Marché des cartes d’électeurs : Une forte odeur de magouille

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Colère, indignation, protestations…rn

L’adjucation du marché des cartes d’électeurs à l’imprimerie  Nationale de France continue de faire des vagues. D’abord, parce que l’adjucation de ce marché ne remplissait pas tous les critères contenus dans le cahier de charge. Ensuite, les Entreprises maliennes, disposant de compétences avérées, dans ce domaine, ont été marginalisées pour des raisons obscures. Enquête sur une affaire à fort relent de magouille.

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« Nous n’avons pas voulu jouer au nationalisme pour, ensuite, affronter certaines difficultés » disait Me Elias Touré, membre de la CENI, à la confé presse  organisée, le 27 février dernier, pour annoncer la bonne parole : l’arrivée, des 7,2 millions de cartes d’électeurs, dont le marché a été adjugé à l’Imprimerie Nationale de France. II faut entendre par «  difficultés », le respect des délais de livraison et les compétences techniques des Entreprises maliennes.

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Cet argument, brandi par le Délégation Générale aux Elections (DGE) pour expliquer l’attribution du marché à l’Imprimerie Nationale de France, a été battu en brèche par les observateurs, proches des Etats-majors politiques.

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A en croire un leader de l’ADP, un regroupement de 33 partis politiques, proches du Généralus léopardis, les raisons avancées par la DGE, pour justifier l’attribution de ce marché à une Entreprise française ne tiennent pas la route.

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Lors des législatives partielles à Kayes, Sikasso et Mopti, ajoute-t-il, graphic Industrie a réussi une prouesse,  jusque-là, inédite : la livraison des cartes d’électeurs en 72 heures. Avec toutes les commodités techniques. Surtout, celles liées à leur sécurité. Et notre interlocuteur de s’interroger :

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« Peut-on parler de difficultés, face à cette Entreprise, dont les compétences techniques sont uniques en Afrique ? ».

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Un    marché à fort relent de magouille.

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Lancé, en décembre dernier par la DGE, l’appel d’offres pour la fabrication des cartes d’électeurs a enregistré cinq soumissionnaires : SMIF Ousmane Limited, qui a proposé 177,5 millions CFA ;  Bittar -Impression : 1,019 milliards CFA ; graphic Industrie : 297,3 millions CFA ; François Charles Oberture : 233,2 millions CFA ; Transfopam, l’Entreprise malienne, qui a sévi de couverture à l’Imprimerie Nationale de France : 212,4 millions CFA.

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Sur ces cinq soumissionnaires, la DGE a jeté son dévolu sur l’Imprimerie Nationale de France qui, du reste, ne remplissait pas tous les critères contenus dans le cahier de charge.

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Primo : jusqu’au moment du dépouillement, elle n’avait pas déposé son échantillon de carte. Un  document, permettant à la commission de dépouillement de la juger sur pièce. Ce  qui, de l’avis de certains experts, constitue un motif de disqualification pour l’Imprimerie Nationale de France.

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Secundo : pour rafler ce marché, elle a  usé, au dernier moment, d’un échantillon de graphic Industrie.

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Tertio : entre le montant proposé par l’Imprimerie Nationale de France et celui de graphic Industrie, la différence est estimée à 89,4 millions CFA. Alors question : combien l’Etat malien a t-il déboursé en frais de mission, frais d’hôtel et en billets d’avion… pour être en possession de ces cartes, fabriquées sur les bords de la Seine ? En s’amusant à faire le calcul, on n’est pas loin des 84 millions CFA ; c’est à dire, la différence entre les deux montants proposés. Avec l’avantage que, si le marché avait été attribué à graphic Industrie, cette masse d’argent restera au Mali. Pour le bonheur de nos concitoyens, travaillant dans cette Entreprise.

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Mieux, les critères de sécurité, exigées par la DGE, sont en vigueur à graphic Industrie, depuis cinq ans. Sur ses échantillons, cinq points de sécurité ont été présentés à la commission de dépouillement, contre deux pour les soumissionnaires, déclarés « mieux disant ». Plus grave, pour se tirer d’affaire, l’Imprimerie Nationale de France s’est fait chapeauter par une Entreprise malienne, dénommée Transfopam. Pourquoi ? La réponse coule de source : parce qu’elle ne remplit pas tous les critères énoncés, dans  le cahier de charge, pour prétendre à ce marché. En dépit de toutes ces irrégularités, le marché des cartes d’électeurs a été attribué  à nos « ancêtres » : les gaulois. L’annonce, faite à grands renforts de publicité, sur les écrans de la Télévision Nationale, a estomaqué plus d’un malien : colère, indignation, protestations… ont envahi nos concitoyens, restés figés devant leur petit écran.

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Indignation et protestations

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Comment peut-on, dans ces conditions, promouvoir les Entreprises Nationales ?   S’interrogent nos concitoyens, face à la décision de la DGE.

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Au sein de l’Association des Imprimeurs du Mali, on ne décolère pas. « C’est la quatrième fois  que les Imprimeries maliennes, capables de faire le travail et à moindre coût, sont écartées au profit d’Entreprises  étrangères, dont les compétences techniques ne sont pas meilleures que les nôtres », rappelle un Imprimeur de la place, déçu.

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C’est devenu une habitude à la DGE, une fâcheuse habitude : à chaque appel d’offres, les mêmes irrégularités. Les mêmes magouilles. L’intérêt national ?  On s’en torche les fesses. Connaissant  les rouages de ces appels d’offres, qu’ils manipulent depuis 1997, certains responsables de la DGE n’hésitent pas, au péril des élections, à tirer leurs marrons du feu. Comme en 2002 où, les élections ont failli être  reportées. L’adjucataire du marché, s’est montré incapable d’honorer ses engagements. Et, pire à quelques jours des échéances électorales. Pour se tirer de ce bourbier, le Ministère de l’Administration Territoriale a dû se tourner vers grahpic Industrie. En 72 heures, cette  Entreprise, qui fait la fierté du Mali et de l’Afrique, a mis les cartes d’électeurs à la disposition du gouvernement. Et avec les commodités techniques requises.

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Implanté au Mali, avec des filiales au Burkina Faso, au Cameroun et au Tchad, graphic Industrie utilise une technologie de pointe.

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Interrogé sur ses sentiments, après l’adjucation du marché à l’Imprimerie Nationale de France, Alou Tomota, pédégé de Graphic Industrie, s’est refusé à tout commentaire. Il s’est engouffré dans son bureau, un gros cigare à la bouche, laissant derrière lui, un nuage de fumée.

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Les 7,2 millions de cartes d’électeurs sont arrivées de Paris, dimanche dernier, vers 5 heures du matin. Mais ce que la DGE s’est gardée d’annoncer à la presse, c’est qu’elles devraient être livrées depuis belle lurette. Dans son offre, l’Imprimerie Nationale de France a proposé un délai de 15 jours, pour livrer la marchandise. Elle a mis 45 jours pour y arriver. Et personne, ni à la CENI, ni à la DGE, n’a osé parler de pénalités de retard. Curieux, non !

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                                                                                    Le Mollah Omar

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