PROMOTION D’UN HOMME ET DE SON CLAN : « Le Sphinx », un monstre made in ATT

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Dans ce monde où tout s’use, où tout périt, on trouve des choses qui tombent en ruine, qui se détruisent encore plus complètement, en laissant moins de vestige que les délices du pouvoir : ce sont les chagrins d’un souverain. 

Nous aurions pu, cette semaine parler de la gabegie à la présidence de la République en titrant : 7 282 191 de F CFA de téléphone, de courant et d’eau pour ATT par jour.

En effet, dans le projet de budget d’Etat de 2007, la page 23 intitulée Récapitulation par section tutelle (présidence de la République), on alloue gratuitement à ATT électricité et eau : un milliard deux cents cinquante un million deux cents cinquante mille francs (1 251 250 000 F CFA).

Redevances téléphoniques : un milliard quatre cents six millions sept cents cinquante mille F CFA (1 406 650 000 F CFA). Soit un total de deux milliards six cents cinquante huit millions (2 658 000 000 F CFA).

Faites la division par 365, cela donne 7 282 191 F CFA par jour. C’est cela aussi la bonne gouvernance d’Amadou Toumani Touré. Précisons que ces deux chapitres sont plus élevés que tous les autres dans la nomenclature de budget présidentiel.

Seulement l’actualité factuelle commande qu’on s’intéresse à la boîte de Pandore du locataire de Koulouba. Entre les révélations du « Sphinx » et les accusations de la presse ivoirienne, ATT et ses hommes n’ont pu que mollement réagir sans apporter un démenti convaincant, se limitant à dénigrer les auteurs du livre.

Face aux graves accusations d’Abidjan, notre peuple a eu comme toute explication, un simple communiqué crié dans le grand tonneau national de Bozola. A ce niveau, nous invitons la presse privée (nous ne parlons pas de celle créée par la cellule de communication à Koulouba) de faire preuve de retenue.

Non seulement elle s’autocensure auprès des lecteurs, mais au retour, elle n’aura pas les compensations à hauteur du manque à gagner. Parler bien de Koulouba ne fait pas vendre. On vous distribue des miettes qui ne vous aident pas à vous passer de l’aide et un jour, au firmament de vos déboires et au mieux, le maître des lieux se lamenterait en ces termes : « dôkô, on devrait vous faire ce que le RPM a fait pour un tel, c’est-à-dire vous acheter une imprimerie ».

Sinon au pire des cas, on dira à tout le monde qu’on vous a donné des millions, que vous avez mal gérés, oubliant que vos dépenses triplent les résidus reçus. Les méventes étant quasi permanentes, conséquence de votre soutien à Koulouba, le sort de vos journaux se brise entre les tragiques entrailles du corbillard des journaux. On se sert de vous avant de vous jeter comme un dégoûtant mouchoir papier sur le trottoir. Les gens d’en haut ne sont pas reconnaissants ne les soutenez pas.

Soumeylou Boubèye trahi

Selon les journaux proches de Koulouba, Soumeylou serait « le commanditaire du livre ATT-cratie ». Mais Soumeylou est l’un « des frustrés » sortis du moulage de l’ingratitude d’ATT. Cet homme que le camp présidentiel vilipende, n’a fait que travailler pour l’avènement et la consolidation du pouvoir d’ATT. C’est lui qui a conseillé ATT de faire éloigner Soumaïla Cissé et Mamadou Kaba qui profanait dans la presse, le président fraîchement élu.

Lorsque Soumeylou s’affichait avec Soumaïla Cissé lors des campagnes en 2002, au même moment, il avait chargé Zoumana Mory Traoré de sillonner le pays pour demander aux grands électeurs que sont les marabouts, les chefs de village et tribu à se mobiliser pour faire triompher ATT. Mais en retour qu’est-ce qu’il a eu ? Mépris, dénigrement, ingratitude et chômage.

Après les assises de la Cen-SAD dont il était le président du comité d’organisation, ATT pouvait le nommer ministre d’Etat chargé de la Cen-SAD. Mais, lui soupçonnant des velléités pour la présidentielle 2007, il a tout simplement bloqué cette nomination, craignant que Kadhafi ne donne beaucoup d’argent à Soumeylou qui pouvait ainsi devenir un sérieux adversaire.

Bonaparte profère qu’il est de la sagesse et de la politique de faire ce que le destin ordonne et d’aller où la marche irrésistible des événements nous conduit. Nous ajouterons que l’amour de la démocratie est celui de l’égalité. Lorsqu’un souverain estime avoir droit de vie et mort sur ses « sujets », il s’expose forcément à leur colère et c’est ce qui arrive au président des Maliens d’en haut. Ce qui peut être considéré comme mépris dans nos conseils est un dessein concerté dans un conseil plus haut. C’est-à-dire conseil divin qui renferme toutes les causes et tous les effets dans un même ordre.

Nous ne pouvons terminer sans demander à Soumeylou Boubèye Maïga de retirer sa plainte contre son jeune frère et confrère Adama Dramé, un journaliste ne doit pas ester un autre en justice. Bien que nous vivons actuellement dans un pays où les relations humaines respirent un air empoisonné, nous estimons que certaines vertus doivent être préservées. La confraternité est de celles-ci !

Abdoul Karim Dramé

(journaliste indépendant) 

 

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