Mali : la situation sécuritaire « a dépassé un seuil critique », selon Alioune Tine

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Au terme d’une visite de 11 jours, Alioune Tine, expert indépendant des Nations Unies, a constaté que la situation sécuritaire au Mali « a dépassé un seuil critique » à tel point qu’elle met en péril la survie même de l’État. C’était le 6 août dernier à Bamako.

L’augmentation des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements de civils, de viols collectifs de femmes…, sont des atteintes aux droits de l’homme rapporté à Alioune Tine, au cours d’une visite qu’il a bouclée au Mali, la semaine dernière.

Le Mali est devenu « un État affaibli et impuissant, qui assume difficilement son rôle régalien de protection des populations civiles face aux groupes armés qui essaiment dans tout le pays », indique l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali. Selon ses précisions, la situation sécuritaire au Mali « a dépassé un seuil critique ».

Défaillance des institutions

Les populations du nord (régions de Gao, Menaka et Tombouctou), du centre (régions de Bandiagara, Douentza, Mopti et Ségou) et du sud (régions de Koutiala, San et Sikasso) continuent à faire les frais de la crise sécuritaire. Ces civils sont pris en étau entre les violences terroristes et celles des Forces de Défense et de Sécurité, en raison de la défaillance des institutions, déplore M. Tine. « Il est grave de constater que les populations civiles subissent aussi des violences de la part des Forces de Défense et de Sécurité Maliennes (FDSM) censées les protéger », constate l’expert indépendant.

Entre le 1er avril et le 30 juin 2021, l’opération de maintien de la paix des Nations Unies au Mali, la MINUSMA a recensé au moins 43 exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires commises par les FDSM.

Quant à la violation des droits de l’homme commise par les groupes armés et les milices communautaires, au cours des deux premiers trimestres de 2021, 258 cas ont été signalés. Durant cette période, la MINUSMA a documenté 435 enlèvements.

Alioune Tine a également fait remarquer que les viols collectifs et autres violences à l’encontre des femmes ainsi que les attaques contre les « esclaves », sont en augmentation dans ce pays.

Sursaut national

L’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Mali rapporte la perception des populations de ces zones de conflits sur la gouvernance étatique. À en croire ses propos, des personnes interrogées émettent de sérieux doutes sur la volonté politique des autorités maliennes. De prendre des mesures concrètes pour garantir la sécurité des civiles. L’expert indépendant estime que « cela doit absolument changer ».

Pour le président du Think-tank, Afrikajom center : « Il faut un sursaut national et une volonté inébranlable des autorités maliennes, avec le soutien actif de leurs partenaires, pour restaurer l’autorité de l’État et assurer la protection des populations civiles. » Toute chose qui permettra « de restaurer la confiance des populations civiles et des nombreux interlocuteurs face aux institutions de l’État », explique M. Tine.

Dans ses recommandations, Alioune Tine souligne la mise en œuvre « de bonne foi, inclusive et holistique de l’Accord de Paix et de Réconciliation pour le Mali » et la nécessité de tout faire pour que la transition en cours aille jusqu’à son terme et avec succès.

Alioune Tine se réjouit des engagements pris par les autorités maliennes à prendre des mesures concrètes pour répondre à ces préoccupations et améliorer la situation des droits de l’homme.

La rédaction

Source : https://saheltribune.com

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