ENTRE NOUS : L’autre Sphinx, ou le berger à la bergère

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La couleur blanche, selon une de nos nombreuses sagesses populaires, sied mieux au bélier qu’au bouc. Depuis la semaine dernière, les Maliens ont découvert, non sans un haut le cœur, des tracts qui apparaissent comme la réponse du berger à la bergère. Ce, à bien des égards, tel le choix par exemple des personnes ‘’flinguées’’ qui ont été toutes suspectées, à un moment ou un autre, d’être en rapport avec Le Sphinx. Mais, apparemment, de la simple présomption, on est passé à la certitude.

Dans quatre feuillets ‘’souillés’’ dans ‘’le caca’’ de la haine et de la vengeance, certains veulent faire comprendre à Monsieur le président de la république du Mali qu’ils lui rendent un fier service en faisant pire que le Sphinx, en excellant eux aussi dans la médiocrité, dans la bassesse, dans la fange.

Ces étranges amis du président ATT n’ont imaginé d’autres formes de réactions aux allégations contenues dans le fameux livre, qui a la prétention de combattre le système actuellement en place, que le coup par coup. L’autre Sphinx, s’il faut lui coller un nom a-t-il été bien inspiré ? Une action judiciaire en bonne et due forme aurait paru moins ridicule aux yeux  des Maliens abasourdis. Car c’était incroyable de la part de personnes qui traitaient il y a peu ‘’Le Sphinx’’ de tous les noms d’oiseaux.

A notre avis, la meilleure réponse à ce livre aurait été un autre livre mieux fait dans les règles de l’art qui aurait rétabli la vérité. S’il est quasi certain qu’ATT et son épouse ne commanditeraient jamais un tel travail, ils ne devraient pas être mécontents cependant si au moins une personne honnête et sincère parmi leurs nombreux ‘’amis’’  en prenait l’initiative.

Nous sommes de ceux qui continuent de croire que le président ATT, soucieux de jouer le jeu consensuel jusqu’au bout, s’est brûlé lui-même les doigts en laissant hélas trop faire. Puisse-t-il réaliser qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, ou mieux faire si l’on pense être en train de bien faire.

 Tout n’est pas mauvais dans le livre ATT-cratie

Un adage bamanan dit que la vérité n’est pas la chose des frères. Si le Sphinx est coupable d’atteintes à l’honneur et à  la dignité du président de la république, force est de reconnaître qu’il a contribué à tirer ATT et les Maliens de leur sommeil. Malgré les contrevérités ce livre, on le sait, pourrait selon la pire des appréciations, être considéré  comme l’eau de bain à ne pas jeter avec le bébé. Qu’on le dise ou pas, il vient rappeler les nécessaires remises en question, il dénonce courageusement des pratiques qui ont cours dans notre pays et dont on ne voudrait jamais entendre, surtout en haut. Oui, tout n’est pas faux dans le pamphlet et le jeu de la victimisation est le risque à ne pas prendre. La presse, durant ces 4 ans, a régulièrement dénoncé le trafic d’influence, la corruption qui se généralise, le délit d’initié, bref toutes les pratiques néfastes à la bonne gouvernance. La réputation de notre pays a été presque entachée suite à cette sordide affaire de la casse de la Bceao à Man, en Côte d’ivoire. Les complices nationaux sont connus et continuent de narguer le peuple.

 Au lieu d’écouter la voix de la raison et de la vérité, ATT s’est laissé endormir par  les sornettes laudatrices des encenseurs. Qui viennent de prouver qu’ils savent eux aussi patauger dans le caniveau jusqu’à damer le pion à Le Sphinx  En acceptant de briguer les suffrages de ses compatriotes après les 10 ans d’Alpha, Amadou ne doutait un seul instant de la portée patriotique de la mission. Parce que du fait de mauvaises pratiques politiciennes, les Maliens une grande majorité de maliens  convaincus de la profondeur de la cassure ont vu en lui l’enfant prodige capable de repanser les plaies et de réconcilier ses frères et soeurs. Et c’est croyions- nous savoir, la raison pour laquelle le président Alpha Oumar Konaré s’est dépensé au point de casser son propre parti politique.

Il ne faut pas se voiler la face

La montagne est-elle en passe d’accoucher d’une souris ? Le premier mandat du président ATT arrive à terme dans un pays profondément divisé, avec en toile de fond une féroce haine que se vouent les uns les autres. A croire que Les Maliens ont déjà oublié les raisons pour lesquelles ils se sont insurgés en 1991 contre le régime monopartiste du général Moussa Traoré. Celui qui émet la moindre crique au sujet d’ATT est contre le Mali et les Maliens. Même au temps où le Coppo battait le pavé à Bamako,  personne n’a eu autant peur pour l’avenir du pays et de ses enfants. Pourquoi devrions-nous alors ressentir cette peur maintenant ? C’est vrai, sous nos cieux, on n’aime pas beaucoup la vérité, mais il urge pour ATT la reprise ferme de la situation. Sinon, c’est le pire qui est à craindre.

SORY HAIDARA

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