France / Macron : «Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte»

«De la honte et de la colère» : Emmanuel Macron a promis dimanche la fermeté contre les auteurs des violences en marge des manifestations de samedi, mais aussi «la transparence» sur le dispositif de maintien de l'ordre. De nouvelles tensions ont éclaté dimanche à Paris et à Lyon.

19 Oct 2026 - 00:53
Mis à jour: 36 minutes
0
France / Macron : «Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte»
Dans une allocution aux Français, le président français Emmanuel Macron a déclaré: «Voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable». www.imago-images.de

«Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte», a déclaré le président de la République dans une allocution d'une dizaine de minutes diffusée dimanche soir, au lendemain d'une journée de débordements en marge de manifestations contre «la vie chère», après plusieurs semaines de mouvements dans les lycées.

M. Macron a dénoncé «des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants», qui «se sont livrés à une violence débridée dans nos villes». Mais «jamais nous ne devons confondre» les manifestants aux «revendications légitimes» avec «ceux qui ont détruit, cassé, pillé», a-t-il ajouté.

Le chef de l'État a également promis «la transparence» quant à la stratégie de maintien de l'ordre employée samedi, demandant au gouvernement et notamment «au ministre de l'Intérieur» Laurent Nuñez de «tirer toutes les leçons» et disant attendre «des réponses claires».

L'exécutif est fortement critiqué, plusieurs dirigeants d'opposition demandant la démission du locataire de Beauvau. Jusque dans le bloc central, où Édouard Philippe a dit attendre «des réponses» sur le niveau de renseignement et du dispositif de maintien de l'ordre.

Dans les prochains jours, les préfets «prendront les décisions» afin de «protéger nos villes», «y compris en allant jusqu'à interdire» certains rassemblements, a annoncé le chef de l'État, qui maintient son déplacement de trois jours prévu au Moyen-Orient.

«Condamner sans ambiguïté»

M. Macron a appelé les «partis politiques», mais aussi les «organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté» les violences et a insisté sur la proximité de l'élection présidentielle, dans six mois exactement.

Les violences autour des manifestations de samedi ont donné lieu à 2397 interpellations, avec 997 policiers et gendarmes blessés dont 7 graves, selon les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur.

Le candidat des Républicains (LR) à l'Elysée Bruno Retailleau a demandé à M. Macron de décréter «l'état d'urgence», «sans délai».

Jean-Luc Mélenchon (LFI) l'a appelé à ne pas jouer «le pourrissement» et à répondre aux revendications des manifestants, car la jeunesse «a besoin qu'il y ait une bonne fin à cette séquence».

Aucune annonce concernant ces revendications (lutte contre la vie chère, défense des services publics...) n'a été faite à ce stade par le chef de l'État. Mais le Premier ministre réunira prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires au cours de plusieurs réunions, a-t-il annoncé.

«Risque pour la Nation»

La mobilisation a été «plus importante que les prévisions» obligeant à adapter «le dispositif en temps réel», a admis le préfet du Nord Bertrand Gaume.

Une commission d'enquête parlementaire sur les violences sera créée et portera également sur la stratégie de maintien de l'ordre, a annoncé la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance).

En attendant, l'Association des maires de France (AMF) a appelé à des rassemblements lundi devant les mairies pour alarmer d'un «vrai risque pour toute la Nation».

Lecornu doit recevoir «au plus vite» les organisations de jeunes

La CFDT a demandé dimanche que le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoive «au plus vite les représentants des organisations lycéennes, étudiantes, syndicales et patronales» pour répondre aux revendications «trop souvent balayées».

Le syndicat a aussi condamné «toutes les violences» et souhaite l'apaisement après les manifestations et les affrontements de samedi.

Les «revendications sociales légitimes exprimées ces dernières semaines» par les fonctionnaires, lycéens, étudiants ou encore salariés du privé «ont trop souvent été balayées d'un revers de main et cette absence de réponse crée du ressentiment et de la colère», selon un communiqué de la première confédération syndicale de salariés française.

«L'heure n'est pas à dénoncer les responsables de la situation actuelle mais à construire des solutions», plaide sa commission exécutive.

La CFDT juge que «les individus responsables des scènes de violence observées (samedi) confisquent les revendications sociales», mais pointe aussi «la nécessité de ré-interroger sereinement la doctrine du maintien de l'ordre afin de garantir à la fois la sécurité de toutes et tous, le respect des libertés fondamentales et le plein exercice du droit de manifester».

«L'apaisement est à retrouver urgemment. Nous en portons toutes et tous la responsabilité», estime la centrale pilotée par Marylise Léon. «D'ici là le Premier ministre doit recevoir au plus vite les représentants des organisations lycéennes, étudiantes, syndicales et patronales afin d'apporter des réponses concrètes», presse la CFDT.

Elle considère aussi que la mobilisation du 5 novembre, à l'appel d'une intersyndicale, notamment sur les salaires, «sera l'occasion pour le mouvement social d'exprimer de nouveau pacifiquement ses revendications».

Source: Keystone-ATS via bluewin.ch - 18.10.2026

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (0)

User
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (118)
  • Nfp (92)
  • Kankan (49)
  • Pnf (32)
  • Coulibaly Yacouba (15)