Grève générale en Guinée: quatre nouveaux morts, appels au départ du président

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CONAKRY (AFP) – samedi 20 janvier 200721h51 – Quatre personnes ont été tuées par balles samedi en Guinée, lors de la journée la plus meurtrière depuis le déclenchement d”une grève générale illimitée, au cours de laquelle des manifestants ont appelé au départ du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans.

La dégradation de la situation suscitait dans le même temps de vives inquiétudes en Afrique de l”ouest, dont deux chefs d”Etat ont été chargés de mener une médiation.

Les quatre manifestants tués lors de la répression policière de samedi portent à neuf le nombre de morts depuis le début de la grève générale, le 10 janvier, dans ce pays ouest-africain miné par la corruption et les détournements de fonds publics.

Une source hospitalière jointe par téléphone à Nzérékoré, dans le sud du pays, a fait état de quatre tués et cinq blessés par balles lors, selon des sources locales, de la répression violente par les forces de l”ordre d”une manifestation de 4.000 à 5.000 personnes.

Il s”agissait du premier mouvement populaire d”importance depuis le début du mouvement de grève dans cette ville proche des frontières libérienne et ivoirienne.

Plusieurs sources locales ont rapporté que les manifestants avaient scandé des slogans hostiles au pouvoir tels que "A bas le régime militaire!, "Adieu Lansana Conté!", ou "La Guinée ne doit pas mourir!".

Samedi, l”activité du pays est restée paralysée mais aucune autre violence n”a été signalée.

Face à la détérioration de la situation, la Communauté économique des Etats d”Afrique de l”Ouest (Cedeao), en sommet vendredi à Ouagadougou, a annoncé l”envoi prochain d”une médiation régionale en Guinée.

Les présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo mèneront "une concertation avec tous les acteurs politiques (…) pour trouver une solution à la crise", a rapporté samedi la radio publique burkinabè, sans toutefois préciser de date.

A Dakar, le représentant du secrétaire général de l”ONU pour l”Afrique de l”ouest, Ahmedou Ould Abdallah, a condamné samedi les violences et exhorté les parties à s”assurer d”"une sortie ordonnée et pacifique de la crise".

Pour tenter de trouver une issue interne à l”impasse, une réunion entre l”intersyndicale à l”origine de la grève et de hauts responsables de l”Etat a par ailleurs été organisée samedi à huis-clos au Palais du peuple, siège de l”Assemblée nationale, à Conakry.

La rencontre s”est terminée en début de soirée sans progrès notable et doit reprendre dimanche, a annoncé à l”AFP Ousmane Souaré, un responsable de l”Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), qui a relevé une "reprise de contact entre syndicalistes et le gouvernement".

Aucune rencontre n”a toutefois été programmée avec le chef de l”Etat Lansana Conté, que l”intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/USTG rend responsable de la crise économique actuelle par sa mauvaise gestion et son incapacité à conduire les affaires du pays.

Les syndicats reprochent également à M. Conté d”avoir libéré mi-décembre, hors du cadre de la loi, deux de ses proches inculpés de détournement de fonds publics, dont ils exigent le retour immédiat en prison.

Devant le refus de M. Conté de transiger sur plusieurs points, les syndicats -soutenus par 14 partis d”opposition- ont souhaité cette semaine que soit "constatée la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l”état de santé du président, âgé de 72 ans et affaibli par un diabète.

Vendredi soir, la présidence a annoncé le limogeage du ministre d”Etat chargé des Affaires présidentielles, Fodé Bangoura, numéro deux de facto d”un régime privé de Premier ministre depuis juin 2006. Il a été remplacé par le ministre du Plan Eugène Camara, 61 ans, réputé pour sa modération.

Les syndicats assurent que cette mesure n”aura aucune incidence sur le mouvement.

Source: AFP

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