Intégration régionale, mondialisation et influences étrangères : Les prêts ou l’aide ne devraient pas être liés à la promotion de la démocratie

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C’est du moins ce que 58% des Maliens estiment, selon une enquête d’Afro baromètre

Réalisée entre le 16 mars au 03 avril 2021, la restitution des résultats du 8ème Round d’Afro baromètre au Mali sur l’intégration régionale, mondialisation et influences étrangères s’est déroulée ce mardi, 24 août 2021 dans les locaux du GREAT sis à Garantiguibougou. C’était en présence du Pr Massa Coulibaly, directeur exécutif du Groupe de recherche en économie appliqué et théorique (GREAT), Boubacar Bougoudogo, Moussa Coulibaly tous membre du GREAT. Il ressort de cette enquête que les maliens, favorables à l’intégration régionale et aux investissements étrangers, soutiennent l’influence positive de la Chine. Pour rappel, l’équipe d’Afro baromètre Mali est conduite par le GREAT.

Dans  la présentation du rapport de l’enquête, il ressort que les Maliens sont un peuple qui se déplace beaucoup dans l’espace et dans le temps (Union Africaine, 2019). Six Maliens sur 10 se disent favorables à la libre circulation dans l’espace CEDEAO, contre 36% en faveur de la limitation.

La proportion en faveur de la libre circulation se note le plus dans les régions de Mopti et de Tombouctou (avec 83% chacun) et chez les personnes sans enseignement formel (67%). A l’opposé, les ressortissants de Ségou (44%) et Koulikoro (44%) et les personnes ayant le niveau secondaire ou plus (55%-56%) sont plus enclins à vouloir limiter les déplacements entre le Mali et des pays de l’Afrique de l’Ouest.

Malgré ce soutien à la libre circulation, la plupart (82%) des Maliens estiment qu’il est « difficile » ou « très difficile » de circuler entre les frontières.

Favorables au libre-échange

De façon générale, les Maliens sont plus favorables au libre-échange qu’au protectionnisme. Six citoyens sur 10 (61%) pensent que le pays devrait faire du commerce avec le reste du monde, en acceptant l’importation de produits étrangers, contre 37% qui affirment que le Mali devrait compter sur sa propre production et protéger les producteurs de la compétition étrangère.

Les plus grands adeptes du libéralisme se retrouvent dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao-Kidal avec 71%, 76% et 77%.

Influence et assistance de l’extérieur

La majorité des Maliens estiment que l’influence politique et économique de trois organismes internationaux clés est « quelque peu positive » ou « très positive » : 65% pour la CEDEAO, 60% pour l’Union Africaine (UA) et 56% pour les Agences des Nations Unies.

De la même façon, la majorité (58%) estiment que les prêts ou l’aide ne devraient pas être liés à la promotion de la démocratie et le respect des droits humains. Ils préfèrent que le Gouvernement soit libre de décider lui-même à propos de ces problématiques.

Plus des trois quarts (77%) des Maliens estiment que le Mali devrait financer son développement sur ses ressources propres, même si cela signifie payer davantage d’impôts et taxes, au lieu d’utiliser des prêts extérieurs pour le développement du pays.

Perceptions de la Chine

La plupart des Maliens estiment que les activités économiques de la Chine ont« beaucoup d’influence » (53%) ou « quelque peu d’influence » (17%) sur le Mali, en plus des 29% qui pensent qu’elles ont « un peu d’influence ».

Près de six Maliens sur 10(57%) sont au courant du fait que la Chine consent des prêts et de l’aide au pays. Parmi ces citoyens, 84% savent que le pays est tenu de rembourser la dette chinoise contre seulement 13% d’avis négatif et 3% d’autres réponses.

Un peu plus de 4 Maliens sur 10 (44%) estiment que le pays s’est trop endetté envers la Chine contre 30% d’avis négatif et de 26% de NSP. Cette opinion est non seulement partagée par les personnes ayant un niveau d’éducation primaire à hauteur de 50% et secondaire à hauteur de 49% mais aussi les personnes vivant en milieu urbain avec un taux de 45%.

Mais plus des deux tiers (68%) des répondants au courant des prêts chinois estiment que la Chine est moins exigeante que d’autres pays dans le cadre de l’octroi de prêts.

Modèle de développement

A ce stade, le modèle chinois gagne la première place (choisi par 38% des répondants), suivi par la France (16%), les Etats-Unis (15%) et un modèle malien (15%).

Quant à la langue de l’avenir, qui va jouer un grand rôle dans la mondialisation et l’intégration pour les générations futures, ce sont le Français (37%) et l’Anglais (35%). Seulement 14% sont en faveur de l’Arabe et 2% pour le Chinois.

L’intégration sous-régionale demeure toujours un défi pour nos Etats qui ont signé des traités et conventions de libre circulation des biens et des personnes. En effet, ces pays peinent à mettre en œuvre ces différentes réformes en faveur de populations qui se déplacent dans l’espace et dans le temps à travers l’Afrique de l’Ouest et au-delà, ressort dans le rapport.

Bréhima DIALLO

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