L’ECOLE MALIENNE SUR LE CHEMIN DE LA MODERNISATION : Pérenniser les acquis, prôner la culture de l’excellence dans le cadre d’une école performante et apaisée

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L’école, qui est aujourd’hui au centre des préoccupations des différents acteurs, peut être source d’espoir pour l’avenir à condition que les gigantesques efforts qui ont abouti à sa modernisation soient pérennisés. Et cela ne peut se faire que si l’école est en classe et non entre les mains de fauteurs de trouble.

Depuis la signature, il y a quelques années au Palais de Koulouba, sous les auspices du président de la République, Amadou Toumani Touré, de la paix des braves avec les guérilleros de l’AEEM, l’école malienne a retrouvé le calme et la sérénité.
En enterrant la hache de guerre et en fumant le calumet de la paix à la manière des Sioux, acteurs et partenaires de l’école avaient juré, la main sur le cœur, d’assurer à nos enfants un avenir meilleur par le biais de l’éducation.

Ainsi, après les barricades, l’instauration d’une école performante et apaisée est un défi que les plus hautes autorités du pays entendent désormais. Et le ministre en charge de l’éducation nationale, le professeur Mamadou Lamine Traoré, a adopté comme thèse centrale de sa philosophie la promotion de l’excellence à tous les niveaux des ordres d’enseignement. «L’excellence est notre ambition ; cultivons-là », c’est la Bible du bon élève, un slogan qui colle à l’air du temps.

C’est ainsi que chaque année, le président de la République organise à Koulouba «la journée du bon élève», une cérémonie au cours de laquelle des prix, des fournitures, du matériel didactique sont remis à des scolaires talentueux.
D’autres cadres sont initiés. Il s’agit du camp d’excellence en sciences et mathématiques. Il est organisé chaque année par la Fondation Pathfinder du docteur Cheick Modibo Diarra à l’intention des jeunes filles africaines ayant fréquenté les classes de 11ème Sciences.

Nette progression des résultats scolaires dans les différents ordres

Incontestablement, depuis quelques années, le niveau des résultats scolaires a connu un bond en avant. Plus précisément,, depuis quatre ans, les résultats scolaires dans les différents ordres d’enseignement connaissent une nette progression.
Cet état de fait est lié à l’accalmie constatée sur le front scolaire, mais surtout aux moyens colossaux engagés par les autorités pour la modernisation de l’école. Ainsi, au cours de l’année précédente, il a été enregistré au certificat d’étude primaire un taux de réussite de près de 70 %.
Quant au diplôme d’études fondamentales, il a connu un taux de plus de 62 %, le bac technique près de 71 % contre 48,13 % pour le bac général. Pour le cap, l’’industrie a connu une grande performance avec près de 74 % de taux de réussite etc.

Au cours de l’année 2006, tout comme les trois années précédentes, l’éducation de base, en particulier, a connu une ascension fulgurante. Quelques réalisations faites, cette année, suffiront à édifier l’opinion sur le processus de modernisation de l’école depuis la base.
En effet, 60 jeunes diplômés ont été initiés aux règles de transcription des langues nationales, les agents des académies d’enseignement et des CAP ont bénéficié d’une formation aux techniques de suivi-évaluation des activités de l’éducation non formelle et au renforcement de leur niveau en linguistique.
Il y a eu la finalisation du document de politique de l’éducation non formelle, l’atelier d’évaluation de la phase I du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté et la préparation de l’atelier de validation du rapport d’évaluation du CSLP, phase I.
Convaincu du rôle éminemment important de l’environnement dans l’éducation, le département a initié, à l’intention de son personnel d’encadrement, une série de formations.

A cet effet, 1 152 directeurs d’école ont été formés en éducation environnementale, 40 formateurs ont été initiés aux techniques de l’éducation environnementale, 203 professeurs des Instituts de Formation des Maîtres (IFM) et 128 éducateurs des centres d’éducation, 300 maîtres et 5 éducateurs de jardin d’enfants ont aussi bénéficié d’une formation dans ce domaine.
Les réalisations ne sont pas exhaustives. Il faut surtout signaler que le département de l’éducation a organisé de nombreux ateliers et séminaires afin de renforcer les capacités des formateurs sur toute l’étendue du territoire national.

