Guinée : tentative de coup d’Etat, les putschistes disent avoir « pris » le président et « dissoudre » les institutions

8

De son côté, le ministère de la défense guinéen fait savoir que l’attaque des forces spéciales contre la présidence a été « repoussée ».

Les forces spéciales guinéennes ont affirmé dimanche 5 septembre avoir capturé le président Alpha Condé et « dissoudre » les institutions, dans une vidéo adressée à un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP), tandis que le ministère de la défense disait avoir repoussé leur attaque contre la présidence.

« Nous avons décidé après avoir pris le président, qui est actuellement avec nous (…) de dissoudre la Constitution en vigueur, de dissoudre les institutions ; nous avons décidé aussi de dissoudre le gouvernement et la fermeture des frontières terrestres et aériennes », dit un des putschistes en uniforme et en armes dans cette déclaration qui a aussi abondamment circulé sur les réseaux sociaux mais qui n’a pas été diffusée à la télévision nationale.

Déclaration du Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya. Il annonce l’arrestation du Président Alpha Condé ainsi que d’a… https://t.co/wdoh0lrKjo

« La situation sociopolitique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, l’irrespect des principes démocratiques, la politisation à outrance de l’administration publique, la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique ont amené l’armée républicaine (…) à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée », explique encore ce même responsable militaire.

« Nous appelons nos frères d’armes à l’unité, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple de Guinée. Nous les invitons également à rester dans les casernes et continuer leurs activités régaliennes. Nous n’allons pas refaire les erreurs du passé », prévient aussi le militaire.

Dans une autre vidéo, non authentifiée dans l’immédiat, on peut voir des membres des forces spéciales en train d’arrêter le président Alpha Condé. Un diplomate occidental a dit à l’AFP n’avoir « aucun doute » sur le fait qu’une tentative de coup d’Etat était en cours, conduit par les forces spéciales guinéennes.

Des tirs nourris d’armes automatiques avaient retenti quelques heures plus tôt dimanche dans le centre de Conakry, en proie depuis des mois à une grave crise économique et politique.

Situation confuse

Les autorités sont restées silencieuses sur une situation très confuse, malgré la prolifération des rumeurs. La télévision nationale diffusait ses programmes habituels à la mi-journée.

Des habitants joints au téléphone à Kaloum ont fait état de tirs soutenus. S’exprimant sous le couvert de l’anonymat pour leur sécurité, ils ont dit avoir vu de nombreux soldats intimant aux résidents de rentrer chez eux et de ne pas en sortir. L’opposition a fait circuler abondamment sur les réseaux sociaux des vidéos tournées selon elle par des résidents à la dérobée et dans lesquelles les rues résonnent de tirs intenses.

🔴🇬🇳ALERTE INFO – Une tentative de coup d’État est en cours ce dimanche, en Guinée. Des tirs nourris sont audibles a… https://t.co/BHSFE3h90W

🇬🇳🚨| Potentiel coup d’état en cours en Guinée-Conakry. Forte activité militaire dans la capitale On signale éga… https://t.co/J6jBoEzPo7

Les tensions pourraient avoir été provoquées par le limogeage ou la tentative d’arrestation ou de marginalisation du commandant des forces spéciales, unité bénéficiant de moyens supérieurs aux autres forces de sécurité et susceptible d’avoir suscité des jalousies, a dit le diplomate occidental s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, selon les pratiques établies dans de telles circonstances. Les forces spéciales seraient alors passées à l’action, a-t-il ajouté.

Des mois de tensions

Depuis des mois, ce pays d’Afrique de l’Ouest parmi les plus pauvres du monde malgré des ressources minières et hydrologiques considérables est en proie à une profonde crise politique et économique, aggravée par la pandémie de Covid-19. L’avant-veille de la présidentielle du 18 octobre 2020, le centre de Conakry s’était réveillé avec ses accès bloqués par les forces de sécurité, tandis que la presse faisait état d’une mutinerie dans un camp militaire à Kindia, à une centaine de kilomètres à l’est de la capitale.

Lire aussi  En Guinée, le passage en force d’Alpha Condé laisse un pays divisé

La candidature du président Alpha Condé à un troisième mandat en octobre 2020 a provoqué des mois de tensions qui ont causé des dizaines de morts dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes. L’élection a été précédée et suivie par l’arrestation de dizaines d’opposants.

