Millénium challenge account : Le succès de l’expertise nationale

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Pour une première, c’en est une : les experts nationaux sont les principaux artisans de l’élection du Mali au Millénium challenge account avec 238 milliards FCFA. Quels sont les projets phares qui sont couvets par ce programme et quel en est l’impact pour aiguiser l’intérêt des consultants nationaux à s’installer ou à opérer dans leur propre pays d’origine au lieu d’opter pour l’étranger où ils font valoir leurs compétences dans divers domaines ?      

Le Mali a été élu au financement du Millénium challenge account des USA à hauteur de 238 milliards FCFA sur cinq ans. En effet, c’est le 5 octobre dernier, à Paris, que le Mali a été admis parmi les pays bénéficiaire de l’aide américaine accordée dans le cadre du Millenium Challenge Account qui est une initiative personnelle du président Georges BUSH visant à enrayer la pauvreté dans le monde. Mais, c’est le 26 octobre dernier que le conseil d’administration du Millenium Challenge Account a approuvé ladite convention d’un montant estimée à 460,8 millions de dollars, soit environ 238 milliards FCFA. Quant à la signature solennelle qui a eu lieu à Washington, lundi dernier, en présence du président Amadou Toumani TOURE qui était accompagné d’une forte délégation malienne, elle a marqué le couronnement des travaux des experts nationaux.

La convention, qui couvre une période de cinq ans, vise à appuyer le développement du pays par la croissance économique en augmentant la production et la productivité en matière agricole et des opportunités d’affaires s’agissant des petites et moyennes entreprises, ainsi que le transport aérien. En effet, deux projets étaient présentés et défendus par le Mali à travers le plan CSLP ou Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté : l’irrigation de 16 000 ha à l’Office du Niger, en plus de l’accès au crédit pour les paysans ; l’extension et la modernisation de l’aéroport de Bamako Sénou avec, en prime, la réalisation d’une zone industrielle. «Les déficits d’infrastructures sont souvent parmi les principales barrières contre la réduction de la pauvreté et la croissance économique en Afrique. La convention MCC-Mali dresse un plan d’action compréhensif qui s’attaque aux contraintes spécifiques d’infrastructures qui doivent se développer et qui auront des ramifications très prometteuses pour les secteurs des affaires et de l’agriculture. Nous félicitons les Maliens pour leurs grands efforts pour créer ce cadre de travail et nous comptons travailler avec eux pour atteindre ces importants objectifs », s’est réjoui le grand patron du Millenium Challenge Corporation, John J. DANILOVICH. 

Le double mérite de l’équipe qui a conduit ces études, c’est que celle-ci était essentiellement composée de cadres et consultants nationaux qui ont réussi la prouesse de porter le volume du financement de 180 au départ à 238 milliards FCFA à l’arrivée. Il s’agissait des cadres de la fonction publique et des compétences parmi les consultants privés de nationalité malienne qui ont apporté au projet une touche d’expertise mettant l’accent sur l’efficacité et l’opérationnalité. Toutes choses qui sont de nature à valoriser le label malien en matière d’étude et d’expertise des projets de grande envergure comme celui du Millénium challenge account. Mais le plus grand mérite de cette équipe, c’est qu’elle a travaillé presque à l’œil au regard des résultats obtenus. Ses membres n’ayant reçu que des broutilles grâce au PNUD en comparaison de ce qui aurait été payé aux consultants internationaux. 

Avec cette nouvelle initiative, notre pays est devenu le cinquième du continent africain, sur les 22 Etats éligibles à l’échelle planétaire, à avoir signé sa présence parmi un effectif de 9 à travers le monde pour une enveloppe financière estimée à plus de 2 milliards de dollar. Le Mali, pour le financement de cette année, a même reçu la seconde grosse enveloppe comme un gage de crédibilité et de respectabilité pour tout Etat indépendant à l’échelle de la planète. Car les principaux critères d’éligibilité portent sur l’économie de marché qui fonctionne sur le libre échange et la concurrence des acteurs commerciaux comme financiers, mais aussi sur la bonne gouvernance avec l’appréciation des institutions internationales de la finance et des droits de l’homme : Banque mondiale, Fonds monétaire international, Transparency International, Human Rights Watch, etc. 

La réalisation de ces deux projets permettra-t-elle de faire de Sénou un hub en matière de trafic aérien et au Mali de faire face à sa sécurité alimentaire qui demeure une chimère malgré les potentialités énormes du pays en terme de millions d’hectares de terres cultivables et irrigables ? Nous osons croire que oui, car cela devra marquer le début de la fin de la faim.      

Par Seydina Oumar DIARRA-SOD

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