Un honorable député dans les beaux draps pour non-exécution d’une décision de justice :Babani Sissoko dit Foutanké bientôt chassé de sa maison vendue à 300 millions F CFA à Boubacar Djigué

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    Malgré la vente de l’hôtel " Mariétou Palace " à la Libye de Mouammar Kadhafi à quelque 5 milliards F CFA dont seulement trois seraient tombés dans l’escarcelle de son propriétaire, l’enfant de Dabia, Babani Sissoko dit Foutanké, député de son état, n’a pas encore fini de rembourser ses dettes. En effet, ayant vendu sa maison à l’opérateur économique Boubacar Djigué, depuis 2004, l’honorable député continue toujours à l’occuper. Et cela malgré une décision du Tribunal qui a ordonné " l’expulsion… de l’occupant de l’immeuble objet du titre foncier n°2896 sis à Hippodrome ".

    Quant à Boubacar Djigué, l’acquéreur, il avoue son incompréhension face à la non-exécution de cette décision de justice par la Direction régionale de la Police du District qui avait été sollicitée à l’effet de prêter mains fortes à l’huissier, Maître Diawoye Kanté. Et cela depuis 2008.

     

    C’est une affaire qui remonte à 2004, quand l’ex-milliardaire Babani Sissoko a jugé nécessaire -nécessité faisant parfois loi- de vendre la résidence à Boubacar Djigué, qui est un opérateur économique très pragmatique et discret. Une belle et vaste résidence qui avait, auparavant, appartenu à un baron du régime de Moussa Traoré. Une vraie résidence pour princes, serait-on, d’ailleurs, tenté de dire. Boubacar Djigué, qui a du flair en affaires, ne s’est point prié pour mordre à l’appât. Il paya d’abord, par l’intermédiaire de son avocat, 50 millions F CFA à l’ex-milliardaire qui n’avait pas souhaité que les 300 millions lui soient payés d’une seule traite. Pour, aurait-il dit, que l’argent ne soit pas dilapidé car, c’est une véritable cour, parfois de courtisans, qui avait, alors, élu domicile auprès du richissime d’alors, Babani Sissoko. C’est donc en toute confiance que l’acquéreur de l’immeuble, Boubacar Djigué, attendait de pouvoir jouir de sa nouvelle propriété que Babani Sissoko ne semblait, pourtant, pas presser de quitter. Les années passent et l’enfant de Dabia continuait à percevoir, par dizaines de millions, l’argent issu de la vente de sa luxueuse résidence jusqu’à ce qu’il a eu à empocher 214 millions F CFA.

    Jusque-là Boubacar Djigué était loin de croire que l’enfant de Dabia pourrait tenter de lui jouer un…sale tour. Et pourtant, aux dire de l’intéressé, c’est ce que tenta Babani Sissoko, en cherchant à faire établir un autre TF (titre foncier) sur le terrain qui abrite sa résidence ou, plus exactement,  celle qu’il venait de vendre.

     

    Informé de cette supercherie, Boubacar Djigué fit établir l’ancien Titre Foncier en son propre nom auprès des services compétents.

    Prudent, mais dans la peur de se voir escroqué et ses mains proprement lavées de cette affaire, Boubacar Djigué saisit le Tribunal de première instance de la Commune II qui siégea et rendit son verdict le 8 mai 2006 en ordonnant " l’expulsion de Babani Sissoko dit Foutanga de l’immeuble objet du titre foncier n°2896 sis à l’Hippodrome tant de sa personne, de ses biens que de tout autre occupant de son chef ; déboutons le défenseur de sa demande de délai de grâce comme mal fondée… ".

     

    C’est fort de cette grosse délivrée par le tribunal que Boubacar Djigué va saisir l’étude de Maître Diawoye Kanté, huissier de justice, pour exécuter la Grosse. Cet dernier, dans une réquisition en date du 1er avril 2008 et adressée à " Monsieur le Commandant du Groupement Mobile de Sécurité s/c Monsieur le Directeur Régional de la Police nationale du District de Bamako ", va solliciter l’appui d’un Officier de Police et de quarante agents de la force publique pour " expulser par les voies de droit le sieur Foutanga dit Babani Sissoko de l’immeuble sis Hippodrome objet du Titre Foncier n°2896 du District de Bamako, propriété de Boubacar Djigué ". Cette réquisition demeurera sans suite et classée dans les tiroirs de la Police qui, apparemment, n’aurait pas été autorisée à exécuter cette décision de justice. Le 24 octobre de la même année, le même huissier est reparti à la charge ; mais cette fois-ci auprès du Commissaire du 3ème Arrondissement du District de Bamako. Toujours sans succès. Et Babani continue toujours à occuper cette résidence qui n’est, pourtant, plus sienne. Il aurait, un moment, promis à des conciliateurs de payer le prix du loyer à Boubacar Djigué mais ne s’est jamais exécuté.

    Le propriétaire Boubacar Djigué ne sait plus aujourd’hui à quel saint se vouer. C’est pourquoi, il exposa, dans ses démarches en vue de pouvoir récupérer son immeuble, le problème au ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Général Sadio Gassama, afin que celui-ci fasse bouger les forces de l’ordre pour l’exécution de la décision du tribunal. Peine perdue.

     

    Mais un moment, Babani lui-même prit l’engagement de rembourser les sommes que Boubacar Djigué a englouties dans cette opération – quelque 380 millions F CFA-, après la vente de l’hôtel " Mariétou Palace ". Selon Djigué, c’est Maître Mountaga Tall, également député, qui était chargé de payer les créanciers de Babani Sissoko avec l’argent perçu de la vente de son hôtel. Apparemment, les trois milliards F CFA que Babani aurait perçus dans cette opération sont finis avant que Boubacar Djigué ne puisse être remboursé… Affaire à suivre.  

     

     

    Mamadou FOFANA

     

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