Mali : une délégation du MNLA reçue par Paris

26 Nov 2012 - 09:30
Mis à jour: 14 ans
44
[caption id="attachment_107703" align="alignleft" width="315"] Bilal Ag Achérif, chef de la rébellion touarègue du MNLA, reçu à Paris, le 23 novembre 2012.
AFP[/caption] Le président du MNLA, la rébellion touarègue malienne, Bilal Ag Chérif, est à Paris en compagnie de trois autres membres du mouvement. Ils ont fait le déplacement pour rencontrer des responsables français au sein des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, et tenter d'obtenir un soutien, diplomatique mais surtout militaire pour combattre les jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. Suite à de premiers entretiens hier, les diplomates français ont rappelé leur priorité : que l'intégrité territoriale du Mali n'était pas négociable.
Une délégation de la rébellion touarègue malienne du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad conduite par son chef Bilal Ag Achérif, a été reçue le 22 novembre à Paris par le représentant spécial de la France pour le Sahel Jean-Félix Paganon. Elle survient alors que la France est en pointe dans les préparatifs d'une force armée internationale - composée de soldats africains et soutenue par les Occidentaux - devant intervenir avec l'aval de l'ONU dans le nord du Mali pour en chasser les groupes armés islamistes. Mossa Ag Ataher, le coordinateur de l'action diplomatique du MNLA explique les objectifs de ce déplacement dans la capitale française : « Le chef du MNLA Bilal Ag Chérif, est effectivement en France depuis mercredi. Il est venu porter le message du MNLA aux autorités françaises au niveau des Affaires étrangères. Le message du MNLA est clair, c’est que nous nous inscrivons aujourd’hui dans la logique des négociations politiques en vue de chercher une solution politique à la crise qui nous oppose au Mali. Au niveau de la défense, poursuit-il, nous pensons qu’aujourd’hui, la communauté internationale doit saisir cette opportunité qu’est le MNLA qui est en train de mener avec de maigres moyens et avec seulement une détermination, des opérations de grande envergure. Donc nous pensons aujourd’hui qu’il est urgent que la France particulièrement apporte un soutien au MNLA dans le cadre de l’éradication du terrorisme ». Les autorités françaises ont redit leur volonté que l'intégrité territoriale du pays soit rétablie. Le MNLA est opposé à une intervention miltiaire dans le nord du Mali et attend toujours l'ouverture d'un dialogue avec Bamako. Mohamed Ag Mossa, maître à Tombouctou Obligation pour les femmes de porter un voile opaque, de tailler le bas des pantalons des hommes. Interdiction pour les coiffeurs de couper la barbe. Interditcion encore d'écouter de la musique ou de regarder la télévision. Voilà quelques une des dernières règles imposées à Tombouctou par les intégristes d'Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique et d'Ansar Dine. Des règles décidées, définies par un homme du pays. Il s'appelle Mohamed Ag Mossa. La quarantaine, grand, timide, celui qui se présente sous le nom d'Hamar Mossa est l'homme fort de Tombouctou. « C'est un enfant du pays, il vient du village d'Aglal », raconte un commerçant. « Avant on le respectait, désormais, on le déteste », ajoute-t-il. Rentré d'Arabie Saoudite il y a cinq ans, Mossa a fait construire sa mosquée dans le quartier Hama Bangou provoquant la colère des imans et des marabouts. Influent, il avait obtenu de prêcher l'islam sur les ondes de l'ORTM, la radio nationale. Depuis l'arrivée d'Aqmi, Mohamed Ag Mossa fait régner la terreur. « Ici, c'est lui le chef, c'est lui qui a le plus de combattants, surtout des jeunes », estime un vendeuse qui ajoute « il rackette les commerçants, il enferme les femmes dans ce qu'il appelle son centre de rééducation, il tabasse et fouette tous ceux qui se dressent devant lui. C'est insupportable ». Les habitants lui ont d'ailleurs trouvé un surnom : CB pour commandant de brigade. « C'est un homme dangereux, qui ne respecte rien», explique un notable.  « Récemment on l'a vu avec les émirs d'Aqmi, Abu Zeid, Sanda Ould Boumana et Ridouane. Tout le monde raconte qu'il est chargé de recruter pour al-Qaïda et malheureusement, il a beaucoup de jeunes Maliens ». RFI / 26/11/2012

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (44)

