Grève en Guinée: bilan total de 59 morts, pression sur le régime

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CONAKRY (AFP) – jeudi 25 janvier 2007 – 19h43 – Syndicats et autorités poursuivaient jeudi des négociations pour tenter de mettre fin à la grève générale illimitée qui a fait un total de 59 morts depuis le 10 janvier en Guinée, où la population maintenait la pression sur le régime avec de nouvelles manifestations.

Des négociations syndicats-responsables de l”Etat ont repris vers 17H00 locales (et GMT) à Conakry pour tenter de mettre fin à la grève qui paralyse le pays depuis 16 jours.

Prévus à la mi-journée, les pourparlers avaient été retardés "le temps de finaliser la lettre de mission du futur Premier ministre" aux pouvoirs élargis que le régime s”est engagé à nommer, selon Michel Kamano, président du Conseil économique et social.

Dans le même temps, le bilan des violences a fortement été revu à la hausse avec 59 tués depuis le début du mouvement, dont 49 lors des manifestations du 22 janvier.

En province, de nouvelles manifestations ont été organisées jeudi, notamment à Labé (centre), Yimbérin (nord) et Kankan, la capitale de la Haute-Guinée (est), où environ 15.000 personnes ont scandé des slogans hostiles au régime tels que "On ne veut plus (du président Lansana) Conté, il doit partir!".

Mercredi soir, la situation s”était pourtant un peu détendue après que le président Conté eut donné son accord pour la désignation d”un Premier ministre, dont le pays est privé depuis avril 2006.

Face à cette promesse, les syndicats sont restés prudents et ont conditionné la levée de la grève à l”obtention de garanties sur la réduction des pouvoirs du président Conté, 72 ans, en poste depuis 1984 et affaibli par la maladie.

Les syndicats souhaitent que le Premier ministre devienne chef du gouvernement, fonction actuellement assumée par le président Conté conformément à la Constitution.

"Cela fait 16 jours que nous sommes en grève. On ne veut pas que la montagne accouche d”une souris, nous resterons donc intransigeants sur cette question", a déclaré à l”AFP Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), une des deux centrales à l”origine du mouvement.

A Conakry, plusieurs observateurs ont affiché leur scepticisme sur une réelle volonté présidentielle d”abandonner ses prérogatives, plusieurs Premiers ministres ayant déjà été "usés" dans le passé par la présidence.

Sidya Touré (1996-1999), François Loncény Fall (2004) et M. Diallo (2004-2006) avaient été imposés à M. Conté mais avaient fini par jeter l”éponge (Fall) ou être limogés (Touré et Diallo) après des désaccords avec le Palais.

"Il faut éviter ce qu”on a déjà fait. Une modification constitutionnelle doit accorder tous les pouvoirs nécessaires au Premier ministre, sinon on arrivera à rien", explique l”ancien hôte de la Primature Sidya Touré, président de l”Union des forces républicaines (UFR, opposition).

"Même dans ce cas de figure, les décrets du gouvernement devront toujours être signés par le président. La tâche du futur Premier ministre risque donc d”être ardue", prévient M. Touré.

Les revendications des syndicats comportent également des exigences en termes de pouvoir d”achat, de lutte contre la corruption et de respect de la séparation des pouvoirs.

"Sur le volet économique et social, les négociations ne devraient pas poser de problème si le volet politique et constitutionnel est rempli", a expliqué Mme Diallo, de l”USTG.

Source: AFP

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