Neuf filières porteuses identifiées par le PISE

En ce qui concerne l’enseignement technique et professionnel, la modernisation est en cours.
Le département de l’éducation a fait de l’enseignement technique et professionnel le second axe prioritaire du Programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC) après l’éducation de base. C’est pour cette raison qu’il a mis en place le programme d’investissement sectoriel de l’éducation (PISE) en relation avec les partenaires financiers.

Les objectifs visés par ce programme sont l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage, l’amélioration de l’accès, de la scolarisation et le renforcement des capacités du système éducatif pour la décentralisation et le suivi des politiques.
Ainsi, sur financement de la Banque Mondiale, le projet de consolidation de la formation professionnelle a identifié neuf filières porteuses dont sept en industrie et deux dans le tertiaire. Ledit projet a donc permis la réhabilitation et l’équipement de onze ateliers industriels et deux ateliers du tertiaire à travers le pays.

Un Institut de Formation professionnelle (IFP) à vocation agro-sylvo-pastorale est en construction à Bankass. Il s’agit, ici, de rendre l’enseignement plus fonctionnel, de rapprocher l’école du monde du travail et de faciliter l’insertion socio-professionnelle des apprenants.
L’enseignement supérieur n’est pas resté en marge de la modernisation.
Dans ce domaine aussi l’Etat a entrepris des actions de grande envergure. Ainsi, depuis quatre ans, les autorités s’attèlent à l’amélioration des conditions d’études au supérieur.

En plus de la construction et de la réhabilitation de certaines structures, deux nouvelles facultés sont en construction sur la colline de Badalabougou. Il s’agit des facultés des sciences juridiques et économiques.
D’un coût de plus de 4 milliards de FCFA déboursés sur le budget national, ces deux joyaux contribueront à rehausser le niveau de l’enseignement supérieur.

En plus de ces actions, le centre national des œuvres universitaires a été doté de 20 bus modernes destinés au transport des scolaires et du personnel. Evalués à près de 2 milliards de nos francs, ces bus faciliteront le transport des élèves et étudiants mettant ainsi fin à un calvaire qui n’avait que trop duré.

Seuls le dialogue et la concertation doivent prévaloir

D’autres actions sont envisagées notamment la multiplication et l’équipement des laboratoires ultra modernes au niveau du supérieur.
Les résultats obtenus, ces dernières années, dans le domaine scolaire en terme d’infrastructures, d’équipements, de formation, d’innovations, d’approches pédagogiques sont des acquis à pérenniser.

Mais si l’on ne prend garde, tous ces efforts resteront vains au regard des agitations frénétiques qui secouent, comme une maladie congénitale, le monde des enseignants contractuels. Agitations qui se déroulent sur fond de surenchère verbale, de chantage, de prise en otage de l’école.
La preuve en est donnée encore cette année par le boycott de la rentrée scolaire par les deux syndicats des professeurs contractuels du secondaire et du fondamental qui ont décidé d’organiser, l’un, une grève illimitée, l’autre, une grève de 72 heures.
Cependant, qui peut affirmer, aujourd’hui, que des efforts de taille ne sont pas accomplis aussi bien pour les contractuels que pour les travailleurs en général ?

Rappelons-nous simplement de la période pendant laquelle les salaires, malgré leur niveau déplorable, n’étaient perçus que trimestriellement dans le meilleur des cas.

Mais aujourd’hui, les conditions sont acceptables même si l’évolution engendre des ambitions nécessitant des requêtes (souvent légitimes) qui, néanmoins doivent être graduelles et non systématiques.

Les intérêts personnels sordides et corporatistes mal fondés sapent les efforts des pouvoirs publics et de tous les partenaires de l’école qui ont opté pour l’apaisement et la performance. Il n’est pas opportun de prendre en otage un système éducatif qui, après une longue léthargie, se fraie le chemin de l’espoir. Seuls le dialogue et la concertation doivent désormais prévaloir pour régler tous les contentieux.
Paradoxe de la situation : les enseignants contractuels ne sont-ils donc pas des parents d’élèves ?

Mamadou Lamine DOUMBIA

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