User
Danzanble
Danzanble 14 ans
Le MNLA ne devrait pas être reçu par la France. Il sait comment éteindre le feu qu'il a allumé donc à moins de l'avoir allumé avec la France il doit lui même éteindre son feu.
BDiagne
BDiagne 14 ans
Qu'ils changent de nom s'ils sont Maliens.au lieu de MN Libération de L'azawad qu'ils se nomment MLNM (Mouvement de libération Nord Mali). Nous ne voulons pas entendre parler de libération de l'azawad. Négocier avec ce groupe serai reconnaître l’existence d'un territoire "Azawad". Ils ne peuvent pas etre à la fois Malien et azawadien.
Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
LES MALIENS DOIVENT DÉPASSER LEURS ÉGOS ET PRENDRE DE LA HAUTEUR POUR SE CONCERTER, DÉFINIR LE FUTUR SOUHAITÉ, NÉGOCIER ET S’ENTENDRE LIBREMENT SUR CE QU’ILS VEULENT DEVENIR Bonjour, Merci pour les nombreux internautes et Maliens qui échangent sur le devenir du Mali. Certains pensent que le fédéralisme sera imposé aux Maliens par des organisations et des pays étrangers. La bonne gouvernance passe par l’unité du commandement mais aussi par la fixation de règles claires entre commandements pouvant être différents, à condition que les parties prenantes s’y conforment. Ce dernier cas est semblable à celui qui est nécessaire pour l’élan harmonisé entre les différents contingents qui composeront la force de la CEDEAO/UA/ONU qui sera utilisée pour la restauration de l’intégrité territoriale du Mali. Donc, une parfaite harmonisation entre les différentes parties prenantes est nécessaire pour atteindre, sans surprise, un objectif. C’est le cas de la négociation qui exige qu’on sache qu’est ce qu’on doit négocier, avec qui et pourquoi en ayant défini au préalable des principes, conditions et des règles à respecter, d’où la proposition que j’ai faite d’un guide et d’une plateforme de concertations nationales, de négociation pour une sortie durable de la crise. Les propositions que font les Maliens ont pour but de retrouver leur souveraineté en s’entendant sur une solution pour une sortie durable de la crise. Les miennes coïncident avec celles de nombreux Maliens (politiciens et membres de la société civile) et étrangers. Chacun a sa façon de voir, ce qui n’empêche pas des points de vue identiques. Nous devons apprécier le fait qu'un consensus mondial s'est dégagé, aujourd’hui, sur l’intérêt de la négociation pour éviter les méfaits et les effets collatéraux d’une guerre. Même si on n'évitera pas celle contre le terrorisme. Contrairement à ce que disent certains, je ne pense pas que tout soit déjà ficelé par l’ONU ou par certains pays. C’EST AUX MALIENS DE DÉFINIR LE FUTUR QU’ILS SOUHAITENT ET DE TRAVAILLER ENSEMBLE EN FIXANT DES PRINCIPES ET DES CONDITIONS A RESPECTER POUR Y PARVENIR. Le MNLA et Ansar Dine seront soumis à des principes (non impunité, respect des droits de l’homme, refus du terrorisme, coexistence pacifique) et des conditions (dépôt des armes, indivisibilité du Mali et laïcité) fixés par les Maliens d’un commun accord et non par des étrangers, comme certains le pensent. La condition d’indivisibilité est contraire au concept de fédéralisme. De ce fait, si ailleurs certains veulent imposer ce dernier, c’est aux Maliens de s’y opposer. C’est aux Maliens de s’entendre pour bâtir un Mali nouveau répondant à leurs souhaits et aux conditions et principes qu’ils définiront. C’est pourquoi, les Maliens doivent s’entendre sur un guide et une plate-forme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable de la crise. D’où l’intérêt de ma proposition en ligne sous forme de lettre ouverte au Président du Mali, au gouvernement, à la commission nationale d’organisation des concertations nationales et à tous les Maliens, mais aussi au médiateur. Souhaitons que tous les Maliens dépassent leurs différences et leurs égos pour s’accorder sur le devenir du Mali en s'appuyant sur un ENGAGEMENT RESPONSABLE constitué par les conditions et principes, vus précédemment, dont l'intégrité, la laïcité et le refus du terrorisme. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC ET GOUVERNANCE E-mail : [email protected]
Lasstuss
Lasstuss 14 ans
On peut dialoguer maintenant, mais je sais que la guerre entre le MNLA et le Mali est inévitable, même si elle intervient dans 5 ou 10 ans parceque ces gens ne se considerent plus comme des maliens (Mossa Ag : "nous nous inscrivons aujourd’hui dans la logique des négociations politiques en vue de chercher une solution politique à la crise qui nous oppose au Mali"), or le Mali n'est pas prêt à leur céder un seul mm du territoire national. La cohabitation avec les autorités et l'armée malienne va aboutir inévitablement à un clash un jour ou l'autre. Donc même si les négociations aboutissent à une issue heureuse à la crise, l'armée doit se tenir prete à en decoudre définitivement avec le Mnla à la premiere occasion......
1FILSDUMALIBA
1FILSDUMALIBA 14 ans
Il ne faut pas de dialogue avec aucun groupe avant d'avoir une position de reelle force. Le peuple malien et notamment nos parents du word seront les grands perdants et ces racailles auront a couler douce.
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (132)
  • Nfp (65)
  • Citoyen du monde (45)
  • Lastus (30)
  • Kankan (29)