Objets archéologiques maliens saisis à Paris : Les dessous d’un vaste trafic

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    Les autorités douanières françaises viennent de saisir à l’aéroport de Roissy un lot important d’objets préhistoriques provenant de notre pays. Ces objets saisis se composent de 601 pierres et de 68 bracelets, de haches polies, de pointes de flèches, d’anneaux de pierre, de parures, de bifaces. Ces objets préhistoriques ont été exportés frauduleusement, en début de cette semaine, en France sous le couvert d’objets artisanaux datant pour les plus récents du néolithique (6 000 ans avant Jésus Christ) et de 200 000 à un million ans avant Jésus Christ pour les plus anciens. Cette affaire constitue un des épisodes les plus dramatiques qu’a connu le patrimoine culturel et historique malien au cours des 20 dernières années. Pour en savoir plus sur ce trafic, nous avons approché le directeur du Musée national.rn

    Le Directeur du Musée National, Samuel Sidibé, estime que le plus urgent est d’entamer les procédures habituelles pour le retour au Mali des objets saisis et qui sont actuellement sous bonne garde au niveau des autorités douanières françaises. Selon lui, l’ambassade du Mali en France a déjà saisi les autorités françaises pour que ces objets archéologiques reviennent le plus rapidement au pays.

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    Pour Samuel Sidibé, ce qui vient de se passer interpelle tout le monde. Il faut, ajoute-t-il, une prise de conscience générale sur la nécessité de préserver le patrimoine national.
    Ces objets préhistoriques ont pourtant été exportés à partir de Bamako sous le couvert d’objets artisanaux. A l’aéroport de Roissy Charles De Gaule en France, les douaniers français ont été attirés par le poids de ces "fameux objets artisanaux". C’est ainsi qu’après la vérification de routine prévue en la matière, les douaniers se sont rendus compte que le papier présenté par l’exportateur n’était pas conforme au contenu du colis.
    Ils ont alors fait appel au Musée d’histoire naturelle aux fins d’expertiser les pièces en cause. Le résultat de cette expertise a permis de savoir que ce sont des objets qui proviennent du pillage des sites archéologiques maliens.

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    La question qu’on se pose aujourd’hui est de savoir comment ces objets préhistoriques ont pu quitter le territoire malien sans que nos agents de sécurité et les douaniers s’en aperçoivent ? Y a-t-il eu des complicités internes qui ont couvert les agissements des auteurs de ce trafic ? Ce qui est sûr, les réponses à ces questions ne tarderont pas. En effet, le Conseil des ministres tenu le mercredi dernier a décidé la mise en place d’une commission d’enquête qui sera chargée de faire toute la lumière et de situer les responsabilités dans ces actes de pillage du patrimoine archéologique de notre pays dont les auteurs doivent être recherchés et punis conformément à la loi.

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    Les autorités douanières du Mali aussi ne sont pas restées les bras croisés. Dès l’annonce de la nouvelle, le Directeur Général des services de douanes, le Colonel Cheick Kéïta a ordonné à son adjoint Moumine Dembélé de prendre attache avec les autorités douanières françaises pour communication de toutes les informations relatives à ce pillage archéologique. Une Commission d’enquête interne à la douane malienne a aussi été mise en place.

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    Pour le Directeur du Musée National du Mali, Samuel Sidibé, qui peut à juste être considéré comme le gardien des objets archéologiques du Mali, ces objets préhistoriques qui viennent d’être saisis par les autorités douanières françaises représentent une richesse inestimable sur le plan national. "Le plus grave, dira-t-il, c’est la destruction de nos sites archéologiques. Ce qui constitue un gâchis considérable pour notre pays".

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    Face à ce danger permanent qui menace tous nos sites archéologiques, le Directeur du Musée National préconise une sensibilisation à tous les niveaux. La Mali, selon M. Sidibé, est un pays qui regorge de sites archéologiques anciens sur lesquels on trouve des objets qui sont commercialisables. Dans le Delta intérieur du Niger (Mopti, Djenné, Bandiagara, Tombouctou, Gao), les objets préhistoriques sont illicitement exportés tous les jours.

    rnBirama Fall

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