PROCES EN DIFFAMATION CONTRE « LE SPHINX » : Soumeylou Boubèye Maïga renvoyé dans les cordes

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Après avoir fabriqué des preuves pour envoyer ses « frères » (Hisséne Dicko, Idrissa Maïga dit Métchou, Tiémoko Maïga) les Colonels Oumar Diallo dit Birus et Diabira, son beau-père Mady Diallo et le Pdg de la CMDT, Drissa Kéïta en prison, SBM est incapable aujourd’hui incapable de laver son honneur et sa dignité, fusse-t-il avec des fausses preuves.
Autres temps, autres mœurs. Nous l’avions déjà dit , sans les rênes du pouvoir, l’homme est complètement nu.

Le mardi dernier, notre Directeur de publication Adama Dramé a honoré la presse malienne, en tout cas, celle qui constitue aujourd’hui sa force marrée motrice. Il a été clair et limpide. Les informations qu’il a données viennent d’une de ses sources françaises, l’une des meilleures sinon la meilleure en matière de renseignements en Hexagone. Il s’est dit fier d’être sur le banc de l’infamie, puisque après notre confrère feu Adama Traoré, -qui avait accusé Boubèye d’avoir transféré les actions qu’il détenait au nom d’un de ses frères- Toumani Djimé Diallo qui avait osé écrire que Boubèye a soutiré 42 millions avec un Algérien et pris sa 4×4, il est le troisième journaliste à qui SBM intente un procès. Preuve, s’il en est besoin encore, qu’il fait partie des rares journalistes que l’ancien Directeur de la sécurité d’Etat n’a pas pu mettre sous sa botte. Comme d’ailleurs des hommes comme Hisséne Dicko qui a refusé de rendre « un service à SBM » : accorder une exonération de 1,3 milliard à Ikatel, des hommes comme Drissa Kéïta, Tiémoko Maïga, Idrissa Maïga dit Mectchou, son beau-père Mady Diallo, les Colonels Birus et Diabira. Tous accusés sur la base des preuves fabriquées de toutes pièces, tous traînés dans la boue.

Dramé a plaidé non-coupable. C’est sa source française, une référence en matière de renseignements qui lui a dit que Soumeylou a séjourné à l’Hôtel Warwick, Rue de Berry, dans le 8éme à Paris. Au cours de son passage, il s’est rendu au siège des Editions L’Hamattan et quelques jours plus tard, l’éditeur parisien procédait à la publication du livre-tract ATT-cratie : la promotion d’un homme et de son clan. » Contrairement au commentaire d’audience de notre confrère « Le Challenger, il n’a jamais dit que « c’est un agent du service des renseignements qui lui aurait dit qu’il a vu Soumeylou en train de remettre le manuscrit du livre », mais plutôt que sa source a formellement identifié Boubèye pour avoir « travaillé » avec lui. Les informations sur la dédicace et les contacts pris avec des confrères français ont été recoupées par des amis en place. Notre Directeur de Publication a demandé d’acter au plumitif que le livre est attentatoire ; qu’il porte atteinte à l’honneur de tous ceux qui sont mis en cause. Ce livre est un complot contre la sécurité de l’Etat et non contre la société comme l’écrit notre confrère « Le Challenger » qui, décidément ne nous aime pas !

Notre Directeur de publication a dit qu’il avait un choix cornélien à faire : caricaturer Boubèye, taire l’information ou bien citer nommément le barbouze en chef du Mali au risque de se voir intenter un procès. Il a choisi cette dernière alternative, puisqu’il ne voulait pas supporter le poids de la lâcheté des autres. Des cagoulards de notre démocratie. Lesquels ramènent, a-t-il dit le débat politique au ras des pâquerettes, en insultant sous le sceau de l ‘anonymat leurs adversaires.

Pour l’avocat de Boubèye, Me Mamadou Konaté : « Ce dossier est un dossier délicat car il met en cause les institutions de la république dans un contexte politique aussi délicat. Soumeylou Boubèye Maïga est un homme politique qui a des ambitions, Dramé a voulu salir son image. Il n’a pas le droit, surtout que la preuve de ses allégations n’a pas été et ne pourra être rapportée » Pour finir il a brandi une lettre signée du Directeur Général de l’Harmattan ; lettre sur laquelle nous reviendrons plus loin. Me Konaté qui a défendu à Niamey, il y a une semaine notre confrère Boubou Hama a dit que : « La place du journaliste n’est pas en prison »

L’autre avocat de la partie civile, Me Soumotoura a demandé à notre Dir-pub s’il est un justicier, lequel lui a répondu par l’affirmative. « Oui, à chaque fois que des honnêtes citoyens sont brimés »

Dans brillante plaidoirie, Me Konaré a rappelé les sévices que lui ont fait subir les sbires de Boubèye quand ce dernier dirigeait la S.E. Pour Me Konaré, Boubèye n’a pas le droit de traîner les honnêtes citoyens comme Adama Dramé devant les tribunaux. Il a fait déjà trop de mal.

