SEKOU DIAKITE SECRETAIRE A LA COMMUNICATION DU CE ADEMA : « Nous refusons l’indiscipline… »

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Le comité exécutif de l’Adéma a décidé de suspendre son 1er vice-président Soumeylou Boubèye Maïga pour les actes qu’il a posés lors de son meeting du 25 novembre dernier. Dans une interview qu’il nous a accordée hier, Sekou Diakité le porte parole et secrétaire à la communication du CE explique davantage l’esprit de cette décision. Il appelle également les militants à refuser l’indiscipline d’où qu’elle vienne.

Les Echos : Quels sont les motifs de la suspension de Soumeylou Boubeye Maïga ?

Sékou Diakité : Les raisons de sa suspension sont assez simples. Le comité exécutif (CE) lui a sanctionné pour les actes qu’il a posés. Des actes qualifiés de violation de statut et de fautes lourdes par le CE.

Les Echos : Quels sont ces actes ?

S. D. : L’Adéma est un parti organisé avec des statuts et des règlements. Un grand parti comme l’Adéma est géré par un statut qui ne tolère pas des violations.

D’où la suspension du 1er vice-président. Et à la prochaine conférence nationale, proposition sera faite de son exclusion pour 2 ans et de tous les camarades qui étaient avec lui lors de son meeting. Ce n’est pas le premier ca. Notre parti a connu d’autres exclusions et des camarades sont revenus dans le parti après leur temps d’exclusion.

Les Echos : Donc, c’est ce meeting qui viole vos statuts ?

S. D. : Ce n’est pas le meeting en tant que tel. Ce sont les actes posés dans le cadre du meeting qui violent nos statuts, notamment en son article 4 qui stipule que : « nul courant organisé avec programme d’activités et dirigeants propos ne sauraient y être toléré ». Alors, vu le programme et la structuration de convergence 2007, la conclusion est vite tirée.

En plus de cela, nos statuts disent clairement qu’un militant ne doit pas se porter candidat contre un candidat investi ou soutenu par le parti. Or, en novembre 2005, notre parti a fait le choix de soutenir le président ATT pour un second mandat au cas où il serait candidat. Donc, ça c’est une orientation majeure prise par le parti lors d’une instance régulière. A partir du moment où des actes sont posés contre ce choix de l’Adéma, les sanctions doivent s’appliquer, conformément à l’esprit des textes.

Les Echos : Vous avez dit « au cas où ATT se présentait ». Et dans le cas contraire ?

S. D. : Ce cas contraire n’est pour le moment pas à l’ordre du jour. En tout cas, à ma connaissance.

Les Echos : Votre décision est jugée nulle et non avenue par Soumeylou Boubeye Maïga…

S. D. : Au-delà même de l’interprétation des textes, est-il normal d’être à ce niveau de responsabilité au sein d’un parti est de poser des actes tels que le 1er vice-président l’a fait ? Je pense sincèrement qu’il y a aussi une question d’éthique et de morale.

On ne peut pas rester au sein d’un parti et aller à l’encontre des orientations majeures de ce parti.

Les Echos : Quelles sont les raisons du report du congrès Adéma ?

S. D. : Le dernier congrès ordinaire a eu lieu en janvier 2004 et le mandat du CE est de 3 ans. Le CE a décidé de reporter le congrès en janvier 2005, après les élections présidentielle et législative. Cela n’est d’ailleurs pas un fait nouveau, car chaque fois que nous sommes à quelques semaines des élections, nous avons, par responsabilité, par souci de cohésion, décidé de reporter certaines de nos instances. Donc, pour préserver l’unité et la cohésion au sein, il n’était pas bienséant de faire un congrès à quelques semaines des élections générales.

Les Echos : Un appel à vos militants ?

S. D. :  Le message au niveau du CE est un message de sérénité. En tant que président de la coordination des sections du district, j’ai abordé cette question avec l’ensemble des élus municipaux. La décision du comité exécutif n’est qu’une application stricte de nos textes. Nous appelons à la sérénité des uns et des autres est leur dire que cette question doit être traitée sans passion. C’est le même message que nous voulons lancer à nos militants de rester mobilisés et unis derrière leur parti. Nous devons aussi refuser l’indiscipline d’où qu’elle vienne parce qu’aucun parti politique, digne de ce nom, ne peut se construire en perpétuant l’indiscipline.

Propos recueillis par Sidiki Y. Dembélé

 

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