POLITIQUE DE L’EMPLOI AU MALI : Les premières concertations nationales

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           La salle Balla Moussa Keïta du Centre International des Conférences de Bamako a abrité du 10 au 11 octobre 2006 les cérémonies de lancement des premières concertaitons nationales sur l’emploi. Ces concertations étaient placées sous l’égide du ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et du Bureau International du Travail (BIT).

            Les premières concertations nationales sur l’emploi étaient placées sous le thème “les collectivités territoriales sont les acteurs incontournables de la promotion des emplois locaux, gage d’un développement durable”. Signalons que le lancement officiel a eu lieu le 10 octobre à 15 heures sous la présidence du Premier ministre M. Ousmane Issoufi Maïga.

            C’était l’occasion de faire le bilan des activités et de réfléchir sur de meilleures politiques au Mali. Ainsi, en 2005, l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ) a terminé son implantation par la mise en place de ses coordinations régionales dans toutes les capitales régionales et dans le District de Bamako.

LA PROMOTION DE L’EMPLOI

            En ce qui concerne la promotion de l’emploi, 3.586.054.000F CFA de crédits ont été alloués. Les actions menées par l’APEJ ont permis de toucher plus de 10.000 jeunes (10.320) sur l’ensemble du territoire national.

            – 1114 jeunes ont été placés en stage de qualification professionnelle auprès des entreprises privées;

            – un programme de 2000 jeunes volontaires a été lancé, aujourd’hui, à travers ce programme, ce sont 1975 jeunes qui sont placés dans les services publics en vue d’acquérir une première expérience professionnelle;

            – l’organisation du salon <<Malitalents>> a permis l’identification de 1500 jeunes qui ont manifesté leur intérêt de participer à cet évènement, la tenue de ce salon s’est traduite par l’offre de 200 postes de travail par les entreprises qui sont en train de les concrétiser grâce à la mise en place d’un système de suivi;

            – 1000 jeunes ont bénéficié d’une formation en entrepreunariat;

            – en matière de promotion de l’emploi rural, un projet d’emploi et proximité concernant 2864 jeunes finalistes des CED (Centres d’Education pour le Développement) qui ont été identifiés et localisés pour 24 filières de formation, leur formation est en cours de lancement, en partenariat avec Plan International dans les cercles de Banamba, Kangaba, Kati, et Kita;

            – en matière de facilitation d’accès au crédit, 500 jeunes (286 pour les télécentres, 136 pour les Halles de Bamako et 78 pour divers petits projets avec la BMS) ont bénéficié de financement des institutions financières, à travers le Fonds National pour l’Emploi de Jeunes, de façon individuelle ou collective.

            Au cours des prochains mois, d’autres actions seront entamées pour consolider les acquis et offrir d’autres opportunités d’emploi aux jeunes:

            – le développement- du micro crédit;

            – la mise en place de joint-ventures avec le secteur privé pour développer des pôles de développement comme l’illustre les cas des sociétés fruitières de Yanfolila et de Bougouni qui généreront des emplois ruraux.

            Le premier Ministre, dans son allocution dira: “C’est ainsi que pour trouver des solutions adéquates aux difficultés d’insertion des jeunes sur le marché de l’Emploi, le gouvernement et ses partenaires ont convenu de l’élaboration d’un important et pertinent programme dénommé Programme Emploi jeunes (PEJ) dont le coût estimatif est de 18 milliards de francs CFA. Ce programme ambitieux vise à offrir aux jeunes urbains et ruraux de 15 à 40 ans, le maximum de possibilité d’emploi, tant dans le domaine de l’Emploi salarié que de l’Emploi indépendant”.

DES OBSTACLES DE TAILLE A LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

            A en croire M. Dramane Haïdara, Directeur adjoint du bureau sous-régional de l’OIT, en dépit des progrès remarquables réalisés par le Mali aux plans politique, institutionnnel, économiques et financier, la question du chômage et du sous-emploi, particulièrement chez les jeunes et les femmes demeure un obstacle de taille dans la lutte contre la pauvreté.