En matière de diffamation, a-t-il poursuivi, les preuves intellectuelles sont aussi valables que les preuves matérielles (Ndlr : En Europe, celles-ci ne sont d’ailleurs plus obligatoires, puisque difficiles à apporter notamment en matière de corruption par exemple). Konaré a circonscrit le livre dans lequel tous les ennemis de Boubèye sont vilipendés. Bizarrement, note-t-il , on dit que « la décadence de la Sécurité d’Etat commence par le départ de Soumeylou Boubèye Maïga. Me Konaré est formel : « Dramé a fait preuve de professionnalisme, même s’il n’a pas apporté toutes les preuves matérielles. En à la matière, ce sont les preuves intellectuelles qui priment. » Il a fait allusion à Agatha Christie, la célèbre romancière anglaise, auteur de plus 90 romans policiers à énigmes dont le héros Hercule Poirot arrivait à découvrir les auteurs des crimes commis 40 ans après. « Mon client a agi en toute liberté et toute bonne foi ».

 Pour conclure, Me Konaré a demandé au tribunal de relaxer Dramé des poursuites intentées contre lui par Boubèye
Dans la même foulée, le non moins brillant Me Ousmane Touré a dit que deux des cinq éléments constitutifs en matière de diffamation manquent dans le dossier. En quoi l’article de notre Dir’pub porte atteinte à l’honneur de Soumeylou. Car après sa parution , ce dernier s’est rendu à Kita, a été ensuite reçu par le chef de l’Etat avant d’organiser le grand meeting du 25 novembre. En outre l’élément intentionnel n’existe pas.

Dans son réquisitoire, le Procureur de la République Sombé Théra a demandé le renvoi de l’affaire pour la comparution de Soumeylou Boubèye Maïga afin que ce dernier puisse apporter certains éclaircissements. Avant de faire une remarque très pertinente : « La cour, a-t-il dit au Président Dicko, est en train de statuer sur une affaire dont l’élément essentiel qui est le livre n’est pas versé au dossier. C’est comme si elle statuait sur une affaire dont elle ne connaît pas les tenants et les aboutissants. »

Prenant la parole en dernier ressort, notre Directeur a précisé à Me Soumoutura qu’avant de désigner Boubèye, il avait cité le nom d’un certain Fakoli Doumbia, à qui il présente ses excuses. Sinon, après Boubéye plusieurs autres personnes ont été citées nommément ; ils n’ont jamais porté plainte. Il s’est dit très à l’aise dans cette affaire puisque la partie civile a versé une lettre de l’Harmattan au dossier. Une lettre qui n’a aucune valeur et qui plus est, soulève beaucoup d’interrogations. Faxée le 17 novembre bien que datée du 15, elle répond à une demande d’information du cabinet Jurifils Consult dirigé par Me Konaté en date du 02 novembre et est signée par le Directeur Général de l’Harmattan soi-même.

Voilà le contenu laconique de la lettre : En réponse à votre courrier du 02 Novembre 2006, nous tenons à vous informer que l’Harmattan n’a jamais communiqué aucune information sur le pseudonyme « Le Sphinx » et ne communiquera pas à ce sujet, car nous n’avons aucune information à ce sujet

Veuillez recevoir, cher Maître, l’expression de tous nos respects. Signé Denis PRYEN, Directeur Général. »
Cette lettre dénote tout le manque de sérieux de l’Harmattan. Si on en croit toujours Denis Pryen, n’importe quel imbécile malien ou africain peut se lever pour insulter et diffamer le chef de l’Etat de son pays, sa famille, ses collaborateurs, les juges et des honnêtes citoyens dans un manuscrit sous le sceau d’un pseudonyme, l’Harmattan le publiera sans état d’âme, sans se soucier de prendre des information sur son auteur. Car Pryen dit qu’ils n’ont aucune information à ce sujet et non que l’Harmattan ne divulguera aucune information sur celui qui se cache derrière le pseudonyme « Le Sphinx ». La nuance est d’importance.

Et notre Directeur de publication de poursuivre : « Puisque la partie civile a apporté une lettre de l’harmattan, puisqu’elle veut inverser les charges de la preuve, pourquoi, pendant qu’elle y est, elle n’a pas demandé à l’Hôtel Warwick de lui faire une attestation que prouve que Soumeylou Boubèye Maïga n’a pas séjourné chez lui ; en tout cas pas à la période qu’il a citée ? Tout cela est loin. Pourquoi, Soumeylou Boubèye Maïga –qui veut sauver son honneur et sa dignité- n’a pas remis son passeport à son avocat Me Konaté qui l’a rencontré la veille du procès, afin que ce dernier vienne dire à la barre et dise : « Ce journaliste que vous avez devant vous est un menteur. Voilà le passeport de mon client : il n’était pas à Paris pendant la période indiquée ! »

Si cela avait été le cas, notre Directeur de Publication a juré qu’il allait présenter ses excuses publiques à Boubèye. Un argument de poids sur lequel la Cour va certainement méditer avant de prendre sa décision. Un coup de massue qui a renvoyé SBM dans les cordes !

La Rédaction

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