L’Attaque du RECTORAT de BAMAKO : Jusqu’où iront hostilités ?

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                Le vendredi 26 janvier, aux environs de 7H45, tandis que beaucoup de gens se dirigeaient vers leur bureau de travail, un groupe d’étudiants de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion a pris d’assaut les locaux du Rectorat de Bamako sur la colline du savoir de Badalabougou. Pendant que le Syndicat National des Enseignants du Supérieur avait simplement arrêté les travaux en décrétant une grève illimitée pour la satisfaction de certaines doléances et au moment où les choses commencent à rentrer dans l’ordre entre le gouvernement et le SNESUP pour la reprise très prochaine des cours au niveau universitaire, cet acte de vandalisme se déroulait au niveau du Rectorat par un petit nombre d’étudiants de la FSEG (Faculté des Sciences Economiques et de Gestion).

                Nombreux  sont les travailleurs qui ont été surpris de voir ces étudiants tout casser et détruire sur leur passage. Pourquoi ces actes de vandalisme ? Avec l’affluence des étudiants au niveau de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques, l’ex-ENA de Bamako , le conseil de l’université a décidé de diviser cette faculté en deux facultés différentes, notamment en Faculté des Sciences Juridiques et Politiques et la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion. Cette division est survenue sous le mandat provisoire de M. Banni Touré, nommé en 2005 pour diriger cette administration pendant un an.

                Durant l’année 2005-2006, il avait pour mission de gérer les affaires de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques avant la division de cette structure. Le conseil de l’université qui est l’instance supérieure du Rectorat a recommandé avril dernier, lors d’une rencontre : “Le départ des vacances est prévu pour le 15 juillet, mais chaque faculté est libre d’organiser son calendrier scolaire pour la diversité en fonction des réalités dans les différentes facultés”. C’est dans cette optique que la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques a organisé ses examens le mois d’août dernier et certains professeurs n’étaient pas d’accord pour ces examens et l’une des doléances du Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SNESUP) était l’annulation de ces examens.

                Pour cela, M. Massa Makan Diabaté, Secrétaire général de l’Université nous dira : “Les négociations étaient autour, en partie, des examens de la FSJP et on ne pouvait pas publier ces résultats en pleine négociation, car cela allait créer un autre problème avec les syndicalistes. Mais, dès qu’il y aura un point de convergence sur cet aspect, nous allons procéder à la publication des résultats et le jeudi dernier 25 janvier, les résultats de la FSJP ont été publiés et l’autre faculté qui se sent toujours liée à la FSJP, n’a pas accepté cela . Certains étudiants de la FSEG sont venus tout saccager ici, les vitres, les meubles, les ordinateurs et autres matériels de travail d’une valeur de plusieurs dizaines de millions”.

                Ces casses s’expliquent par le fait que les résultats de la FSJP sont apparus avant les leurs (FSEG). Est-ce une raison de saccager une structure de l’Etat qui a coûté 1 milliard 200 millions de nos francs? Pourquoi cette violence au sein de notre système éducatif ? Est-ce la solution ? En tout cas, si rien n’est fait, ces genres de casses inutiles  coûteront des dizaines de millions supplémentaires au budget de l’Etat et ne feront qu’aggraver la pauvreté de l’Etat.

Moussa KONDO (Stagiaire)

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