Mali- Centrafrique : Deux pays en guerre qui ont presque un parcours politique identique

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Le Mali d’Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali, connaît de sérieux problèmes dans son fonctionnement pour non respect des textes fondamentaux et des différentes lois qui régissent le pays. Un manque de ressources humaines compétentes est perceptible dans tous les secteurs. Après deux (02) décennies de pratiques démocratiques, il était souhaitable de faire l’audit de la nation, en prenant en compte les différents rapports des services de contrôles de l’État.

Le système de gouvernance demeure le même à savoir celui du parti politique ADEMA (dont prend naissance le RPM, parti du président IBK) qui dirige le pays, depuis 1992, jusqu’aujourd’hui. Il fut le président de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ). Le candidat Ibrahim Boubacar Keïta depuis son premier quinquennat, en 2013, avait promis le changement à travers son slogan fétiche: «Le Mali d’abord».

À présent, les Maliens dans leur majorité ne croient plus aux propos du président IBK qui multiplie ses échecs: révision constitutionnelle, signature de l’accord de paix, insécurité «résiduelle» partout, corruption qui ronge tous les secteurs étatiques, mauvaise gestion du foncier, grèves des syndicats, école entre année blanche et sauver l’année… Que sais-je encore ! Les famines et les insécurités alimentaires. Les pertes en vies humaines restent élevées chez nos soldats. Au regard de ce tableau sombre le «Mali d’IBK, dit-il, avance» sans les Maliens.

La présidentielle passée, en 2018, aucune autre élection n’a pu se tenir. Le régime est truffé d’éléments corrompus, assoiffés de pouvoirs et apatrides. La situation du pays est très difficile et complexe à tous les niveaux. Surtout sur le plan économique et le reste ne peut que suivre. Le clientélisme politico-ethnique, facilité par le népotisme, le fanatisme et la corruption, fait que l’intérêt national de la nation et l’avenir du pays ne préoccupent personne.

Six (06) années révolues de gestion des affaires nous donnent l’amère leçon que le pouvoir s’il use, grise. Il faut savoir l’exercer, en user sans abuser. Ibrahim Boubacar Keïta n’a aucun pouvoir qui lui permet de prolonger d’une année le mandat finissant des députés d’un an. Dans ces conditions, les Maliens sont dans les mains d’une institution illégitime dont les projets de lois votés sont nuls. Désordre politique quand tu gouvernes !

La République centrafricaine de David Dacko

Nous sommes en 1963 (depuis cette date la France fait le sapeur pompier là-bas). La République centrafricaine en proie à de graves  problèmes intérieurs, sera, de bout en bout, en état continuel de crise et caractérisée, surtout par la corruption. Les accusations de détournements et d’abus atteignent les préfets, parlementaires et dignitaires du Mesan et n’épargnent pas les plus hautes instances du pays.

À cela s’ajoutent des cotisations élevées et obligatoires du Mesan, véritable impôt auquel s’additionnent de continuelles souscriptions obligatoires elles aussi à des emprunts aussi inexplicables qu’injustifiés.

Dans le même temps, la population rurale peut se croire revenue à la terrible époque des «grandes concessions», puisqu’elle ne reçoit plus d’espèces monétaires en paiement de la vente de ses récoltes et que d’insolites «comités de vigilance» imposent une autorité aussi contraignante que menaçante.

Afin de se donner les moyens de mieux dominer la situation, David Dacko abolit la Constitution centrafricaine et la remplace, le 20 novembre 1964, par une nouvelle, de caractère présidentiel et autoritaire.

Au milieu de l’année 1965, incapable de redresser la barre, le chef de l’État constate l’ampleur du mal et déclare: «… Au moment même où, à la suite de la multiplication des détournements de deniers publics, le Conseil des ministres étudiait un ensemble de mesures préventives et répressions de nature à faire cesser ces crimes, j’apprenais que certains directeurs dépensaient sans compter l’argent de l’État, et bien mieux, le dilapidaient sur la place publique, faisant preuve d’une inconscience absolue.

Regardez nos paysans gagner leur vie à la sueur de leur front, et dites-moi si vous ne ressentez pas le besoin de venir en aide à cette population laborieuse ? Alors, comment certains peuvent-ils prendre l’argent qui est destiné à l’amélioration de leur sort et le dilapider ?

Désormais, nous serons impitoyables. Ceux qui nous trompent, qui nous volent, mettent en péril notre développement, connaîtront des châtiments exemplaires. Les travaux les plus durs leur seront réservés».

Au lieu de réagir et d’agir réellement, David Dacko décide de mettre de la distance entre les difficultés et lui, et il entreprend un long voyage à travers l’Europe pour solliciter des aides, des crédits et obtenir ainsi la couverture du budget de l’année à venir. L’échec est total.

Dans les derniers jours de l’année 1965, incapable de faire face à des responsabilités qui l’écrase, David Dacko, à plusieurs reprises, offre sa démission à ses ministres qui la refusent. Dans le même temps, le chef de la gendarmerie, le commandant Izamo, prépare un coup d’État. Mais l’armée décide d’intervenir et, la nuit de la Saint-Sylvestre, elle s’empare du terrain d’aviation et des bâtiments publics, en même temps qu’elle arrête le commandant Izamo.

Dacko est arrêté sur la route, alors qu’il tentait de gagner Mbaïki. Ramené au palais, il abandonne ses fonctions de chef de l’État centrafricain et, à 3 heures 20 du matin, le 1er janvier 1966, remet tous ses pouvoirs à son chef d’État- major, le colonel Jean-Bedel Bokassa.

Dans ces deux (02) pays, il me semble que nous évoluons vers une catastrophe plus sanglante. Les armes circulent et sont utilisées au détriment de la paix civile en toute impunité par certaines milices proches des partis politiques.

Amy SANOGO

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