FAIBLESSE DU POUVOIR D’ACHAT DU MALIEN : Asri remue le couteau dans la plaie

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La majorité des Maliens vivent dans des conditions précaires. Alors que le pays a des potentialités énormes qui, judicieusement exploitées peuvent contribuer à améliorer le pouvoir d’achat du Malien. rn

« Les usines et entreprises d’Etats sont bradées par des dirigeants insouciants qui n’ont qu’un seul objectif : sucer le sang de leurs compatriotes en quête de survie ». Ce raz-le-bol est d’Action solidarité, responsabilité, intégrité (Asri). Elle l’a manifesté samedi dernier lors d’une conférence-débats au Centre Djoliba à l’occasion de son anniversaire.

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« A Asri, nous ne sommes pas contre quelqu’un. Nous dénonçons les maux qui rongent notre société. Toute personne ou association qui ne peut dénoncer une corruption s’érige en complice ». Ces mots sont du président d’Asri, Pr. Moussa Traoré, qui introduisait la conférence-débats.

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Deuxième du genre, la rencontre du samedi avait pour objectif d’attirer l’attention des Maliens et de dénoncer la désastreuse situation économique et sociale qu’ils vivent. Le conférencier, Ibrahim Sissoko, a passé au peigne fin tous les maux dont sont quotidiennement victimes la plupart des Maliens. De la hausse généralisée des prix des biens et services (la nourriture, l’énergie domestique, les soins de santé, l’éducation, le transport, les loyers…) au bradage des usines et sociétés entreprises d’Etat qui ne profitent guère à la population.

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Le travailleur malien est l’un des plus mal payés de la sous-région. Le Smig est de 28 000 F CFA contre 50 000 au Burkina Faso. Le coût des besoins sociaux économiques est, selon M. Sissoko, supérieur au Smig et présente le tiers de l’émolument du cadre supérieur au Mali. « C’est au Mali que l’on s’accommode de la hausse généralisée des prix malgré les exonérations céréalières, les subventions. C’est ici que la modicité des revenus et la précarité engendrent des véritables drames au sein des foyers et des communautés », a déploré le conférencier.

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L’extrême pauvreté a fait que de nombreux enfants, en milieu rural, manquent d’année en année à l’appel de l’instituteur faute de manuels scolaires et l’incapacité de leurs parents à faire face aux cotisations de l’école, dira-t-il. « Les financements à coup de milliards d’emprunts, de subventions à l’Office du Niger (l’ON) ne servent à rien s’ils ne peuvent suppléer aux importations du riz. Ne sachant à quel saint se vouer, des chefs de famille vendent leurs bœufs pour s’acquitter des dettes de l’Office du Niger. Au même moment, dans les zones CMDT, certains revendent des engrais à des tiers pour nourrir leur famille », a dénoncé le conférencier.

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Gaspillage généralisé

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Tout ceci contredit les plus hautes autorités, qui affirment avoir fait beaucoup dans la satisfaction de la demande sociale pour le bien-être et l’épanouissement du Malien. L’auto suffisance alimentaire n’est pas assurée malgré toutes nos potentialités agro-pastorales. « Que de richesses inexploitées ou mal exploitées », s’indigne l’association. Pour Asri, l’or exploité au Mali, qui doit être une bouffée d’oxygène pour les Maliens, n’en est rien en réalité.

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Pour le conférencier, cette production colossale du Mali n’a pas d’effet sur la balance de paiement puisque toutes les recettes en devises résultant de la contrepartie des exportations sont versées dans un compte off shore à l’étranger. Bref, Asri pense qu’aujourd’hui des milliards qui continuent à « pleuvoir » sur notre pays, sont beaucoup plus source d’anxiété que de joie, tant le gaspillage est énorme et généralisé.

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A tous les niveaux de l’échelle sociale, le pouvoir d’achat du Malien est entamé. L’Etat est à ce titre interpellé.

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Asri envisage des états généraux de l’autosuffisance alimentaire. Et elle va impliquer, à cette occasion, toutes les couches socioprofessionnelles et socioculturelles pour débattre des stratégies du moment et les perspectives d’avenir.

rnAmadou Sidibé

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