Mali: existe-t-il des négociations avec les jihadistes?

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Le débat autour de l’ouverture de négociations avec les terroristes refait surface à Bamako depuis que plusieurs initiatives de dialogue avec les groupes radicaux ont été engagées dans le centre du Mali.

Le 22 novembre, le célèbre avocat Hassan Barry est entendu par la direction générale de la sécurité d’État. Les services secrets maliens le soupçonnent de complicité avec les terroristes. Il restera trois jours dans les locaux de la DGSE jusqu’à ce que sa profession réclame sa libération immédiate.

Au moment de son incarcération, une vidéo diffusée par la chaîne d’information saoudienne Al-Arabya enflamme les réseaux sociaux. On y aperçoit l’avocat aux côtés du colonel de l’armée malienne, Mamadou Lamine Konaré, en tête à tête avec Amadou Koufa. Le leader radical peul du centre du Mali, qui s’est associé en 2017 au GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, qui a lui-même prêté allégeance à al-Qaïda.

Les « discussions étaient parfaitement encadrées et connues des plus hautes autorités de l’État », assume Me Hassan Barry dans un communiqué publié mardi 26 novembre, le lendemain de sa sortie de détention. Pourtant, la position officielle de Bamako est claire : aucune négociation avec les jihadistes.

D’autres initiatives existent pour ramener la paix dans le Centre

Hassan Barry n’est pas le seul à s’être entretenu avec Amadou Koufa. Quelques représentants de Faso Dambé Ton, une association de défense des valeurs traditionnelles, affirment avoir rencontré le chef de la katiba Macina. « Pendant cinq ans, nous avons travaillé seuls. L’État ne voulait pas entendre parler de discussions dans le centre du Mali », déclare Adama Coulibaly, président de Faso Dambé Ton. Mais, en 2017, le président de l’association entame les démarches de médiation en rencontrant un premier groupe armé : celui des chasseurs traditionnels regroupés en milice d’autodéfense communautaire dans la région de Ségou, de Ké-Macina et de Djenné.

« À l’issue de ce meeting, ces combattants nous ont demandé d’aller discuter avec les autres groupes armés actifs dans la région : les jihadistes », poursuit-il. Les recherches pour remonter jusqu’à leur chef commencent, mais n’aboutissent pas. « C’est seulement après une grande réunion au ministère de la Réconciliation que les choses se sont débloquées ». En passant par l’intermédiaire de notabilités peules, des canaux de communication sont ouverts et « Faso Dambé Ton rencontre alors Amadou Koufa à l’été 2019 », affirme Adama Coulibaly. L’objectif ? Négocier une trêve dans le pays dogon.

Car dans la région de Mopti, dans les cercles de Bandiagara, de Koro et de Bankass principalement, les groupes armés de la zone, les chasseurs traditionnels de Dan Nan Ambassagou ou les groupes qui se réclament du jihad, se placent en protecteurs de leur communauté respective, dogon ou peule, pour contrôler le territoire. Si aucun décompte officiel n’existe, les victimes civiles se comptent par centaines depuis le début de l’année. Rien qu’en mars, l’attaque du village d’Ogossagou avait fait plus de 150 morts, selon les Nations unies.

►À lire aussi : Mali, les villes de Koro et Bankass prises dans la tenaille jihadiste

Pour ramener la paix dans le Centre, quelques tentatives de médiations menées par la Minusma (la Mission de maintien de la paix des Nations unies) ou par d’autres organisations non gouvernementales existent. Des accords de paix ont même été signés entre les représentants des communautés dogon et peule en août 2019 sous l’égide du Premier ministre Boubou Cissé. Mais aujourd’hui, selon plusieurs analystes sécuritaires, les groupes jihadistes ont élargi leur influence dans le centre du Mali, spécialement sur le tronçon stratégique qui relie la capitale de la région, Mopti, au pays voisin, le Burkina Faso.

La négociation avec les jihadistes est-elle l’une des solutions à la crise ?