            En dehors de l’agriculture qui reste la première source d’emploi de la majorité des actifs, l’économie informelle continue, en dépit de ses multiples déficits en travail décent, de jouer un rôle de premier plan comme source importante d’insertion, de génération de revenus et de satisfaction des besoins fondamentaux de franges importantes de la population,  particulièrement en milieu urbain. A cela, s’ajoute la préoccupante question du travail des enfants dont la portée et l’ampleur constituent une menace qui risque d’hypothéquer durablement l’avenir d’un pan considérable de la société malienne.

PROJETS D’INSERTION DES JEUNES DANS LA VIE PROFESSIONNELLE A TRAVERS LES INVESTISSEMENTS A HAUTE INTENSITE DE MAIN-D’OEUVRE (PEJHIMO)

            Le BIT apporte son assistance technique à deux projets : le Programme d’assistance technique pour la mise en oeuvre du Programme National d’Action pour l’emploi en vue de réduire la pauvreté (PNA/ERP) et le Projet d’insertion des jeunes dans la vie professionnelle à travers les investissements HIMO en milieu rural et en milieu urbain.

            Le Projet d’Insertion des Jeunes dans la vie professionnelle à travers les Investissements à Haute Intensité de Main-d’Oeuvre (PEJIMO) intervient dans le cadre du Programme Emploi Jeunes, en appui à l’APEJ. Les investissements sont assurés par les fonds PPTE de l’état et l’assistance technique du BIT est financée par le Grand Duché du Luxembourg.

            Le projet s’inscrit dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté, ayant pour objectif la création d’emplois productifs, la redistribution de revenus locaux et la formation au profit des jeunes en milieu urbain et en milieu rural dans la réalisation des infrastructures de base. Il intervient à Bamako et dans la région de Ségou.

            Au cours de la première année de sa phase pilote, démarrée en septembre 2005, le projet a créé environ 33.000 journées de travail sur ses différents chantiers avec des GIE ou PME locales, ainsi que 150  nouveaux emplois permanents, en fonction des fonds d’investissements disponibles.

            A Bamako, l’expérimentation de l’utilisation du pavé de roche pour l’assainissement de la voirie sur le chantier-école du Badialan a été probante, par l’utilisation à 100% de matériaux locaux, par son impact sur l’emploi, et par l’accessibilité de la technique aux petites et micro-entreprises, permettant de nouveaux débouchés professionnels.

            Dans la région de Ségou, le projet intervient sur les pistes communales, les aménagements hydro-agricoles et la reforestation. Les deux pistes réalisées jusqu’à présent, uniquement avec la main-d’oeuvre villageoise durant la saison sèche, ont par ailleurs permis de désenclaver plusieurs villages et eu un effet non négligeable sur les échanges et l’économie locale, premier indice de développement de l’emploi rural.

            L’aménagement du périmètre de 227 ha à Ké-Macina, en partenariat avec l’Office du Niger, a impliqué une quinzaine de PME locales et permis l’installation de 45 jeunes, ayant eux-mêmes recruté de la main d’oeuvre permanente et saisonnière. Le projet a également reboisé 47 ha dans la forêt de Dioforongo et un bosquet villageois à N’Gara, appuyant pour ce faire une vingtaine de jeunes pépinièristes. La régénération forestière, outre son impact sur l’environnement, représente, elle aussi, une source importante de revenus dans le secteur rural, à condition d’être correctement gérée.

            Outre les travaux, le renforcement des capacités et la formation professionnelle constituent le second axe d’intervention du projet. Les programmes de formation ciblent les PME, les GIE et bureaux d’étude du secteur de la construction, mais aussi les groupements communautaires, les agents communaux et les cadres techniques de l’Etat. Au cours de cette première année, le projet a organisé environ 5.200 stagiaires/jours de formation en atelier, dont 40% de femmes.

Almamy SYLLA (Stagiaire)

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