M. Condé, 83 ans aujourd’hui, a été définitivement proclamé président pour un troisième mandat le 7 novembre, malgré les recours de son principal challenger, Cellou Dalein Diallo, et de trois autres candidats qui dénonçaient des « bourrages d’urnes » et des irrégularités de toutes sortes. Des défenseurs des droits humains fustigent une dérive autoritaire observée au cours des dernières années de la présidence Condé et remettant en cause les acquis du début. Les militaires s’étaient emparés du pouvoir par la force en 2008 après la mort du président Lansana Conté.

La contestation réprimée à plusieurs reprises

M. Condé, ancien opposant historique, emprisonné et même condamné à mort, était devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires. Le 19 juillet 2011, Alpha Condé, élu l’année précédente, était sorti indemne d’une attaque menée par des militaires contre sa résidence. Il avait accusé plusieurs personnalités, et mis en cause le Sénégal et la Gambie, qui avaient démenti.

Il a rejoint aux yeux de ses adversaires et de maints défenseurs de la démocratie les rangs des dirigeants africains se maintenant au pouvoir au-delà du terme prévu, de plus en plus souvent en usant d’arguments légaux.

Alpha Condé avait fait adopter en mars 2020, malgré une contestation déjà vive, une nouvelle Constitution pour, disait-il, « moderniser (les) institutions » et, par exemple, accorder une plus grande place aux femmes et aux jeunes. L’opposition dénonçait un « coup d’Etat » constitutionnel. La contestation a été à plusieurs reprises durement réprimée.

M. Condé se targue d’avoir fait avancer les droits humains et d’avoir redressé un pays qu’il dit avoir trouvé en ruines. Il se défendait en octobre 2020 sur Radio France Internationale et France 24 de vouloir instaurer une « présidence à vie ». La nouvelle Constitution lui permet théoriquement de se représenter dans six ans, une éventualité sur laquelle il s’est gardé de se prononcer.

Source: https://www.lemonde.fr/afrique

Commentaires via Facebook :

8 COMMENTAIRES

  1. UN AUTRE ANCIEN SOLDAT DE LA LEGION FRANCAISE FAIT UN COUP D ETAT EN GUINEE!

  2. Ecoutez bien, les Présidents qui s’arrogent un troisième mandat en Afrique seront tous balayé par un Coup d’Etat militaire. Ce sont les politicards qui obligent les militaires de sortir de leur caserne pour envahir l’espace politique. A BON ENTENDEUR, SALUT ! Le tour revient au Président de la Côte d’Ivoire, Alassane OUATTARA. Militaires ivoiriens levez-vous pour balayer ce monsieur rapidement.

    • Tout comme Alassane OUATTARA
      Alpha Condé ainsi que Macki Sall sont les serviteurs de la France, voyez plutôt, ils ont été invité comme leurs 2 Doberman le 14 juillet 2018 pour le défilé aux Champs-Elysées!

  3. Kinguiranke, ce qui est bizarre dans cette affaire c’est que les media Francais, a commencer par rfi pourtant prompt a s’emparer de tels evenements, en parlent tres peu.
    Les nouvelles plus detaillees viennent des depeches des pays comme la Chine et la Russie.
    Je comprend les interets Francais en Guinee sous Alpha.C .Mais qu’ils donnent les infos en details.
    Il me semble est le push est effectif, irreversible.

    • Comme toujours on voit que les médias français à commencer par RFI (Maison de la Radio France Média Monde) désinforme, déforme, obstrue, entrave, font obstacle et rétention de l’information!

      Tout comme Alpha Condé qui est un Pion de Paris!

      Et après ça tente d’aller manifester au Troucadéro pour tenter de manipuler!

  4. Apres la communaute internationale va brandir sa batterie de sanctions.Mais ou etait la cedeao quand Alpha violait la constitution pour un 3eme mandat?
    La Guinee n’est pas comme le Mali les mains liees face a la cedeao.
    Elle a un port et sa propre monnaie.La Guinee peut decider le sort de son peuple.

    • Alpha Condé ainsi que Macki Sall sont les serviteurs de la France, voyez plutôt, ils ont été invité comme leurs 2 Doberman le 14 juillet 2018 pour le défilé aux Champs-Elysées!

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here