« Les chances de vaincre la katiba Macina par les armes étant minces, lit-on dans un rapport publié en mai 2019 par l’International Crisis Group, les autorités maliennes devraient donner aux chefs religieux les moyens d’initier des pourparlers avec ses dirigeants tout en encourageant un dialogue plus large entre les communautés du centre du Mali, y compris celles qui sont favorables à l’insurrection. »

🇲🇱 Un rapport de l’International @CrisisGroup estime qu’un dialogue avec les #jihadistes est une option qui doit être envisagée au #Mali. Au 🎤 de @mpoRFI #RFImatin #Afriquematin 👇 pic.twitter.com/c5xj4wZYcS

— RFI (@RFI) May 29, 2019

Sauf que la négociation comme solution à la crise du Centre n’est pas une idée partagée par toute la classe politique malienne. « Les tentatives pour approcher Koufa ne donneront certainement pas grand-chose », soutient Moussa Sinko Coulibaly. Même si l’ancien général, aujourd’hui opposant politique, n’est pas fermement opposé à la discussion avec les radicaux, « il faut d’abord se demander quelle est notre part de responsabilité ? Car ceux qui s’accommodent de la présence des jihadistes n’ont pas le choix. Il faut une équipe solide à Bamako. L’ingrédient fondamental, avant d’entamer quoi que ce soit, c’est d’instaurer la bonne gouvernance », poursuit le candidat malheureux à la présidentielle de 2018.

Aujourd’hui, certains pays occidentaux, en particulier la France, s’opposent à d’éventuelles négociations. L’idée serait même « catastrophique », selon le général Lecointre, chef d’état-major français, invité sur France Inter après la mort des treize soldats français au Mali.

Par RFI Publié le 03-12-2019

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3 COMMENTAIRES

  1. There is nothing to negotiate with those who use extreme violence to takeover but when you will expedite facilitation of their takeover or that you will fight to death. This is no time to be weak or ignorant or deny best methods to employ. Sahel nations must acknowledge then act in accordance with they are fighting a terrorist gathering from around world with many of such terrorists being plus shred capable fighters battle harden likely in Iraq plus Afghanistan. We must adapt to method that better able out recent recruits to become capable plus seasoned warriors meaning recent recruit on 1 to 3 ratio should accompany seasoned warriors on missions plus posts. This should help reduce our casualties. In addition there should be greater use of airplanes possessing machine guns that cover vast areas to inches when fired upon these ruthless plus inhumane enemies.
    Henry Author Price Jr. aka Kankan

  2. Parmi les Africains séjournant à l’étranger , il peut y avoir de franches crapules

    Pour toute cette communauté le pire ce serait l’amalgame…C’est à dire qu’elle soit globalement considérée comme crapuleuse..
    Il en est de même des populations de Kidal ..Il y a les dissidents, les brûleurs de drapeau ,hostile au pouvoir de Bamako..Et il y a ceux qui veulent un Mali Uni ..
    N’oublions pas que vivre en paix est certainement l’espoir d’une majorité
    Le Président du Niger a fait le 7/09/2019 une sortie tonitruante :”Aujourd’hui, Kidal est devenue une “évidente base arrière et rampe de lancement de plusieurs opérations terroristes”,
    Mais le 26/11/2019 “Les responsables touaregs ont séjourné à Niamey “sur invitation du président Issoufou”, ..
    CE PRESIDENT A COMPRIS QUE LE JUGEMENT GLOBAL EST UNE ERREUR
    Ce serait terrible que le Président IBK qui est directement concerné fasse la même erreur …Alors que le temps presse..Cela fait 6 longues années que cette guerre a commencé , que le nombre de morts
    est terrifiant …
    Certes certains touaregs ont permis à des dissidents des villes du Nord et d’amorcer une descente vers Bamako
    Le moment viendra ou les fauteurs de troubles paieront , mais AVANT il faut engager des discussions, réoccuper administrativement Kidal qui va si mal ( l’armée viendrait bien plus tard)
    Si on y regarde de plus prés Kidal n’est pas félon, ce n’est pas à cet endroit que partent les attaques

  3. LE peuple n’acceptera jamais de négocier avec ces criminels même l’état a accepté de négocier avec mais le jour ou ils sortiront de leurs cachettes ils seront décapiter morceau par morceau.

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