Marché de N’Golonina : Fin de course pour un voleur de poulets

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    Tous les jours appartiennent au voleur, sauf un, dit-on. Cette sagesse sied bien à Abdoul Karim Santi arrêté au marché de N’Golonina en Commune II dans la nuit du 17 au 18 décembre dernier par une patrouille de police.

    Il était minuit quand Abdoul Karim Santi, charretier de son état, faufilait dans les allées du marché de N’Golonina à la recherche de poulets dont il adore la viande. Il cible la place des vendeurs de volaille qu’il connaît parfaitement. Profitant de l’inattention du gardien des lieux, il fracture une cage et s’empare de trois poulets. Malheureusement pour lui, les bruits des poulets éveillent la curiosité des policiers en patrouille pédestre dans les alentours. Ceux-ci se dirigent aussitôt vers les lieux d’où partaient les bruits des poulets et aperçoivent le voleur, butin en main, sur la pointe de ses pieds. Ils se lancent à ses trousses. Au bout de quelques enjambées, les poursuivants de policiers mettent le grappin sur le voleur en possession de son butin. Au même moment, le gardien des lieux sort la tête et se joint aux policiers qui ont conduit leur client au poste de police du marché.

    Les faits étant sans équivoque, Abdoul Karim Santi est mis au frais, le temps pour le chef de poste d’informer sa hiérarchie au commissariat de police du 3e arrondissement dont il dépend. Quant au gardien, le chef de poste l’invite à faire venir ses employeurs le lendemain pour toutes fins utiles. Dans l’après-midi du lundi 18 décembre, le délinquant est conduit au 3e arrondissement où il sera mis à la disposition de la brigade de recherche pour les besoins de l’enquête.

    Le voleur s’étouffe dans son repaire

    A la brigade de recherche, Abdoul Karim Santi ne savait pas qu’il existe un oiseau au bec et aux griffes crochus appelé l’Epervier du Mandé. Tel un éclair celui-ci s’est abattu sur lui, lui coupant net tout repaire. Ne sachant plus derrière quel mot se cacher, le gredin confesse comme une sorcière en détresse au cours d’un interrogatoire sommaire, sous l’oreille attentive de sa victime Youssouf Diarra, natif de Tissala dans la sous-préfecture de Sanando à Barouéli, vendeur de volaille au marché de N’Golonina. D’après le suspect, tard dans la nuit, il regagnait son domicile sis à Bozola quand à la hauteur du marché il a aperçu un poulet dans un ravin. Aussitôt, il rebrousse chemin et s’empare de l’oiseau. Non loin, se trouvaient encore deux autres poulets qu’il a attrapés.

    Malheureusement, il se fera accrocher par une équipe de patrouille de police qui l’a arrêté pour le conduire au poste de police. « Je ne suis pas un voleur. C’est une erreur de ma part », dit le délinquant à Papa Mambi Keita qui l’interrogeait sommairement. Il nie en bloc s’être attaqué aux cages de la volaille. En attendant qu’il revienne à de meilleurs sentiments, le policier ordonne de le mettre au frais. Quant à Youssouf Diarra, la victime, celui-ci signe et persiste que le voleur n’est pas à son premier coup. Très fréquemment, il est victime de vol de volaille dans le même endroit, déclare-t-il à la police du 3e arrondissement. Il estime le nombre de poulets volés chez lui à plus de cent. Les policiers en charge de l’affaire ont alors ouvert une enquête qui leur permettra de remonter le réseau des prédateurs du marché de N’Golonina. Car, d’un petit buisson, disait grand-père, on peut découvrir un éléphant. Comme pour dire que ce vol de poulets, banal soit-il peut accoucher d’une montagne. Surtout dans une zone hautement criminogène comme celle de N’Golonina. Il suffit d’être habile et vigilant.

    O. BOUARE

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