Une motion de censure démet le gouvernement de Hama Amadou, au Niger

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APA-Niamey (Niger) – Une motion de censure contre le gouvernement du Premier ministre Hama Amadou, dont deux anciens ministres de l’Education sont soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de détournement de fonds destinés au secteur de l’éducation, a été largement voté jeudi soir, par les députés nigériens.

Les groupes parlementaires PNDS (opposition), CDS et Rassemblement des démocrates (Mouvance présidentielle) ont demandé à leurs députés de voter en faveur de la motion de censure.

Seul le groupe du MNSD, 51 députés, parti du Premier ministre Hama Amadou, a voté contre la motion de censure qui a recueilli 62 voix favorables.

Conformément à la Constitution du Niger, « seuls sont recensés les votes favorables à la motion qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des membres composant l’Assemblée nationale ».

Le Premier ministre Hama Amadou a aussitôt donné la démission de l’équipe qu’il dirige, depuis la réélection du Président Mamadou Tandja, en décembre 2004.

« Par le vote de cette motion de censure contre mon gouvernement, c’est la démocratie nigérienne qui vient de s’exprimer », a confessé Hama Amadou, rappelant que son « gouvernement a tout de même échappé à quatre motions de censure, depuis sa mise en place ».

Toutefois, a-t-il ajouté, « la chute du gouvernement ne veut pas dire que notre régime est tombé. Nous réaffirmons notre appartenance à la majorité présidentielle ».

Pour sa part, le député Mohamed Bazoum (opposition) a salué « la maturité de la classe politique nigérienne, qui vient de mettre fin à une équipe qui s’est spécialisée dans la prédation des deniers publics ».

Deux anciens ministres de l’Education, Ari Ibrahim (CDS) et Hamani Harouna (MNSD), sont en prison, depuis huit mois, et attendent d’être entendus par la Haute cour de Justice, dans le cadre de cette affaire où, officiellement, plus d’un milliard de FCFA et 825 tables ont disparu.

Un groupe de 27 députés du MNSD avait saisi mardi, la cour constitutionnelle sur des préalables liés à l’examen d’une affaire pendante devant la Haute Cour de justice.

Dans un délibéré en date du 30 mai dernier, les juges constitutionnels ont débouté les députés signataires de la requête d’avis, affirmant que « l’assemblée nationale peut débattre d’une motion de censure se référant à une affaire pendant devant la Haute cour de justice, sans enfreindre les principes constitutionnels de séparation des pouvoirs et d’indépendance des juridictions ».

L’affaire de détournement des fonds du MEBA remonte à juin 2006, suite à un audit qui a révélé de graves fautes dans la gestion des fonds alloués à l’éducation.

Pour reprendre leur soutien au PDDE, les partenaires techniques et financiers ont exigé des sanctions à l’encontre des personnes impliquées dans cette mauvaise gestion.

Hama Amadou a été nommé Premier ministre le 3 janvier 2000, en remplacement de Ibrahim Hasaane Mayaki.

DS/aft/mn/APA
31-05-2007

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