Faits divers : L’inexpérience d’un voleur de 500 000 F CFA

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    Nous sommes vendredi 30 juillet 2010. M C, une bonne commerçante qui est parvenue à bâtir sa petite fortune dans le petit commerce des produits céréaliers, ne se sentait pas dans sa peau ce jour saint pour mieux vaguer à ses occupations ordinaires.

    Elle a jugé, cette fois, de chômer la foire de Dougabougou célébrée chaque samedi. Pour ne pas décevoir ses clients qui lui réservent de bons produits, l’alternative était d’envoyer son frère cadet à une amie commerçante sise à Dougabougou. Sa mission était d’apporter 500 000 FCFA à cette dernière. Sa petite amie qui connaît bien ses clients avait la noble tâche de faire les achats à sa place. Le frère cadet, en la personne de A C, allait veiller à ce que toutes les marchandises transitent au mieux par le petit car de Oussou dit Nouveauté.

    Dans les environs de 16 heures, A C prend la route de Markala avec sa Diakarta noire. Qu’est ce qui a pu retarder A C ? A 22 heures, le portable de M C sonna. Un numéro inconnu s’afficha. Elle décrocha et une voix lourde lui murmura que c’est la gendarmerie et lui pria de rejoindre au plus vite la brigade de Ségoucoura. Arrivée sur place, elle trouva son  frère cadet couvert de boue. L’agent chargé de l’affaire expliqua à M C que son frère a été victime d’une attaque de bandits de grand chemin entre le Camp de Banankoro et le camp de Bafo. Plongée dans l’embarras, la grande sœur lui suggéra quelques explications accompagnées de détails. Il affirma que les assaillants étaient au nombre de trois et l’un portait un vêtement kaki, couleur de l’uniforme de l’armée malienne. Ils marchaient tous pas à pas au bord du goudron. Arrivé à un niveau plus près, ils se sont jetés sur lui. Le choc a tordu le guidon de la moto et a cassé la façade droite. Ils ont alors apporté les 500 000, son portable et autres argents qu’il avait sur lui. Ils ont déversé l’essence de la moto pour qu’il ne gagne pas vite le village le plus proche. Alors, dit le gendarme, nous avons des indices. Vous pouvez rentrer à la maison. Soyez là le lundi très tôt. Avant la fin des entretiens, toute la famille s’était transportée à la gendarmerie.

    Le lundi à 7 heures, A C et sa sœur étaient déjà à la gendarmerie. Ils étaient pressés de connaître l’évolution de l’affaire pendant le week-end.

              Ma sœur, dit l’agent, malgré des sorties l’enquête n’a pas évolué. En ce moment nous verrons ce que la piste du téléphone va donner.

              Vraiment, il faut voir de tout les côté, 500 000 ce n’est pas une petite somme, parla M C.

              Donnes ton téléphone, on va appeler voir si le numéro est en service.

    M C donna son téléphone et l’agent déclencha l’appel. Un  téléphone dans la poche de A C sonna. Paniqué, il bondit sur l’occasion.

    –  C’est vrai j’ai récupéré mon numéro

    –  Quant est ce tu l’as récupéré ? Tu as été attaqué dans la nuit du vendredi au samedi. Le samedi et le dimanche  l’agence orange Mali n’ouvre pas.

    –  Je l’ai récupéré ce matin.

    –  Non ? Protesta l’agent, un numéro récupéré ce matin ne pas être opérationnel à cette heure.

     L’agent prit le téléphone et découvrit des appels qui ont été faits le dimanche et le samedi.

    Il ne trouva pas d’explication à ça. Après avoir été bombardé de questions pièges, il finit par avouer.

              Je me suis attaqué moi-même pour pouvoir garder les 500 000 FCFA.

              Tu es un voleur et un bandit. Tu as ta place ici.

    Pour l’argent, les gens sont prêts à tout.

    Mahamadou SANGARE

     

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