirer cette affaire au clair. Peut-être qu’il s’expliquera par rapport à cette affaire avant le congrès. Cela est tellement vrai que les militants, qu’il le veuille ou non, lui demanderont des comptes. Autrement dit, IBK est dans de sales draps tant que cette faire ne sera pas tirée au clair.

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           L’avenir politique d’IBK, sinon son rêve d’homme d’Etat, se joue donc autour du livre “ATTcratie”. En effet, après ses déclarations sur RFI et après avoir qualifié le pamphlet d’ignominie, il serait vraiment beaucoup plus dommageable à IBK, si jamais il venait à être démontré qu’il est effectivement une des sources de l’auteur ou des auteurs d’ “ATTcratie”. Et si tel devait être le cas, le châtelain de Sébénicoro n’a que le temps de ramasser ses affaires et dire adieu à la politique tout comme à toutes autres grandes fonctions administratives du Mali.

rn         Connu pour son intégrité, son franc-parler et son “Kankélétiguiya” la balle est désormais dans son camp. Et il n’a pas intérêt à rater son tir, sinon les électeurs, à leur tour, ne lui rateront surtout pas lors de la finale d’avril prochain. Disons quand même courage à IBK, en attendant la suite de cette affaire que la 17e Chambre Correctionnelle du Tribunal de la  Grande Instance de Paris s’apprête à tirer au clair le 17 janvier prochain.

Adama S. DIALLO

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